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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Juin 2026 > Développement du secteur numérique : la Centrafrique se tourne vers la France

Développement du secteur numérique : la Centrafrique se tourne vers la France

lundi 29 juin 2026

Politiques africaines

Les pays africains recourent de plus en plus à la coopération internationale pour soutenir leurs stratégies de transformation numérique. Ils s’orientent vers des partenaires plus avancés dans le domaine afin de bénéficier de leur expertise et de leurs expériences.

Les autorités centrafricaines explorent un partenariat avec la France pour accélérer le développement du secteur du numérique. Cela s’inscrit dans le cadre des ambitions de transformation digitale des autorités centrafricaines qui misent sur les innovations technologiques pour soutenir le développement socio-économique national.

C’est ce qu’il ressort d’une rencontre tenue le vendredi 26 juin entre Roger Andjalandji, ministre centrafricain de l’Économie numérique, des Postes et Télécommunications, et une délégation française conduite par l’ambassadeur Bruno Foucher (photo, à drtoite). L’une des priorités du partenariat envisagé est le renforcement du capital humain. Des formations sont donc prévues à l’intention des jeunes entrepreneurs et des fondateurs de start-up centrafricains.

« Je peux vous assurer que la France est là pour accompagner la Centrafrique dans le développement de ce secteur stratégique », a déclaré Efi Frager (photo, au centre), cheffe du Service économique régional basé à Yaoundé.

Connectivité, infrastructures, gouvernance : les limites du numérique centrafricain

Malgré les ambitions des autorités centrafricaines et les efforts consentis, le pays reste confronté à d’importants retards en matière d’infrastructures, de connectivité, d’adoption des services et de gouvernance numérique.

L’un des principaux défis est la fracture numérique. En 2024, les réseaux 2G et 3G couvraient environ 60 % de la population, selon le « Mobile Connectivity Index » de la GSMA. Bien qu’elles constituent encore l’essentiel des infrastructures mobiles du pays, ces technologies sont désormais dépassées sur la plupart des marchés. Quant à la 4G, son lancement commercial n’est intervenu qu’en 2025 et son déploiement se poursuit.

L’adoption des services numériques reste également limitée. Environ 70 % de la population n’utilise toujours pas Internet, selon des sources officielles. Les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour 2024 indiquent un taux de pénétration d’Internet de seulement 13,8 %, contre 39,8 % pour la téléphonie mobile.

L’enclavement géographique constitue un autre frein majeur. Pendant de nombreuses années, la Centrafrique ne disposait d’aucune liaison terrestre directe avec les réseaux internationaux de fibre optique et dépendait essentiellement des connexions satellitaires pour accéder à la capacité internationale. Dans une étude publiée en 2020, la Banque mondiale soulignait que cette dépendance limitait la concurrence entre opérateurs, maintenait des coûts élevés et réduisait l’attractivité du marché pour les investisseurs privés. Le pays est désormais relié aux réseaux du Cameroun et du Congo, tandis que d’autres interconnexions régionales sont à l’étude.

Au-delà des infrastructures, la Centrafrique accuse également un retard important en matière de transformation numérique de l’administration. Selon l’Indice de développement de l’administration en ligne (EGDI) des Nations unies, le pays occupait en 2024 la 193ᵉ et dernière place du classement mondial, avec un score de 0,0947 sur 1, très inférieur aux moyennes africaine (0,4247) et mondiale (0,6382). En matière de cybersécurité, le pays figure également dans le niveau le plus faible de l’indice mondial établi par l’UIT.

Ce que la France peut apporter à la Centrafrique

Les axes précis de la collaboration entre la Centrafrique et la France dans le numérique n’ont pas été clairement présentés. Cependant, on est en mesure de se demander ce que le partenariat peut apporter au pays d’Afrique centrale.

Selon les données de l’UIT, la France affichait en 2024 un taux de pénétration de la 4G de 99% et de 93% pour la 5G en 2023. En matière d’adoption, la même source indique un taux de pénétration d’Internet de 88,7%, contre 95,9% pour la téléphonie mobile.

Sur le plan international, la France se situe parmi les pays les mieux positionnés en matière de services publics numériques. Elle a obtenu un score de 0,8744 sur 1 dans l’EGDI, ce qui la classe au 34e rang mondial. En matière de cybersécurité, la France figure également dans la catégorie des pays dits « modèles à suivre » selon l’Indice mondial de cybersécurité de l’UIT.

Le pays compte également de grandes entreprises dans les télécommunications, les services numériques et les infrastructures technologiques. Il s’agit notamment de groupes comme Orange, Capgemini, Thales ou encore OVHcloud.

Cet écosystème est complété par un tissu de start-up particulièrement dynamique, soutenu par la politique de la French Tech. La France figure ainsi parmi les principales scènes technologiques mondiales, se classant 11e selon le « Startup Ecosystem Report 2026 » de StartupBlink. On peut citer des jeunes pousses comme Doctolib, Mistral AI, Qonto ou Contentsquare, toutes ayant atteint le statut de licorne.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 29 juin 2026)

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