Égypte : ce qui change pour les voyageurs avec la fin de l’exonération des téléphones étrangers
mercredi 21 janvier 2026
Pour atteindre une inclusion numérique universelle, l’Égypte a choisi de réguler le marché des téléphones mobiles en privilégiant la production locale. Cette stratégie lui permet de maîtriser le secteur, de lutter contre la contrebande et la contrefaçon, tout en consolidant ses revenus fiscaux et sa sécurité nationale.
L’Administration des douanes et l’Agence nationale de régulation des télécommunications (NTRA) ont annoncé, le mardi 20 janvier, le retour de la taxe douanière sur les téléphones mobiles étrangers détenus par les voyageurs. La nouvelle réglementation entre en vigueur le 21 janvier 2026 à midi.
Les Égyptiens résidant à l’étranger bénéficient d’une période d’exonération de 90 jours pour leur téléphone personnel à chaque visite en Égypte. Pour en profiter, ils doivent contacter les autorités via des numéros dédiés, puis fournir des photos de leur passeport, des tampons d’entrée dans le pays et une preuve de résidence à l’étranger. Après vérification, l’appareil est exonéré pour la durée stipulée. Les touristes peuvent continuer à utiliser leurs appareils avec leur SIM étrangère sans frais. Ceux qui souhaitent une ligne locale peuvent acheter une « SIM touriste », disponible chez tous les opérateurs télécoms locaux, sur présentation de leur passeport. Cette SIM bénéficie d’une exonération de 90 jours par séjour.
Instaurée en janvier 2025, l’exemption fiscale temporaire permettait à certains voyageurs d’utiliser durablement dans le pays leur téléphone acheté à l’étranger et muni d’une puce locale sans payer de droits, à condition de le déclarer aux douanes à son arrivée.
Elle avait été conçue comme une transition, « le temps que la production locale de téléphones se relance » selon les autorités égyptiennes. Or, le contexte industriel local a changé et l’exemption n’est plus nécessaire. En effet, 15 fabricants internationaux opèrent désormais en Égypte et produisent plus de 20 millions d’appareils par an, une capacité jugée suffisante pour couvrir le marché avec des standards de qualité internationaux. Outre l’argument industriel, le retour de la taxe douanière vise aussi un meilleur contrôle fiscal et du marché, permettant à l’État de mieux encadrer les terminaux connectés et de limiter les circuits parallèles.
Avec la fin des exemptions, la déclaration des téléphones à l’arrivée est supprimée. Cependant, un nouveau dispositif est instauré. Les voyageurs concernés par la taxe disposent d’un délai de 90 jours pour s’acquitter des droits. Passé ce délai, les appareils non régularisés seront désactivés sur l’ensemble des réseaux égyptiens. Le paiement s’effectue via l’application « Telephony » en y saisissant le numéro d’identification du téléphone (IMEI). Le règlement peut se faire par carte bancaire, paiement mobile, portefeuilles numériques, ou en espèces dans une banque ou un distributeur automatique.
(Source : Agence Ecofin, 21 janvier 2026)
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