Face à l’essor de l’IA, le Nigeria prépare une réforme de sa loi sur les données personnelles
lundi 22 juin 2026
Dès 2023, les autorités nigérianes ont amorcé la réflexion sur l’IA en posant les bases d’un cadre réglementaire. Mais face à l’évolution rapide de la technologie et à l’ampleur croissante de son impact, une révision des textes devenus obsolètes s’impose désormais.
Le Nigeria envisage de réviser sa législation sur la protection des données personnelles afin de l’adapter aux défis posés par l’essor de l’intelligence artificielle (IA), de la robotique et du big data.
L’annonce a été faite vendredi 19 juin à Abuja par Vincent Olatunji (photo), commissaire national de la Commission nigériane de protection des données (NDPC), à l’occasion du troisième anniversaire de la promulgation de la loi sur la protection des données (NDPA) par le président Bola Tinubu.
« Nous sommes entrés dans l’ère des technologies émergentes. À l’époque, nous ne pouvions faire que des références générales à ces technologies, mais aujourd’hui, nous pouvons citer précisément l’intelligence artificielle, la robotique et le big data », a indiqué Vincent Olatunji. Et d’ajouter : « il y a dix ans, personne ne parlait d’IA […], mais aujourd’hui, elle est devenue un élément central de pratiquement tous les aspects de la transformation numérique. Nous devons être plus précis sur ce qui constitue les technologies émergentes et fournir des exemples, car ces technologies évoluent constamment ».
Adoptée en 2023, la NDPA a institué un cadre juridique dédié à la protection des données personnelles et a créé la NDPC en tant qu’autorité de régulation indépendante. Le texte prévoit déjà certaines garanties applicables aux décisions reposant sur un traitement automatisé, mais le régulateur juge ce cadre trop générique face à la diversification rapide des usages de l’IA.
Un cadre juridique jugé insuffisant face aux nouveaux usages
Cette annonce fait écho à un constat posé par le gouvernement lui-même. Dans sa stratégie nationale d’IA, publiée en septembre 2025 après une élaboration entamée en 2023, le ministère de la Communication, de l’Innovation et de l’Économie numérique identifie « l’incertitude réglementaire » et les « risques de biais » comme des faiblesses structurelles de l’écosystème national de l’IA.
Le même document reconnaît que la NDPA, bien que non conçue pour l’IA, pose les premiers jalons réglementaires en la matière, mais appelle à un encadrement plus précis pour accompagner son développement. Le Nigeria reconnaît par ailleurs son retard sur le pilier « données et infrastructures » dans l’indice de préparation à l’IA du cabinet britannique Oxford Insights, malgré une progression de la 103e à la 94e place entre 2023 et 2024.
Pour le commissaire de la NDPC, l’enjeu de cette réforme n’est toutefois pas de céder le terrain réglementaire à l’automatisation. « Nous avons toujours besoin de la composante humaine. Nous ne devons pas tout laisser à l’intelligence artificielle », a-t-il insisté, faisant du maintien d’une supervision humaine l’un des principes centraux de la future révision du texte.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 22 juin 2026)
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