OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2012 > Novembre > La face cachée d’Abou Lo

La face cachée d’Abou Lo

vendredi 30 novembre 2012

Portrait/Entretien

Il a été l’un des ministres les plus en vus du premier gouvernement à cause de la polémique sur sa double nationalité et de son masque de fer. Pourtant, derrière ce cliché ce cache un homme direct, certes, mais plein d’humour.

Abou Lô sourit. Qui l’eût crû ? Pourtant, celui que l’on a surnommé « l’Allemand » du premier gouvernement de l’ère Macky Sall rit à pleines dents. Et fait mieux : il lance des boutades d’une drôlerie intense qu’il accompagne de proverbes Peul, sa langue maternelle. Une langue qui revient souvent dans son discours. Ses origines, il ne peut les renier. Son accent le trahirait. Une attitude enjouée qui fait tiquer, surtout si l’on n’a pas l’occasion de le voir ainsi. L’on se demande alors si cela est dû à la présence de son collaborateur parce que devant le petit écran, ce bout d’homme a le masque dur. Il rit encore aux éclats avant d’avancer « A la télé, je m’adresse à tous les Sénégalais et tout ça, c’est nouveau pour moi. Je ne suis pas littéraire, c’est peut être lié à ma formation. Les scientifiques sont plutôt portés par le résultat. Je ne suis pas politique de formation. Je me considère comme un technicien. Je suis devenu politique avec l’APR ». Vrai ou faux ? Les Allemands sont, en tout cas, vus par les Sénégalais comme des gens froids. Et comme l’ex-ministre de la Communication a longtemps séjourné dans le pays de Goethe, il n’échappe pas à cette caricature qui lui colle à la peau. Même s’il reconnaît qu’il est en train de faire des efforts. « Ki Allemand la » (celui –là, c’est un Allemand) ».

Comme la plupart des étudiants, il avait cherché et obtenu une préinscription en France après sa maîtrise en Maths-Physique obtenue en 1989. Mais obtient par « un coup du hasard » une bourse pour l’Allemagne. Il saute sur l’occasion d’autant plus qu’il ne voulait pas devenir professeur de Mathématiques. Il atterrit en Allemagne et suit pendant un an des cours préparatoires en langue Allemande. En 1995, il termine avec brio un Master en Mathématiques, option « Statistiques et assurances » à la prestigieuse université d’Humboldt de Berlin. L’année suivante, Abou Lô s’initie à l’informatique deux ans durant. Spécialiste en assurance et développement de logiciels pour les modules de calcul et système d’administration de contrat en assurance, Abou Lô occupe plusieurs postes de responsabilités dans de grandes firmes allemandes d’assurance (FJA-AG, LV-BERATING, HBA, IDSTEIN, AGENS, IN PACT). Il dirige également le département Mathématiques du géant de l’assurance Generali et, est aussi expert international en actuariat et a eu à exercer dans les pays d’Europe de l’Est. Aussi pensait –il prendre sa retraite en Allemagne.

Doué et remuant

Entre les Maths et le natif de Sinthiou Garba dans la région de Matam, c’est une longue histoire. Elève très doué dans cette discipline, il lui arrivait de contester les démonstrations de son professeur de mathématiques à l’école normale supérieure d’enseignement technique et professionnel de Dakar (ENSEPT). « Je me chamaillais toujours avec le professeur de Maths qui était un blanc. Furieux à cause de mes répliques, il me disait « je peux enseigner les mathématiques à ton père ». Je lui rétorquais que moi-même je peux enseigner les mathématiques à son père car il est un paysan. Malgré nos désaccords, lorsque je lui ai dit que j’allais à l’Université il m’a dit que certes, je lui en ai fait voir de toutes les couleurs, mais qu’il me conseillait de suivre les mathématiques car j’avais les potentialités d’y réussir ».

