Djibouti : 30 millions $ pour le numérique, des réalisations encore attendues
lundi 26 octobre 2026
La progression des services publics numériques et des échanges de données repose sur la disponibilité de réseaux fiables et accessibles. Pour Djibouti, l’amélioration des infrastructures de télécommunications constitue l’une des conditions du développement de son économie numérique.
Djibouti veut accélérer deux projets numériques financés par la Banque mondiale, à hauteur de 10 millions de dollars pour le projet Djibouti Fondement Numérique (DFN) et de 20 millions de dollars pour le Programme d’intégration numérique régionale en Afrique de l’Est (EARDIP). Le dimanche 25 octobre, les comités de pilotage des deux programmes ont fait le point sur les activités réalisées et celles qui restent à mener, sous la présidence du ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem.
Le DFN doit achever neuf activités d’ici juin 2027
Sur le DFN, 26 des 35 activités prévues sont achevées, selon Hawa Youssouf Kayad, coordinatrice des deux projets. Près de 80 % des ressources sont engagées, tandis que le taux de décaissement s’élève à 56 %. Neuf activités restent à réaliser avant la clôture du programme, fixée au 30 juin 2027.
Approuvé par la Banque mondiale en décembre 2021, le DFN vise à favoriser l’introduction progressive de la concurrence dans le secteur des TIC, à encourager les investissements privés et à développer les compétences et les services numériques. Il prévoit également d’améliorer la connectivité des institutions publiques et privées.
Selon un rapport de suivi de la Banque mondiale publié en février 2026, 29 sites d’institutions publiques et privées bénéficiaient d’un accès Internet amélioré au 30 septembre 2025, sur une cible de 60 d’ici juin 2027. Le projet comptait alors 6275 utilisateurs bénéficiant d’un accès amélioré, pour un objectif de 20 000 à sa clôture. En matière de formation, 316 personnes avaient bénéficié d’un renforcement de leurs compétences numériques, dépassant déjà la cible de 300.
L’EARDIP prépare l’extension des réseaux de connectivité
Le second projet porte sur la connectivité et l’intégration numérique régionales. À Djibouti, l’EARDIP prévoit l’extension de liaisons terrestres transfrontalières, le déploiement de douze sites mobiles 4G et la construction de boucles de fibre optique vers Dikhil, Tadjourah et Obock. Selon l’Agence djiboutienne d’information (ADI), le lancement de ces infrastructures reste conditionné à la validation des études commerciales, environnementales et sociales.
Ces investissements s’inscrivent dans un programme régional qui vise à réduire les limites de la connectivité entre les pays d’Afrique de l’Est. La Banque mondiale relève notamment le manque de liaisons transfrontalières diversifiées et le développement insuffisant des réseaux terrestres de fibre optique. L’EARDIP vise à améliorer l’accès au haut débit, à faciliter les échanges numériques et les flux de données entre les pays participants, ainsi qu’à renforcer les compétences numériques à Djibouti et en Éthiopie.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 26 octobre 2026)
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