En Afrique subsaharienne, environ 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030, selon la Banque mondiale. Cette évolution ouvre d’importantes opportunités pour les jeunes, mais encore faut-il leur fournir les formations nécessaires pour répondre aux besoins du marché.
Le gouvernement nigérian a annoncé la semaine dernière une initiative visant à former 50 000 jeunes aux compétences numériques. Le programme ambitionne de renforcer l’employabilité des jeunes en leur ouvrant l’accès à des opportunités professionnelles dans l’économie numérique mondiale.
Selon un communiqué du ministère de l’Information et de l’Orientation nationale publié le jeudi 7 mai, l’initiative a été présentée par le ministre du Développement de la jeunesse, Ayodele Olawande, lors d’un entretien accordé à African Independent Television.
« Grâce à notre partenariat avec The Digital School et le gouvernement des Émirats arabes unis, nous ne faisons pas que former des jeunes ; nous les préparons à des opportunités mondiales, qu’ils choisissent de travailler à distance ou à l’international », a déclaré le ministre.
Le programme repose sur un partenariat avec The Digital School, soutenu par le gouvernement des Émirats arabes unis. L’initiative est mise en œuvre en collaboration avec la National Information Technology Development Agency (NITDA) et le National Youth Service Corps (NYSC). Selon les autorités, elle devrait permettre de former au moins 5000 jeunes certifiés à l’international et prêts à l’emploi au cours des six premiers mois de mise en œuvre.
Une intensification des efforts
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement des efforts des autorités nigérianes pour autonomiser les jeunes. Le recours aux emplois numériques intervient dans un contexte de transformation numérique qui redéfinit progressivement le marché du travail. Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Au Nigeria, entre 35 % et 45 % des emplois devraient requérir ce type de compétences.
Dans ce contexte, plusieurs initiatives ont été lancées depuis le début de l’année. En février 2026, Young Advocates for a Sustainable and Inclusive Future, une organisation de la société civile axée sur le développement durable et l’inclusion, a annoncé son intention de former 15 000 jeunes Nigérians issus de milieux défavorisés via la plateforme IBM SkillsBuild.
Le gouvernement fédéral nigérian, en collaboration avec Ericsson, a lancé en février 2026 le programme Connect NextGen Innovation Hackathon, une formation numérique intensive de quatre mois destinée à 50 000 jeunes.
En avril, les autorités nigérianes ont ouvert les candidatures pour la deuxième cohorte du programme Technical and Vocational Education and Training (TVET). Cette initiative vise à doter les jeunes Nigérians de compétences pratiques dans plusieurs secteurs à fort potentiel, notamment les TIC, afin de favoriser l’emploi, l’entrepreneuriat et le développement national.
La problématique de l’emploi des jeunes
Comme de nombreux pays africains, le Nigeria est confronté au défi du chômage des jeunes. Selon une enquête d’Afrobarometer, dont les résultats ont été publiés en juin 2025, 23 % des Nigérians âgés de 18 à 35 ans étaient sans emploi tout en étant à la recherche d’un travail, tandis que 32 % de cette tranche d’âge n’en recherchaient pas.
Le rapport souligne toutefois que les jeunes Nigérians considèrent principalement le manque d’expérience exigée par les employeurs comme un obstacle à l’emploi des jeunes, un facteur cité par 27 % des répondants. D’autres évoquent l’insuffisance de la formation ou de la préparation professionnelle, le manque d’intérêt des jeunes pour certains métiers, notamment dans l’agriculture, l’insuffisance des compétences entrepreneuriales ou de la motivation, ainsi que l’inadéquation entre les qualifications éducatives et les exigences du marché du travail.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 11 mai 2026)
OSIRIS
Emploi : le Nigeria annonce la formation de 50 000 jeunes au numérique