Connectivité : la RDC explore des solutions abordables pour étendre le réseau
mardi 13 octobre 2026
Les autorités cherchent à réduire la fracture numérique, alors qu’environ 55 % de la population congolaise n’était pas couverte par le réseau 4G en 2024. Elles ont déjà exploré des pistes comme la mutualisation des infrastructures télécoms.
La République démocratique du Congo (RDC) explore le recours aux microsites pour accélérer l’extension de la couverture mobile dans les zones rurales et périurbaines. Cette initiative s’inscrit dans les efforts visant à généraliser l’accès aux télécommunications dans les localités à faible densité de population, où le coût de déploiement des infrastructures classiques peut limiter la rentabilité des investissements pour les opérateurs.
Selon le média local Scoop RDC, le projet a été présenté lors d’une réunion tenue le 8 octobre sous la conduite du ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu. La rencontre a réuni le directeur général du Fonds de développement du service universel (FDSU), Paterne Binene-A-Kadiat, les représentants de quatre opérateurs mobiles et le responsable d’Africa Mobile Networks (AMN), la société à l’origine de cette technologie. Les échanges visaient à obtenir l’adhésion des opérateurs à cette solution, déjà utilisée par Orange en RDC, en vue d’expérimenter son déploiement auprès d’Airtel, de Vodacom et d’Africell.
Une technologie adaptée aux localités peu peuplées
Selon les informations issues de la réunion rapportées par Scoop RDC, les microsites sont des antennes miniaturisées d’environ 5 mètres de hauteur, alimentées par des panneaux solaires. Leur installation prendrait moins de deux heures et leur coût serait quatre fois inférieur à celui des antennes classiques. Le déploiement de 50 sites pilotes est déjà prévu.
Chaque équipement pourrait couvrir un rayon de 4 à 5 kilomètres et desservir ainsi plusieurs villages environnants. Cette technologie cible en priorité les localités rurales et périurbaines comptant entre 3000 et 4000 habitants.
Sur son site web, Africa Mobile Networks (AMN) précise que son modèle de déploiement repose sur des cellules de petite taille. L’entreprise indique que ses stations standard couvrent une superficie de 3 à 5 km², contre 30 à 50 km² pour les stations à couverture étendue. La portée varie de 1 à 5 kilomètres autour de l’antenne, en fonction du relief. AMN souligne également que la capacité de chaque station peut être augmentée en fonction de la demande et que plusieurs équipements peuvent être déployés pour étendre la couverture et accroître la capacité du réseau.
Connecter les populations rurales, un défi d’investissement
Cette initiative intervient alors que les autorités congolaises cherchent à connecter 68 millions de personnes vivant en zones rurales d’ici 2035. Les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient respectivement 75 %, 55 % et 45 % de la population congolaise en 2024, selon les données de l’UIT. L’organisation estimait le taux de pénétration de la téléphonie mobile à 44,3 %, contre 19,7 % pour l’Internet.
Dans ce contexte, la GSMA reconnaît que les derniers pourcentages de population à couvrir nécessitent généralement des investissements plus importants, car ils concernent souvent les zones les plus difficiles et coûteuses à desservir. Les zones rurales sont souvent plus éloignées des infrastructures de télécommunications et des réseaux électriques, ce qui oblige les opérateurs à déployer davantage de sites, de liaisons de transmission et parfois des solutions d’alimentation autonomes.
Dans son rapport « Network Coverage and Infrastructure - The State of Mobile Internet Connectivity 2025 », la GSMA estime à 650 millions de dollars les investissements supplémentaires nécessaires pour porter la couverture mobile haut débit à 95 % de la population. L’organisation souligne que 87 % des nouveaux sites requis pour atteindre cet objectif se situent à plus d’un kilomètre du réseau électrique, et près d’un tiers à au moins 100 kilomètres. Le recours à des solutions autonomes, notamment solaires, augmente ainsi les coûts de déploiement.
La faible densité de population réduit par ailleurs le nombre d’utilisateurs susceptibles de rentabiliser ces investissements, tandis que la dispersion des habitations augmente les distances à couvrir pour chaque infrastructure.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 13 octobre 2026)
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