Aujourd’hui, Abou Lô a coupé tous les ponts avec l’Allemagne. « J’ai résilié mon contrat de travail pour être un soldat su service du président Macky Sall et du peuple Sénégalais ». Depuis quelques mois, son épouse et ses enfants qui étaient restés en Allemagne l’on rejoint. Lô et famille se sont installés définitivement au Sénégal. Sa femme ? « Une Hal pulhar bon teint », dit-il comme pour couper court à ceux qui conjecturent toujours sur sa double nationalité et qui font passer la rumeur selon laquelle il aurait épousé une blanche. Sa nationalité ? C’est le sujet qui fâche. Il précise toutefois : « je ne me sentais pas alourdi par toutes ces polémiques. L’essentiel pour moi était de montrer que j’étais à la hauteur de la tâche qui m’étais confiée ».

Entre autres réalisations, le ministre de la Communication s’était engagé à faire adopter un projet de Code de presse, le renforcement du financement de l’audiovisuel public. Dans le secteur des Télécommunications, il a réussi à faire abroger le décret sur les appels entrants. Elaborer une nouvelle stratégie nationale de développement de l’économie numérique. C’est grâce à lui que le ministre de la Communication a déménagé de ses anciens locaux sur le Boulevard de la République qui était classé « bâtiment à risque » par la protection civile depuis 1998 pour des bureaux neufs à la rue Béranger Ferraud angle Amadou Assane Ndoye. Il satisfait ainsi à une vieille doléance du personnel de ce ministère qui craignait pour leur sécurité.

Le retour du fils prodige au bercail n’a pas du tout été facile. « J’avais du mal à m’exprimer bien en Français ». Du pragmatisme allemand, il (re) découvre le visage des Sénégalais dans leur nudité : « Tout le monde vous sourit, on a tendance à croire tout ce que l’on vous raconte. Chacun vient avec ses projets, mais l’on se rend compte que ce n’est pas désintéressé ».Heureusement qu’avec le temps, il a su reconnaître la bonne graine de l’ivraie. « C’est des beaux-parleurs, mais avec l’expérience, on prend leurs mots avec des pincettes ».

Pragmatique comme un…Allemand

Il a connu le président de la République grâce à Mamadou Talla, ministre de la formation professionnelle, un ami d’enfance de Macky Sall avec qui il a partagé sa chambre à l’Université de Dakar. En ce moment, le leader de l’APR était membre du Pds. Au fil des années, ces relations avec Abdoulaye Wade se sont détériorées et M.Lô lui promet de le soutenir s’il crée son propre parti. En 2012, il bat campagne pour le candidat de l’APR dans son fief à Matam. Bien qu’étant un bleu dans le domaine de le politique, il est parvenu à faire gagner Macky dans sa localité aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives. Son secret : « nous avons tenu aux Matamois un langage de vérité, misé sur la proximité avant de décliner notre programme. Cela nous a réussi car Matam a connu beaucoup de personnalités, mais aucune d’elles n’a pu y réaliser quelque chose de concret ».

Direct, franc-parler. Ce sont les sobriquets qu’on lui donne. Un de ses collaborateurs témoigne : « Quand il dit quelque chose, il est très difficile de le faire revenir sur sa position. Je dirais même que c’est quasi-impossible ». Lui-même confirme : « Je préfère un dialogue sincère et franc pour éviter de gâter les relations. On dit que je suis trop direct, mais c’est comme ça et je n’aime pas qu’on abuse de ma confiance ».

Nommé ministre de la Communication dans le premier gouvernement de l’ère Macky Sall, il est démis de sa fonction après seulement sept mois passés à la tête de ce ministère. Une défénestration qu’il a prise avec sérénité : « Un ministre à un contrat aléatoire, Maintenant en tant qu’être humain, ça laisse une certaine émotion. Mais je remercie le président Macky Sall qui a placé sa confiance en moi. Je le remercie de m’avoir fait connaître des Sénégalais puisque j’étais un illustre inconnu ».

Aujourd’hui, il est nommé à la tête de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). Un poste que beaucoup de gens assimilent à un cadeau empoisonné puisque différents Dg qui se sont succédé à la tête de cette boite ont été traînés en justice. Mais, cela ne l’émeut guère, même s’il est tout à fait conscient que « c’est une grande responsabilité ». Cependant, il espère réussir sa mission car « c’est plus technique ; c’est opérationnel. Je n’appréhende rien car dans la vie, tout est risque. Dans mon parcours, j’ai toujours été confronté aux risques. C’est pourquoi d’ailleurs, j’ai étudié la probabilité ».

(Source : Dakar Actu, 30 novembre 2012)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2322/2700 Régulation des télécoms
  • 183/2700 Télécentres/Cybercentres
  • 1759/2700 Economie numérique
  • 936/2700 Politique nationale
  • 2540/2700 Fintech
  • 271/2700 Noms de domaine
  • 1004/2700 Produits et services
  • 1162/2700 Faits divers/Contentieux
  • 417/2700 Nouveau site web
  • 2700/2700 Infrastructures
  • 928/2700 TIC pour l’éducation
  • 99/2700 Recherche
  • 127/2700 Projet
  • 1876/2700 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 974/2700 Sonatel/Orange
  • 848/2700 Licences de télécommunications
  • 146/2700 Sudatel/Expresso
  • 520/2700 Régulation des médias
  • 652/2700 Applications
  • 553/2700 Mouvements sociaux
  • 905/2700 Données personnelles
  • 98/2700 Big Data/Données ouvertes
  • 317/2700 Mouvement consumériste
  • 195/2700 Médias
  • 331/2700 Appels internationaux entrants
  • 826/2700 Formation
  • 47/2700 Logiciel libre
  • 1129/2700 Politiques africaines
  • 562/2700 Fiscalité
  • 89/2700 Art et culture
  • 319/2700 Genre
  • 965/2700 Point de vue
  • 534/2700 Commerce électronique
  • 767/2700 Manifestation
  • 166/2700 Presse en ligne
  • 65/2700 Piratage
  • 110/2700 Téléservices
  • 488/2700 Biométrie/Identité numérique
  • 172/2700 Environnement/Santé
  • 187/2700 Législation/Réglementation
  • 184/2700 Gouvernance
  • 926/2700 Portrait/Entretien
  • 74/2700 Radio
  • 392/2700 TIC pour la santé
  • 149/2700 Propriété intellectuelle
  • 30/2700 Langues/Localisation
  • 568/2700 Médias/Réseaux sociaux
  • 1052/2700 Téléphonie
  • 101/2700 Désengagement de l’Etat
  • 543/2700 Internet
  • 63/2700 Collectivités locales
  • 214/2700 Dédouanement électronique
  • 602/2700 Usages et comportements
  • 539/2700 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 287/2700 Audiovisuel
  • 1761/2700 Transformation digitale
  • 198/2700 Affaire Global Voice
  • 116/2700 Géomatique/Géolocalisation
  • 172/2700 Service universel
  • 342/2700 Sentel/Tigo
  • 94/2700 Vie politique
  • 827/2700 Distinction/Nomination
  • 17/2700 Handicapés
  • 365/2700 Enseignement à distance
  • 364/2700 Contenus numériques
  • 299/2700 Gestion de l’ARTP
  • 94/2700 Radios communautaires
  • 951/2700 Qualité de service
  • 238/2700 Privatisation/Libéralisation
  • 75/2700 SMSI
  • 265/2700 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1385/2700 Innovation/Entreprenariat
  • 699/2700 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 24/2700 Internet des objets
  • 89/2700 Free Sénégal
  • 396/2700 Intelligence artificielle
  • 106/2700 Editorial
  • 5/2700 Gaming/Jeux vidéos
  • 13/2700 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous