Avec l’appui de la Banque mondiale, la Mauritanie élargit le WARDIP à l’IA
mardi 9 juin 2026
La Mauritanie veut faire de l’intelligence artificielle un nouvel axe de son programme numérique. Dans cette dynamique, elle s’est appuyée sur un partenaire technique et financier de premier plan.
Dans une publication sur Facebook lundi 8 juin, les autorités mauritaniennes ont annoncé s’être entendues avec la Banque mondiale pour mobiliser un financement additionnel dans le cadre du WARDIP, le Programme régional d’intégration numérique en Afrique de l’Ouest.
L’objectif est d’y intégrer explicitement le développement d’infrastructures de données dédiées à l’intelligence artificielle (IA), la formation de compétences locales et la création de systèmes intelligents dans plusieurs secteurs économiques.
L’accord a été conclu lors d’une séance de travail entre le ministre Ahmed Salem Bede et une délégation conduite par Michel Rogy, directeur régional de la Banque mondiale chargé du numérique et de l’IA pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud, accompagné de Jana Kunicova, directrice sectorielle pour le numérique et l’IA en Afrique de l’Ouest et du Centre, et d’Éric Dunand, chargé de projet sur le dossier mauritanien.
Dans un contexte où l’IA s’impose comme la figure de proue de la révolution numérique mondiale, les initiatives se multiplient à un rythme soutenu. Selon un rapport publié le 12 décembre 2025 par la Banque africaine de développement (BAD), un déploiement inclusif de l’IA pourrait transformer en profondeur l’économie africaine.
Les projections évoquent jusqu’à 1000 milliards de dollars supplémentaires de produit intérieur brut d’ici 2035, soit près d’un tiers de la production actuelle du continent. Un potentiel rendu possible par les gains de productivité attendus dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, la santé, l’éducation ou encore les services financiers.
Lancé en novembre 2023 avec une première enveloppe de 266,5 millions de dollars couvrant quatre pays, dont la Mauritanie, le WARDIP ciblait jusqu’ici le haut débit, les services financiers numériques et l’e-gouvernement. La composante mauritanienne, dotée de 60 millions de dollars, avait été officiellement lancée en 2024. En mars 2026, une deuxième opération de 137 millions de dollars a élargi le programme au Bénin, au Liberia et à la Sierra Leone, mais sans volet IA structuré.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 9 juin 2026)
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