Burkina Faso : 205 plateformes publiques testées pour renforcer la cybersécurité
vendredi 28 août 2026
Face à la multiplication des services numériques, le Burkina Faso renforce progressivement les dispositifs destinés à protéger ses systèmes d’information. L’enjeu est de réduire leur exposition aux cybermenaces dans un contexte où les attaques numériques gagnent du terrain en Afrique.
Le Burkina Faso a soumis 205 plateformes numériques de l’État à des tests de sécurité afin d’identifier et de corriger leurs vulnérabilités. Les autorités ont également cartographié 1460 plateformes en « .bf » accessibles depuis Internet et placé 28 organismes publics sous protection renforcée, dans le cadre du déploiement du chantier national consacré à la sécurisation des infrastructures critiques.
Ces opérations interviennent alors que la numérisation des services publics élargit progressivement le nombre de systèmes susceptibles d’être exposés aux attaques. Le Burkina Faso cherche ainsi à mieux identifier les plateformes connectées, à détecter leurs vulnérabilités et à renforcer la surveillance des organismes considérés comme essentiels au fonctionnement du pays.
Un environnement numérique de plus en plus exposé
La cartographie des plateformes accessibles depuis Internet constitue une première étape pour identifier les systèmes qui peuvent présenter des failles de sécurité. Ces plateformes ont ensuite fait l’objet d’évaluations approfondies destinées à repérer les vulnérabilités susceptibles d’être exploitées par des acteurs malveillants.
Le Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité a accompagné 783 acteurs en 2025, selon les données communiquées par le ministère de la Transition digitale.
L’enjeu devient de plus en plus crucial avec le développement des services numériques. Plus les administrations mettent en ligne des plateformes destinées aux citoyens et aux entreprises, plus elles doivent assurer leur disponibilité et protéger les données qu’elles traitent. Une faille affectant un système public peut ainsi provoquer une interruption de service, compromettre des informations ou servir de point d’entrée vers d’autres réseaux.
Une menace qui dépasse les frontières du Burkina Faso
Le renforcement du dispositif burkinabè intervient dans un contexte régional marqué par la progression de la cybercriminalité. Selon l’évaluation des cybermenaces en Afrique publiée par INTERPOL en juin 2025, les infractions liées au numérique représentent plus de 30 % des crimes signalés en Afrique de l’Ouest. Les escroqueries en ligne, notamment par hameçonnage, les rançongiciels et les fraudes aux faux ordres de virement figurent parmi les menaces les plus fréquemment signalées dans la région.
La pression pourrait également s’accentuer avec l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle par les cybercriminels. Dans son rapport publié le 3 août 2026, INTERPOL estime que l’IA est désormais impliquée dans 55 % des cybercrimes signalés en Afrique. L’organisation souligne que ces technologies permettent notamment d’automatiser certaines étapes des attaques, de la collecte d’informations au phishing et à l’extorsion.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 28 août 2026)
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