Connectivité satellitaire : 20 pays africains formés à la régulation au Sénégal
mardi 17 février 2026
La couverture des réseaux terrestres reste limitée dans les zones rurales, ce qui freine l’accès aux services numériques. La connectivité par satellite apparaît alors comme un levier stratégique, et la formation des régulateurs est essentielle pour garantir un déploiement sûr et efficace.
Le Sénégal a accueilli du lundi 9 au jeudi 12 février une formation régionale sur la réglementation des satellites, organisée par l’Union internationale des télécommunications (ITU), le Groupe de la Banque mondiale et Smart Africa, en partenariat avec l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes du Sénégal. Plus de vingt pays francophones d’Afrique subsaharienne y ont pris part.
Au cœur des échanges figurait l’usage de la connectivité satellitaire pour combler les lacunes d’accès à Internet dans les zones rurales et isolées. La formation a porté sur les cadres réglementaires et techniques nécessaires pour intégrer les satellites dans les réseaux nationaux, tout en garantissant la sécurité et l’interopérabilité des systèmes. Les participants ont également étudié les modèles économiques viables pour les opérateurs satellitaires et les mécanismes de financement public-privé favorisant l’inclusion numérique.
Pour Smart Africa, l’objectif est double : renforcer les capacités des régulateurs et favoriser une connectivité plus équitable sur le continent. « Cette initiative contribue concrètement à réduire la fracture numérique, à ouvrir l’accès à l’éducation, aux services de santé, aux opportunités économiques et à rapprocher les communautés les plus isolées du reste du monde. Un pas de plus vers une connectivité inclusive, au service des populations », souligne l’organisation.
La formation intervient dans un contexte où la fracture numérique reste particulièrement prononcée en Afrique. Selon la Banque africaine de développement, seules 6 % des zones rurales disposent d’un accès à Internet, en grande partie en raison du manque d’incitations pour attirer les investissements privés. Pour l’ITU, l’Afrique subsaharienne demeure la région du monde où le taux de pénétration d’Internet est le plus faible, avec environ 40 % de la population connectée.
Dans un contexte où la transformation numérique s’affirme comme un levier de développement économique, l’extension de la connectivité aux zones mal desservies apparaît comme une condition clé de l’inclusion numérique. La connectivité satellitaire offre à cet égard une solution complémentaire aux réseaux terrestres, notamment dans les territoires à faible densité. La consolidation de cadres réglementaires efficaces et harmonisés au niveau régional constitue dès lors un enjeu stratégique pour faciliter les investissements, sécuriser les déploiements et élargir l’accès aux services numériques sur le continent.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 17 février 2026)
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