Le mobile money s’impose comme le principal outil d’inclusion financière en Afrique. Outre les paiements et les transferts de fonds, des produits d’épargne, de crédit et d’assurance sont de plus en plus proposés, notamment dans les sous-régions où les taux de bancarisation restent faibles.
Environ 1432 milliards USD ont transité par les comptes de mobile money en Afrique au cours de l’année 2025, en hausse d’environ 27 % par rapport à 2024, selon un rapport publié le mardi 24 mars par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA). Intitulé « The State of the Industry Report on Mobile Money 2026 », le rapport précise que le continent a capté environ 66 % de la valeur des transactions de mobile money réalisées à l’échelle mondiale, qui s’est établie à 2091 milliards USD (+23 % par rapport à 2024).
L’Afrique a également enregistré environ 74 % du nombre de transactions de Mobile money répertoriées l’an passé dans le monde, avec environ 92 milliards de transactions (+16 % par rapport à 2024) sur un total de 125 milliards dans le monde. Le document révèle d’autre part que le continent héberge 52 % du nombre de comptes de mobile money recensés à l’échelle planétaire. Fin 2025, environ 1,2 milliard de comptes y étaient ainsi recensés (+18 % par rapport à 2024), sur un total mondial d’environ 2,3 milliards de comptes (+13 %).
De fortes disparités existent cependant entre les diverses sous-régions du continent africain, qui compte 187 services de mobile money actifs sur un total de 347 services dans le monde.
Le spectre des usages s’élargit
L’Afrique de l’Est tient le haut du pavé, avec 537 millions de comptes enregistrés et une valeur de transactions de 806 milliards USD en 2025. L’Afrique de l’Ouest (517 millions de comptes et une valeur de transactions de 498 milliards USD) arrive en deuxième position, devant l’Afrique centrale (128 millions de comptes et 105 milliards USD).
Le mobile money demeure peu développé en Afrique du Nord (30 millions de comptes et une valeur de transactions de 15 milliards USD) ainsi qu’en Afrique australe (33 millions de comptes et une valeur de transactions de 8 milliards USD), en raison notamment des taux de bancarisation relativement élevés dans ces deux sous-régions.
Le rapport souligne par ailleurs que l’utilisation des comptes de mobile money est devenue plus régulière sur le continent. Le nombre de comptes actifs sur une base mensuelle a progressé de 19 % par rapport à 2024 pour s’établir à 347 millions, soit environ 28 % du total des comptes recensés en Afrique.
Sur le plan mondial, la GSMA souligne que les usages du mobile money se sont beaucoup élargis ces dernières années pour englober, entre autres, les paiements marchands (155 milliards USD en 2025), le paiement des factures (99 milliards USD), les envois de fonds transfrontaliers (45 milliards USD) et les décaissements en masse, qui désignent l’envoi d’argent à un nombre important de bénéficiaires, comme les versements de salaires et les transferts sociaux (139 milliards USD).
Des produits d’épargne, d’assurance et de prêt sont aussi de plus en plus offerts par les fournisseurs de services de mobile money, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie.
Walid Kéfi
(Source : Agence Ecofin, 26 mars 2026)
OSIRIS
En Afrique, 1432 milliards $ ont transité par Mobile money en 2025