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La blockchain face à la protection des données personnelles

mercredi 9 octobre 2019

Données personnelles

Boris Houphouët est un juriste spécialiste des questions de cyberlégislation. Il est l’auteur du livre, le correspondant à la protection des données à caractère personnel. Dans cet article didactique. Il parle de la blockchain et va faire un parallèle entre cette technologie et la protection des données personnelles. Nous découvrirons que ces 2 concepts à la mode peuvent se heurter.

De nombreuses entités tant privées que publiques s’intéressent aujourd’hui à la blokchain parce qu’elles voient à la fois une menace et une opportunité. La blokchain permet aujourd’hui de faciliter les relations non seulement entre individus mais également entre les entreprises en toute sécurité. Il y a dix ans de cela qu’elle a été vulgarisée par l’avènement de l’une de ses applications connues : la bitcoin, une crypto monnaie. Cependant il n’en demeure pas moins que la blockchain reste encore difficile à cerner.

La blockchain peut être perçue simplement comme étant une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.

Pour emprunter la définition de la CNIL en France (Commission National de l’Informatique et des Libertés), la blockchain est une base de données dans laquelle les données sont stockées et distribuées sur un grand nombre d’ordinateurs et dans laquelle toutes les écritures effectuées dans ce registre, appelées « transactions », sont visibles de l’ensemble des utilisateurs, depuis sa création.

Une blockchain peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. Comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s’imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. »

Il convient de souligner que la blockchain n’est pas en elle-même un traitement de données ayant une finalité à part entière mais c’est une technologie qui sert de support à des traitements variés. Cette technologie peut être utile à bien d’autres domaines que la monnaie : les brevets, les votes pour des élections, les instruments financiers (dérivés, emprunts, micro-crédit…), l’immobilier, les certificats de toutes sortes (par exemple les diplômes), les données de santé, les jeux, les réservations (hôtels, restaurants…), nos clés (de domicile, de voiture…)… Les champs d’exploitation sont immenses.

Il existe deux types de blockachain, à savoir la blockchain privée et la blockchain publique. La blockchain est dite privée lorsqu’elle est sous le contrôle d’un acteur qui assure seul le contrôle de la participation et de la validation. Tandis que la blockchain est dite publique lorsqu’elle est accessible à n’importe qui dans le monde. Toute personne peut effectuer une transaction, participer au processus de validation des blocs ou obtenir une copie de la Blockchain.

La blockchain est caractérisée par la transparence, le partage et la décentralisation, l’irréversibilité et la désintermédiation.

La transparence s’explique par le fait que tous les participants peuvent visualiser l’ensemble des données inscrites dans la blockchain. Un exemple est donné avec une innovation majeure au Ghana où une sart-up dénommée « Bitland » a conçu un cadastre numérique basé sur la bockchain. Les utilisateurs pourront vérifier les véritables propriétaires immobiliers en consultant ce fichier.

Ensuite le partage et la décentralisation s’expliquent par le fait que plusieurs exemplaires de la blockchain existent simultanément sur différents ordinateurs.

En outre parler de l’irréversibilité, revient à dire une fois qu’une donnée est inscrite, elle ne peut pas être modifiée ou supprimée.

Enfin toute décision se fait par consensus entre les participants, sans arbitre centralisé, on parle alors de la désintermédiation.

Nous ne saurons terminer cette présentation en occultant les acteurs de la blockchain. Selon la CNIL, il existe trois grands acteurs qui interagissent sur la Blockchain. il s’agit entre autre des accédants, des participants, et les mineurs.

Les « accédants », sont ceux qui ont un droit de lecture et d’obtention d’une copie de la chaîne ;
Les « participants », quant à eux sont ceux qui ont un droit d’écriture (la création d’une transaction qu’ils soumettent à validation) ;
Les « mineurs », enfin sont ceux qui valident une transaction et créent les blocs en appliquant les règles de la Blockchain afin qu’ils soient « acceptés » par la communauté.

Lorsque la Blockchain concerne des données à caractère personnel, la loi N°2013-450 relative à la protection des données à caractère personnel en Côte d’Ivoire s’applique. L’architecture et les caractéristiques propres des Blockchains vont toutefois avoir des conséquences sur la manière dont sont conservées et traitées les données personnelles. L’impact de la Blockchain sur la protection des données personnelles appelle donc une analyse spécifique.

(Source : ICT4Africa, 9 octobre 2019)

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