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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Avril 2026 > Afrique australe : un nouveau câble sous-marin en vue pour renforcer l’Internet

Afrique australe : un nouveau câble sous-marin en vue pour renforcer l’Internet

vendredi 24 avril 2026

Infrastructures

Les câbles sous-marins transportent l’essentiel du trafic Internet dans le monde. Ils assurent les connexions entre les continents et rendent possible l’échange de données à grande échelle. Leur développement est donc essentiel avec la hausse continue des usages numériques.

Un nouveau câble sous-marin est en cours de développement en Afrique australe. Portée par Angola Telecom, l’infrastructure vise à améliorer la connectivité dans la sous-région, dans un contexte de croissance du trafic Internet et de besoin accru en redondance.

Dénommé Southern African Regional Submarine System (SARSSy), le projet a été au cœur d’un protocole d’accord et d’un accord commercial (CTA) signés le jeudi 23 avril entre les opérateurs publics Angola Telecom et Telecom Namibia. Ce partenariat permettra à Angola Telecom d’accéder à de la capacité internationale via le câble sous-marin Equiano de Telecom Namibia, tout en posant les bases d’une collaboration plus étroite autour du développement de SARSSy.

Les caractéristiques techniques détaillées du câble n’ont pas encore été précisées. Il devrait toutefois relier l’Angola, la Namibie et d’autres pays situés le long de la côte ouest de l’Afrique australe. Selon le ministère namibien des TIC, « il est construit à l’aide de technologies modernes, pourra transporter un volume de données bien plus important et devrait avoir une durée de vie d’environ 25 ans ».

Pour Mário Augusto da Silva Oliveira, ministre angolais des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale, il s’agit d’un « projet de vision et d’avenir, qui connecte les infrastructures, intègre les marchés et rapproche les peuples ». Il a ajouté qu’il permettra d’améliorer la connectivité régionale, de renforcer la sécurité des communications et de soutenir le développement d’une économie numérique plus compétitive et résiliente en Afrique australe.

Un renforcement de la résilience du réseau régional

Une fois mis en service, le SARSSy devrait renforcer la connectivité internationale le long de la côte ouest de l’Afrique australe. La zone est déjà desservie par plusieurs câbles sous-marins, selon la plateforme Submarine Cable Map, qui recense les infrastructures à l’échelle mondiale. Parmi eux figurent notamment Africa Coast to Europe (ACE), 2Africa, le West Africa Cable System (WACS), Equiano, SAT-3/WASC et le South Atlantic Cable System (SACS).

Les deux infrastructures les plus récentes, Equiano (déployé par Google) et 2Africa (porté par Meta et ses partenaires), affichent des capacités respectives de 144 térabits par seconde (Tb/s) et 180 Tb/s. Dans ce contexte, SARSSy, qui devrait « transporter un volume de données bien plus important » grâce à des technologies de nouvelle génération, viendra surtout renforcer la résilience et la redondance du réseau régional.

Ce renforcement intervient alors que la demande en connectivité à haut débit continue de croître, tandis que les réseaux existants restent exposés à des perturbations récurrentes. Souvent liées à la congestion, à des capacités limitées ou à des coupures de câbles, ces pannes peuvent entraîner des interruptions de service plus ou moins prolongées dans plusieurs pays de la région.

L’augmentation de la capacité constitue également une opportunité pour les pays enclavés comme le Botswana, la Zambie ou encore le Zimbabwe. Ne disposant pas d’accès direct à la mer ni aux câbles sous-marins, ces États dépendent des pays côtiers pour leur accès à la connectivité internationale. Celle-ci est acheminée via des réseaux terrestres de fibre optique reliant les stations d’atterrissement situées sur les côtes aux réseaux nationaux.

De potentiels effets sur les coûts et l’adoption d’Internet

Au-delà de la résilience du réseau, les câbles sous-marins sont généralement associés à une baisse des coûts de la connectivité Internet. Dans un rapport publié en juin 2025, la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi) indique qu’un doublement de la capacité internationale entraîne une baisse immédiate d’environ 32 % du prix du haut débit fixe et jusqu’à 50 % pour le haut débit mobile.

La Banque mondiale corrobore cette tendance. Dans une étude publiée en juillet 2024, elle estime que chaque doublement de la capacité des câbles sous-marins en Afrique induit en moyenne une baisse de 7 % du prix de l’Internet haut débit fixe et de 13 % pour le haut débit mobile.

Ces évolutions pourraient également favoriser l’adoption des services numériques. Le coût de l’accès reste en effet l’un des principaux freins à l’usage d’Internet sur le continent. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d’Internet s’élevait à 64,9 % en Namibie en 2024, contre 40,7 % en Angola. À l’échelle africaine, environ 35,7 % de la population utilisait Internet en 2025, d’après la même source.

Issaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 24 avril 2026)

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