Éthiopie : un nouveau cadre pour sécuriser les données et développer l’IA
mardi 29 septembre 2026
L’essor de l’IA pousse les États à revoir la manière dont ils produisent, sécurisent et exploitent leurs données. En Éthiopie, cette réflexion accompagne une stratégie numérique qui place la donnée au centre de la modernisation de l’administration et de l’innovation technologique.
L’Éthiopie avance vers la mise en place d’un cadre national de gouvernance des données. Le Conseil des ministres a approuvé à l’unanimité le lundi 28 septembre, à Addis-Abeba, un projet de proclamation sur la gouvernance nationale des données et décidé de le transmettre à la Chambre des représentants du peuple pour examen. La décision a été prise lors de la 59e session ordinaire du Conseil.
Le texte vise notamment à renforcer la souveraineté et la sécurité des données tout en facilitant leur partage, leur interopérabilité et leur réutilisation. Le gouvernement veut ainsi disposer de règles communes pour mieux organiser les échanges de données entre les différents systèmes, avec l’objectif d’améliorer le fonctionnement des services publics numériques.
L’interopérabilité au cœur du projet
Le projet de proclamation place également l’intelligence artificielle parmi les domaines concernés par cette nouvelle gouvernance. Selon l’ENA, le cadre proposé doit notamment favoriser la recherche en IA et soutenir une croissance économique davantage fondée sur les données. L’objectif est de disposer d’un environnement permettant de mieux exploiter les données nationales pour la recherche, l’innovation et le développement de services numériques.
Cette orientation prolonge les priorités déjà affichées dans Digital Ethiopia 2030. Le document stratégique du gouvernement relève la fragmentation actuelle des données dans le pays et prévoit la mise en place d’un cadre national de gouvernance, ainsi que d’infrastructures permettant d’interconnecter les centres de données, les registres nationaux et différentes plateformes publiques. Il prévoit également des mécanismes pour améliorer la qualité des données et leur utilisation dans la prise de décision.
Pour l’administration, la nouvelle proclamation devrait fournir une base commune à la modernisation des services publics et à la circulation des données entre institutions. Pour l’écosystème numérique, elle intervient alors que l’Éthiopie cherche également à développer ses capacités dans le cloud, l’analyse des données et l’intelligence artificielle dans le cadre de Digital Ethiopia 2030.
Le projet n’a toutefois pas encore valeur de loi. Après son approbation par le Conseil des ministres, il sera examiné par la Chambre des représentants du peuple. Son contenu pourra donc encore évoluer au cours du processus législatif.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 29 septembre 2026)
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