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Cybersécurité : le Togo veut se constituer un vivier de talents face à la menace grandissante

jeudi 3 septembre 2026

Cybersécurité/Cybercriminalité

La transformation numérique en cours en Afrique s’accompagne d’une intensification des cybermenaces. Pour protéger leurs infrastructures, leurs entreprises et leurs citoyens, les pays du continent multiplient les initiatives visant à renforcer leurs dispositifs de cybersécurité.

Le Togo veut se doter d’un vivier national de compétences en cybersécurité. L’initiative vise à réunir, au niveau national, des profils diversifiés et qualifiés, capables d’être mobilisés pour renforcer la protection du cyberespace togolais.

L’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) a publié à cet effet un appel à manifestation d’intérêt daté du 27 août 2026, mais rendu public sur ses plateformes de réseaux sociaux le mercredi 2 septembre. La date limite de soumission des candidatures est fixée au 30 octobre.

« Ce vivier a vocation à permettre à l’ANCy d’identifier, de qualifier, de référencer et, selon les besoins, de mobiliser des compétences nationales pour contribuer à des missions techniques, opérationnelles, de recherche, de développement, de formation, de sensibilisation ou d’appui à la mise en œuvre de ses missions », précise le document officiel.

Plus spécifiquement, le vivier couvrira plusieurs domaines, parmi lesquels la prévention des cybermenaces, la protection des systèmes d’information, la détection et l’analyse des incidents de sécurité, la réponse aux incidents cyber, l’analyse des vulnérabilités, l’évaluation et l’audit de sécurité, ainsi que la sécurité des infrastructures, des architectures, des applications et des environnements cloud. Il concernera aussi le renseignement sur les menaces, l’investigation numérique, la gouvernance, les risques et la conformité, la protection des données à caractère personnel, la sensibilisation et le renforcement des capacités, la recherche et le développement en cybersécurité et l’amélioration de la résilience numérique nationale.

Selon l’ANCy, cette initiative s’inscrit dans la dynamique de la Stratégie nationale de cybersécurité 2024‑2028, dont l’un des axes vise à promouvoir une culture de la cybersécurité et à développer les compétences techniques nationales. Elle intervient dans un contexte global et africain marqué par une progression des cybermenaces.

Interpol explique que cette évolution est favorisée par l’essor des activités en ligne, notamment les réseaux sociaux, le commerce électronique et les services de banque mobile. L’organisation souligne aussi que les cybercriminels perfectionnent constamment leurs méthodes, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour mener des attaques de plus en plus sophistiquées. Elle estime à 5 milliards de dollars les dommages économiques directs causés par la cybercriminalité en Afrique en 2025.

L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime pour sa part que les pays doivent accorder une attention particulière à la cybersécurité s’ils veulent tirer pleinement parti des avantages liés aux technologies de l’information et de la communication.

Le Togo se classe actuellement dans la deuxième des cinq catégories de l’Indice global de cybersécurité 2024 de l’UIT, juste en dessous des pays considérés comme des modèles à suivre à l’échelle mondiale. Le pays est particulièrement bien évalué pour ses mesures organisationnelles, techniques, juridiques et de développement des capacités. Sur le volet juridique, il obtient le score maximal de 20 points.

Des progrès restent toutefois nécessaires sur le volet technique. Cela correspond aux capacités concrètes permettant à un pays de prévenir, détecter, protéger, répondre aux cyberattaques et se remettre des incidents. Le Togo a obtenu un score de 15,3 sur 20.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 3 septembre 2026)

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