OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Juin 2025 > Des talibés avec QR codes : Quand la mendicité se digitalise

Des talibés avec QR codes : Quand la mendicité se digitalise

dimanche 8 juin 2025

Usages et comportements

Des enfants talibés se promènent dans les rues de Dakar avec des QR codes. Le phénomène est à la mode.

Une photo devenue virale sur les réseaux sociaux, montre un enfant en situation de rue tendant un pot de mendicité. Collé dessus : un QR Code permettant un paiement via Wave. Rapidement, la scène presque surréaliste fait le tour des plateformes au point d’être évoqué par le premier ministre, Ousmane Sonko, lors de la randonnée pédestre pour les enfants. Le chef du gouvernement qualifie d’inacceptable la professionnalisation de la mendicité et les abus envers les enfants talibés.

Dans une société sénégalaise en pleine digitalisation, où des marchés au Taxi, le cash disparait au profit des plateformes de paiements mobile comme Wave ou Orange Money, une question fuse alors : les mendiants s’adaptent-t-ils aussi au digital ? Vendredi, jour de prière, 11h50 au centre-ville de Dakar. Dans un premier temps, on ne les remarquerait presque pas tant ils se fondent dans le décor. Juste une bande de copains posée près d’une station-service du quartier de Sandaga, en plein cœur de Dakar. Et puis, on ne voit plus que ça : les contrefaçons « Gucci » trop grande aux pieds de l’un, le trou dans le pantalon de l’autre, les pots « chocopain » pour recevoir l’aumône suspendus à leurs bras.

À chaque passant, la bande se rapproche et demande de l’argent, repart bredouille ou non. À la grande surprise de ceux qui disent ne pas avoir de cash, le groupe se retourne vers l’un d’eux, Diallo, qui sort rapidement de sa poche un téléphone. Pas de cash ? Pas de problème, il a Wave dans son smartphone noir. « Quand la personne veut vraiment faire de l’aumône mais qu’elle n’a pas de monnaie, je lui passe mon QR Code », révèle le petit.

Diallo, enfant talibé, fait partie des milliers d’enfants-mendiants que compte à elle-seule la ville de Dakar. À 9 ans, il a quitté sa Gambie natale pour entrer dans un daara de Ben Barack. Aujourd’hui, il a 16 ans et n’a jamais revu ses parents. Tous les jours, il commence à mendier dès 06h du matin et doit verser à son maître coranique 550 FCfa par jour (1.100 FCfa les jours de prières). « J’ai installé Wave pour y garder mon argent. Je peux y épargner 11.000 FCfa par mois. J’ai acheté mon téléphone à 20.000 FCfa avec mes économies », ajoute Diallo.

12h 18. Sur la route qui mène au marché Sandaga, ce sont d’abord les odeurs qui frappent. On devine avant même de le voir, le commerçant qui cuisine des sandwiches à base d’œuf et de pomme de terre. Deux nourrissons dorment sur un pagne à côté de l’échoppe de leur mère, semblable à toutes celles de ce quartier animé de Dakar. C’est ici qu’Ousmane se promène. Il a l’air timide et semble vouloir disparaitre dans son long t-shirt bleu. Son air morose contraste avec le jaune couleur soleil de ses sandales. Avec son regard sérieux et sa grande taille, on lui donnerait quelques années de plus. Pourtant, lui aussi talibé, n’a que 12 ans. 12 ans seulement. Mais il se promène seul dans ce brouhaha au centre-ville. « Je reçois souvent l’aumône via Wave. J’ai l’application depuis la fête de Korité.

Il affiche fièrement son butin, 2 000 FCfa

C’est pratique pour recevoir l’aumône », confie le talibé. Plus la journée est pieuse, plus les passants sont généreux. Les vendredis et les journées de fêtes religieuses sont les plus « rentables » pour mendier puisque dans l’Islam, donner l’aumône – la sadaqa – est un acte recommandé. Les passants le savent, les enfants et les marabouts aussi. Ces derniers, plus exigeants, réclament plus d’argent de la part des talibés en ces jours sacrés. « C’est pratique aussi pour la monnaie. Quand quelqu’un veut donner mais qu’il n’a pas d’échange, il peut scanner le Qr Code », indique Ousmane. Cet argent lui permet aussi de compléter le montant qu’il doit verser à son marabout quand il ne parvient pas à récolter les 1.000 francs attendus après une journée de mendicité.

Aujourd’hui, il a commencé à 9h. Et pas de bol, il a oublié son portable. Vendredi, jour de prière, 12h40. Aliou est haut comme trois pommes et s’exprime comme tous les enfants de 12 ans. Sa voix perchée n’a pas encore mué et sa concentration se porte sur tout ce qui l’entoure : les sirènes de l’ambulance qui passent, ses amis qui jouent à quelques mètres de lui. Tous les matins, il quitte son « daara » de Pikine pour venir mendier près du marché Sandaga. Originaire de Dara Djoloff, le téléphone, qu’il cache au marabout, est un cadeau de sa mère. « Ma mère m’a envoyé ce portable pour que l’on puisse garder le contact cependant, je l’utilise également pour y recevoir mon aumône », confie Aliou.

Un vendeur ambulant, s’étonne de le voir brandir une application de paiement mobile mais Aliou n’écoute pas sa remarque. Il est fier de sa récolte. Comment ne pas l’être ? Il n’est pas 13h et il a déjà réuni le montant journalier attendu par son maitre coranique. L’après-midi s’annonce plus détendu. Même si le cash reste le premier réflexe, Wave semble s’imposer dans la rue où dès 12 ans, certains jeunes possèdent un compte. Dans un monde connecté, la mendicité, elle aussi se digitalise.

Djenny Malaika CIFENDE

(Source : Le Soleil, 8 juin 2025)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4612/5664 Régulation des télécoms
  • 354/5664 Télécentres/Cybercentres
  • 3692/5664 Economie numérique
  • 1831/5664 Politique nationale
  • 5210/5664 Fintech
  • 612/5664 Noms de domaine
  • 2411/5664 Produits et services
  • 1529/5664 Faits divers/Contentieux
  • 827/5664 Nouveau site web
  • 5664/5664 Infrastructures
  • 1884/5664 TIC pour l’éducation
  • 189/5664 Recherche
  • 246/5664 Projet
  • 3572/5664 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1849/5664 Sonatel/Orange
  • 1600/5664 Licences de télécommunications
  • 278/5664 Sudatel/Expresso
  • 1006/5664 Régulation des médias
  • 1484/5664 Applications
  • 1056/5664 Mouvements sociaux
  • 1627/5664 Données personnelles
  • 143/5664 Big Data/Données ouvertes
  • 605/5664 Mouvement consumériste
  • 362/5664 Médias
  • 644/5664 Appels internationaux entrants
  • 1632/5664 Formation
  • 98/5664 Logiciel libre
  • 2542/5664 Politiques africaines
  • 1115/5664 Fiscalité
  • 170/5664 Art et culture
  • 589/5664 Genre
  • 1821/5664 Point de vue
  • 1056/5664 Commerce électronique
  • 1564/5664 Manifestation
  • 319/5664 Presse en ligne
  • 126/5664 Piratage
  • 207/5664 Téléservices
  • 1131/5664 Biométrie/Identité numérique
  • 358/5664 Environnement/Santé
  • 338/5664 Législation/Réglementation
  • 362/5664 Gouvernance
  • 1772/5664 Portrait/Entretien
  • 147/5664 Radio
  • 835/5664 TIC pour la santé
  • 287/5664 Propriété intellectuelle
  • 60/5664 Langues/Localisation
  • 1133/5664 Médias/Réseaux sociaux
  • 2022/5664 Téléphonie
  • 191/5664 Désengagement de l’Etat
  • 1025/5664 Internet
  • 115/5664 Collectivités locales
  • 420/5664 Dédouanement électronique
  • 1247/5664 Usages et comportements
  • 1033/5664 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 561/5664 Audiovisuel
  • 3636/5664 Transformation digitale
  • 417/5664 Affaire Global Voice
  • 162/5664 Géomatique/Géolocalisation
  • 350/5664 Service universel
  • 662/5664 Sentel/Tigo
  • 176/5664 Vie politique
  • 2067/5664 Distinction/Nomination
  • 35/5664 Handicapés
  • 702/5664 Enseignement à distance
  • 760/5664 Contenus numériques
  • 584/5664 Gestion de l’ARTP
  • 179/5664 Radios communautaires
  • 2154/5664 Qualité de service
  • 464/5664 Privatisation/Libéralisation
  • 133/5664 SMSI
  • 478/5664 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2796/5664 Innovation/Entreprenariat
  • 1351/5664 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 51/5664 Internet des objets
  • 171/5664 Free Sénégal
  • 835/5664 Intelligence artificielle
  • 206/5664 Editorial
  • 63/5664 Gaming/Jeux vidéos
  • 25/5664 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous