OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Juillet 2025 > e‑Dirham : le Maroc trace une ligne monétaire souveraine dans un monde fragmenté

e‑Dirham : le Maroc trace une ligne monétaire souveraine dans un monde fragmenté

samedi 26 juillet 2025

À contre-courant de l’Afrique francophone, le Royaume expérimente sa propre monnaie numérique. Une avancée technologique aux implications politiques majeures — entre émancipation, autorité et potentiel glissement vers une société programmable.

Un pionnier africain face aux géants du Sud global

Alors que les regards africains restent rivés sur les crises économiques, les monnaies arrimées au franc CFA ou aux pressions inflationnistes, le Maroc avance, sans bruit, dans une direction que peu anticipent vraiment. Le 21 juillet 2025, lors d’une intervention très attendue, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, annonce l’expérimentation d’un e-dirham — une monnaie numérique de banque centrale (CBDC), émise et garantie par l’État.

Ce n’est pas une cryptomonnaie. Ce n’est pas une application. Ce n’est pas un gadget.
C’est une mutation profonde de la souveraineté monétaire, ancrée dans une technologie maîtrisée, une architecture programmable, et une intention stratégique claire.

Le Maroc devient ainsi le premier pays d’Afrique du Nord à s’engager aussi concrètement dans cette voie, alors que la Chine, l’Inde ou encore le Nigeria ont déjà entamé leurs propres transitions. Plus encore : Bank Al-Maghrib confirme avoir lancé un test de transfert transfrontalier direct avec l’Égypte, sans passer ni par le dollar ni par le système SWIFT. Un acte de rupture monétaire à peine dissimulé, au moment où les BRICS eux-mêmes cherchent à contourner l’hégémonie financière occidentale.

Ni l’Algérie, ni la Tunisie, ni même les pays d’Afrique subsaharienne francophone n’ont atteint un tel stade d’expérimentation. Le Maroc se positionne, de facto, comme un laboratoire continental de la souveraineté numérique.

Le retour du politique dans l’architecture monétaire

À première vue, le e-dirham ressemble à une évolution technologique : un dirham digital, circulant entre deux téléphones, appuyé sur une blockchain privée. En réalité, c’est une réinvention de la monnaie comme instrument d’action publique.

Selon les informations officielles, cette monnaie numérique :

– est émise directement par Bank Al-Maghrib,
– conserve une parité stricte avec le dirham physique,
– circule sans intermédiaire bancaire,
– est programmable : sa durée de validité, sa destination géographique, ou son usage peuvent être définis à l’avance.

Cela signifie que les aides sociales peuvent être versées sous forme numérique, avec une date d’expiration ou une restriction d’usage. Une subvention logement, par exemple, ne pourra pas être détournée pour acheter un smartphone ou être transférée à un tiers. Une aide alimentaire ne pourra être utilisée que dans une zone donnée, auprès de commerçants certifiés.

Derrière cette logique : la volonté de moderniser la redistribution, de cibler les politiques publiques, et de lutter contre les abus, tout en désintermédiant les banques privées du circuit de l’aide sociale. Un objectif en apparence pragmatique, mais dont la portée est éminemment politique.

L’efficacité contre la liberté ? Vers une société programmable

Ce que le Maroc inaugure avec le e-dirham, c’est aussi une ère nouvelle : celle de l’argent conditionnel. Une aide sociale qui expire. Une allocation scolaire qui ne fonctionne que dans certains commerces. Une subvention carburant géolocalisée.
Derrière les promesses d’efficacité, surgit une question cruciale : souhaitons-nous d’un argent qui obéit ?

Dans un système basé sur une blockchain privée, l’État peut, en théorie, suivre chaque transaction, activer ou désactiver une allocation, restreindre un usage.
La traçabilité devient un outil de contrôle. La monnaie devient un code.
C’est une puissance nouvelle, qui ne dit pas encore son nom, mais dont les implications doivent être pensées maintenant.

Si la technologie peut permettre des avancées significatives — lutte contre la fraude, inclusion financière, réduction du cash — elle peut aussi devenir le socle technique d’un contrôle social fin, algorithmique, et silencieux.

À long terme, si ces logiques se généralisent, le rapport entre État et citoyen peut basculer : l’argent cesse d’être un bien neutre et devient un outil actif de conditionnement.

Le test marocain, une brique stratégique

Il serait naïf de croire que le e-dirham n’est qu’un projet parmi d’autres. En réalité, il s’inscrit dans une vision plus large : celle d’un Maroc qui cherche à devenir un pôle autonome, numérique, africain, avec ses propres règles, ses infrastructures souveraines, ses flux internes et sa capacité à se soustraire, partiellement, aux chaînes monétaires globales.

C’est une réponse monétaire à la fragmentation du monde.
C’est aussi une reprise en main du levier monétaire par le politique.
Et c’est, surtout, un pari risqué mais assumé sur la programmable power.

Ce pouvoir-là — celui de moduler la monnaie elle-même, en fonction d’objectifs stratégiques — pourrait devenir l’un des principaux marqueurs de puissance des États au XXIe siècle. Il n’est donc pas anodin que ce soit un pays africain qui s’en empare en premier dans sa région.

Reste à voir si ce pouvoir sera encadré, transparent, et démocratiquement débattu.

(Source : Webdo, 26 juillet 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4574/5431 Régulation des télécoms
  • 346/5431 Télécentres/Cybercentres
  • 3456/5431 Economie numérique
  • 1777/5431 Politique nationale
  • 4972/5431 Fintech
  • 579/5431 Noms de domaine
  • 2390/5431 Produits et services
  • 1525/5431 Faits divers/Contentieux
  • 757/5431 Nouveau site web
  • 5431/5431 Infrastructures
  • 1723/5431 TIC pour l’éducation
  • 190/5431 Recherche
  • 250/5431 Projet
  • 3483/5431 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1852/5431 Sonatel/Orange
  • 1592/5431 Licences de télécommunications
  • 278/5431 Sudatel/Expresso
  • 1000/5431 Régulation des médias
  • 1540/5431 Applications
  • 1069/5431 Mouvements sociaux
  • 1624/5431 Données personnelles
  • 146/5431 Big Data/Données ouvertes
  • 595/5431 Mouvement consumériste
  • 379/5431 Médias
  • 649/5431 Appels internationaux entrants
  • 1685/5431 Formation
  • 94/5431 Logiciel libre
  • 2532/5431 Politiques africaines
  • 990/5431 Fiscalité
  • 168/5431 Art et culture
  • 643/5431 Genre
  • 1817/5431 Point de vue
  • 1035/5431 Commerce électronique
  • 1573/5431 Manifestation
  • 339/5431 Presse en ligne
  • 124/5431 Piratage
  • 204/5431 Téléservices
  • 1133/5431 Biométrie/Identité numérique
  • 353/5431 Environnement/Santé
  • 348/5431 Législation/Réglementation
  • 358/5431 Gouvernance
  • 1803/5431 Portrait/Entretien
  • 148/5431 Radio
  • 831/5431 TIC pour la santé
  • 278/5431 Propriété intellectuelle
  • 67/5431 Langues/Localisation
  • 1207/5431 Médias/Réseaux sociaux
  • 2037/5431 Téléphonie
  • 192/5431 Désengagement de l’Etat
  • 1025/5431 Internet
  • 114/5431 Collectivités locales
  • 429/5431 Dédouanement électronique
  • 1240/5431 Usages et comportements
  • 1029/5431 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 551/5431 Audiovisuel
  • 3564/5431 Transformation digitale
  • 383/5431 Affaire Global Voice
  • 164/5431 Géomatique/Géolocalisation
  • 322/5431 Service universel
  • 660/5431 Sentel/Tigo
  • 174/5431 Vie politique
  • 2060/5431 Distinction/Nomination
  • 34/5431 Handicapés
  • 696/5431 Enseignement à distance
  • 747/5431 Contenus numériques
  • 585/5431 Gestion de l’ARTP
  • 191/5431 Radios communautaires
  • 2099/5431 Qualité de service
  • 527/5431 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5431 SMSI
  • 480/5431 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2752/5431 Innovation/Entreprenariat
  • 1347/5431 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5431 Internet des objets
  • 170/5431 Free Sénégal
  • 797/5431 Intelligence artificielle
  • 195/5431 Editorial
  • 60/5431 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5431 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous