OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Février 2025 > DeepSeek-r1 : l’IA chinoise qui bouleverse les normes… et ouvre une fenêtre (…)

DeepSeek-r1 : l’IA chinoise qui bouleverse les normes… et ouvre une fenêtre pour l’Afrique

mardi 4 février 2025

Intelligence artificielle

Vantée comme moins coûteuse dans son développement tout comme dans son accessibilité aux utilisateurs, relativement Open Source, l’IA de DeepSeek est la star du moment. Bien que les avis divergent sur sa qualité, en comparaison avec certaines IA célèbres depuis plusieurs années, son avènement et les promesses qu’elle charrie n’en demeurent pas moins réels.

L’actualité technologique de la semaine dernière a sans doute été l’intelligence artificielle générative de DeepSeek-r1, lancée le 27 janvier par l’entreprise technologique chinoise DeepSeek. Une nouvelle qui a fait trembler le domaine de l’IA à travers la planète, en particulier aux Etats-Unis qui s’estimaient les plus avancés dans ce domaine. En quelques jours, l’assistant IA de DeepSeek a pris la place de ChatGPT en tant qu’application gratuite la plus téléchargée aux États-Unis sur Apple App Store. Cela a contribué à inspirer une vente importante des actions technologiques mondiales. La célébrité de DeepSeek lui a également valu une cyberattaque à grande échelle qui l’a contraint à limiter temporairement l’inscription de nouveaux utilisateurs. Nous ne reviendrons pas sur le feuilleton DeepSeek avec ses multiples rebondissements ou encore sur les performances techniques de la société comparativement à ses concurrentes US. Au-delà du duel sino-américain, cet événement révèle une opportunité inattendue : celle d’un rééquilibrage géopolitique où l’Afrique pourrait négocier sa place dans l’écosystème de l’IA.

La disruption chinoise : un tremplin pour les pays du Sud ?

En détrônant ChatGPT sur son propre terrain, DeepSeek a prouvé une chose : le monopole occidental sur l’innovation n’est plus une fatalité. Pour l’Afrique, cette rupture symbolique est une leçon. Elle démontre que les puissances émergentes peuvent s’affranchir des sentiers tracés par les puissances établies, à condition de miser sur des niches stratégiques. La Chine, en investissant massivement dans des modèles d’IA adaptés à des marchés massifs et diversifiés, a ouvert une brèche. L’Afrique, avec ses 1,4 milliard d’habitants, ses défis uniques (agriculture, santé, éducation) et ses écosystèmes tech en effervescence, pourrait s’en inspirer.

L’enjeu ? Bâtir une IA « contextualisée », conçue pour répondre aux réalités locales. Les géants américains se concentrent sur les marchés solvables, les Chinois sur l’influence techno-diplomatique. Entre les deux, un espace se crée : celui d’une intelligence artificielle frugale, éthique et centrée sur les besoins des populations souvent ignorées par les algorithmes globaux. Des initiatives qui capitalisent sur le pouvoir de l’IA émergent déjà : au Rwanda, des chatbots agricoles en kinyarwanda ; au Kenya, des modèles prédictifs pour anticiper les crises alimentaires. A travers le continent, c’est l’opportunité donnée aux développeurs locaux d’accéder à diverses interfaces de programmation d’application (API) d’IA pour intégrer des capacités d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique dans leurs applications, sites web, produits logiciels, etc. DeepSeek, en ébranlant l’hégémonie culturelle de l’IA occidentale, légitime ces approches décentralisées.

Vers une IA panafricaine ? le temps de l’audace

La vraie opportunité, cependant, est ailleurs : l’Afrique pourrait s’affirmer comme le laboratoire d’une troisième voie en IA. Alors que les modèles américains peinent à gérer la diversité linguistique et que les solutions chinoises sont suspectées de surveillance, le continent a les moyens de construire des architectures ouvertes, interopérables et éthiques. Des projets comme Mozilla Common Voice pour les langues africaines ou Indaba pour le partage des savoirs montrent la voie.

Pour cela, il faudra un volontarisme politique sans précédent : mutualiser les ressources entre États, réguler l’extraction des données, prioriser l’éducation aux métiers de l’IA. Mais aussi s’appuyer sur la jeunesse – 60 % de la population a moins de 25 ans – pour former une génération capable de rivaliser avec les ingénieurs de Shenzhen ou de San Francisco. L’IA c’est quand même d’importantes retombées économiques en perspectives pour le continent. Selon le rapport « Africa Development Insights » publié en juin 2024 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’intelligence artificielle pourrait ajouter 1 200 milliards $ à l’économie africaine, d’ici 2030. Google avance même une estimation plus élevée, évaluant cette contribution potentielle à 1 500 milliards $.

L’Afrique face au piège de la dépendance… et l’urgence de saisir sa chance

Mais profiter de la bataille technologique autour de l’IA comporte aussi des risques. DeepSeek, comme plusieurs autres outils numériques avant elle, pourrait devenir un cheval de Troie : des millions d’utilisateurs africains dépendant d’algorithmes contrôlés depuis Pékin, formés sur des données aspirées localement sans contrepartie. Les États-Unis, de leur côté, ripostent en durcissant leurs alliances technologiques. Dans ce contexte, l’Afrique doit éviter de devenir un champ de bataille passif. Les données sont les nouvelles ressources précieuses de l’ère numérique. L’entraînement des modèles d’IA se fait à travers une grande variété de données que produit déjà l’Afrique en grande quantité : livres, articles, conversations, tweets, transactions financières, données médicales, données sociales et comportementales, données scientifiques et techniques, etc. Il faut négocier judicieusement l’usage de toute cette matière première.

Une approche ? Profiter de la rivalité pour négocier des partenariats équilibrés. La Chine a besoin de données diversifiées pour entraîner ses IA, les États-Unis de relais d’influence. L’Afrique pourrait monnayer son accès aux marchés émergents contre des investissements dans des centres de recherche locaux, des infrastructures cloud souveraines ou des transferts de compétences. Des pays comme le Nigeria, le Kenya, ou l’Afrique du Sud ont déjà les hubs tech pour impulser cette dynamique.

Mais pour garantir cette négociation et se prémunir des risques de pillages, l’Afrique doit mieux protéger ses données. Aujourd’hui, une trentaine de pays dispose d’une loi sur la protection des données à caractère personnel et d’une commission de contrôle dédiée. Mais ces organisations souffrent cependant du manque d’expertise technique et des moyens technologiques adéquats pour travailler efficacement. La Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles de 2014, règlement commun pour faire face aux questions d’utilisation illégale des données africaines, n’est jusqu’à présent ratifiée que par une quinzaine de pays sur 55. En Europe, les multiples restrictions et sanctions financières à l’encontre de Meta, X, Google et bien d’autres, survenues au cours des sept dernières années, sont le fruit de l’efficacité du Règlement général sur la protection des données (RGPD).

L’intelligence de la convergence

DeepSeek-r1 n’a pas seulement secoué l’Amérique. Elle a révélé que l’IA, trop cruciale pour être l’affaire de deux blocs, doit devenir un bien commun négocié à l’échelle mondiale. L’Afrique, si elle évite les pièges de la dépendance et de la fragmentation, pourrait incarner ce nouveau chapitre. En misant sur son capital humain, ses défis transformés en opportunités et sa neutralité stratégique, elle peut passer du statut de terrain de jeu à celui d’architecte de l’IA de demain. La course est lancée : celle qui opposait la Chine et les États-Unis vient de trouver un troisième coureur. Reste à savoir si le continent saura saisir l’opportunité.

Muriel Edjo

(Source : Agence Ecofin, 4 février 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4587/5324 Régulation des télécoms
  • 368/5324 Télécentres/Cybercentres
  • 3524/5324 Economie numérique
  • 1816/5324 Politique nationale
  • 4946/5324 Fintech
  • 663/5324 Noms de domaine
  • 2029/5324 Produits et services
  • 1489/5324 Faits divers/Contentieux
  • 746/5324 Nouveau site web
  • 5324/5324 Infrastructures
  • 1797/5324 TIC pour l’éducation
  • 196/5324 Recherche
  • 245/5324 Projet
  • 3540/5324 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1913/5324 Sonatel/Orange
  • 1688/5324 Licences de télécommunications
  • 362/5324 Sudatel/Expresso
  • 1018/5324 Régulation des médias
  • 1300/5324 Applications
  • 1132/5324 Mouvements sociaux
  • 1822/5324 Données personnelles
  • 318/5324 Big Data/Données ouvertes
  • 603/5324 Mouvement consumériste
  • 374/5324 Médias
  • 656/5324 Appels internationaux entrants
  • 1747/5324 Formation
  • 94/5324 Logiciel libre
  • 2424/5324 Politiques africaines
  • 1004/5324 Fiscalité
  • 172/5324 Art et culture
  • 586/5324 Genre
  • 1798/5324 Point de vue
  • 1046/5324 Commerce électronique
  • 1489/5324 Manifestation
  • 318/5324 Presse en ligne
  • 125/5324 Piratage
  • 206/5324 Téléservices
  • 1114/5324 Biométrie/Identité numérique
  • 315/5324 Environnement/Santé
  • 388/5324 Législation/Réglementation
  • 359/5324 Gouvernance
  • 1832/5324 Portrait/Entretien
  • 145/5324 Radio
  • 964/5324 TIC pour la santé
  • 279/5324 Propriété intellectuelle
  • 58/5324 Langues/Localisation
  • 1089/5324 Médias/Réseaux sociaux
  • 2163/5324 Téléphonie
  • 190/5324 Désengagement de l’Etat
  • 1022/5324 Internet
  • 114/5324 Collectivités locales
  • 420/5324 Dédouanement électronique
  • 1191/5324 Usages et comportements
  • 1039/5324 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 560/5324 Audiovisuel
  • 3624/5324 Transformation digitale
  • 393/5324 Affaire Global Voice
  • 159/5324 Géomatique/Géolocalisation
  • 328/5324 Service universel
  • 669/5324 Sentel/Tigo
  • 174/5324 Vie politique
  • 1940/5324 Distinction/Nomination
  • 35/5324 Handicapés
  • 709/5324 Enseignement à distance
  • 691/5324 Contenus numériques
  • 592/5324 Gestion de l’ARTP
  • 179/5324 Radios communautaires
  • 2000/5324 Qualité de service
  • 444/5324 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5324 SMSI
  • 531/5324 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2861/5324 Innovation/Entreprenariat
  • 1353/5324 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5324 Internet des objets
  • 178/5324 Free Sénégal
  • 1000/5324 Intelligence artificielle
  • 197/5324 Editorial
  • 4/5324 Gaming/Jeux vidéos
  • 26/5324 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous