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« L’offre en mode SaaS permettra de s’adresser à des organisations de tailles intermédiaires »

lundi 14 mai 2012

Applications

Véritable trait d’union entre les process métiers RH et les systèmes d’information, des Systèmes et des Hommes est une société de conseil en informatique fondée et dirigée par Pap’Amadou Ngom. Dans cette interview, il nous explique l’évolution des progiciels RH, notamment avec l’arrivée du cloud et les relations entre la fonction RH et la DSI.

Comment se porte S&H dans un contexte marqué par la morosité économique ?

Pap’Amadou Ngom : Plutôt bien. Cette année, nous avons connu une forte croissance de nos activités. Notre chiffre d’affaires a cru de plus de 30% sur l’année 2011. Il est ainsi passé de 15,5 M euros à plus de 20 M euros. Nous avons toujours une forte présence en France et en Suisse, avec des activités offshore que nous menons en Inde. Nous sommes spécialisés dans la gestion et la mise en œuvre de progiciels de gestion des systèmes d’information RH et des systèmes d’information comptables et financiers pour les grands groupes avec la particularité de développer des systèmes conçus autour de l’environnement PeopleSoft et des outils en Saas.

Est-ce que vous avez une présence en Afrique ?

PAN : Malheureusement, nous ne sommes pas encore présents sur le continent africain. Ce n’est pas par manque d’intérêt mais c’est plutôt lié à la nature même de nos prestations. Notre champ d’intervention se limite qu’aux grandes organisations de tailles mondiales. Nos principaux clients sont des entreprises du CAC 40 en France, de grands groupes internationaux en Suisse et des organismes des Nations unies.

Nous nous sommes déjà intéressés à des appels d’offres internationaux émis par de grands groupes comme Sonelgaz en Algérie, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, l’OCP au Maroc ou encore la Banque africaine de développement. Le développement rapide des solutions RH via le cloud rend les systèmes encore plus performants et surtout accessibles à des entreprises de taille intermédiaire. Cela nous donne l’opportunité d’élargir notre cible et devrait nous permettre d’adresser nos offres à davantage d’entreprises et autres administrations en Afrique.

L’année 2011 a été marquée par une redistribution des cartes avec la course vers le cloud. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

PAN : En octobre dernier, Oracle, rival de SAP, avait déboursé 1,5 milliard de dollars pour le rachat de Rightnow Technologies, une firme spécialisée dans le cloud computing. Oracle a annoncé récemment le rachat de Taleo. Pour les RH, la tendance consiste à apporter des solutions hébergées disponibles partout dans le monde avec une bonne maitrise des problématiques de sécurisation des accès, de disponibilité des systèmes etc. Nous avons développé une expertise sur le marché de l’intégration des logiciels RH dans les grandes entreprises avec les solutions de l’éditeur Taleo. D’ailleurs Taleo a été racheté par Oracle juste après que Succesfactor soit racheté par SAP. Finalement, dans ce mouvement, Cornerstone reste l’un des rares acteurs indépendants spécialisé dans la conception de logiciels fonctionnant en mode SaaS. Ces différentes acquisitions ont lancé la course vers le cloud computing qui permet de proposer des services de manière dématérialisée grâce à l’agilité offerte par le SaaS. Il faut également comprendre que l’informatique des grandes entreprises ne peut pas migrer à 100% vers le cloud même si les briques du cloud commencent à avoir une part significative. Après cette phase de transition, il risque de se poser plusieurs problématiques dont notamment celles liées à l’interopérabilité des systèmes pour garantir la cohérence des données et l’unicité de l’information. Il faudra aussi faire face à la juxtaposition d’une partie du système hébergée en Cloud et de l’autre partie qui restera chez le client. Cela risque de poser des problèmes de doublons dans la saisie d’informations stratégiques dans deux bases de données différentes. Comment assurer la cohérence et l’intégrité des données, reste une question fondamentale pour les entreprises. La complexification des systèmes permettra inévitablement aux DSI de reprendre le contrôle des systèmes RH. Ce retour des « systèmes » vers l’informatique, observé dans la gestion des ressources humaine, est aussi valable pour les autres métiers de l’entreprise (CRM, etc.)

Vous avez donc aligné votre offre de services grâce à ces nouvelles tendances ?

PAN : Effectivement, nous proposons aux DSI et au DRH, de prendre en compte les problématiques métiers mais également apporter l’expertise technologique. Tout l’enjeu consiste à rapprocher la démarche métier à la démarche IT. Dans le dialogue entre DSI et DRH, il y a souvent un décalage. La compréhension des process métier et des enjeux par rapport à l’alignement stratégique est souvent perçue différemment. Notre filiale Talentys, spécialisée dans la gestion des talents et l’assistance maîtrise d’ouvrage (AMOA) SIRH permet à nos clients de tirer le meilleur des systèmes d’information RH.

Comment la relation entre DSI et DRH a-t-elle évolué durant ces dernières années ?

PAN : Il y a eu deux phases : une première qui a commencé au début des années 80. Durant cette période, les systèmes d’information RH reposaient essentiellement sur des problématiques de paie et de gestion administrative des collaborateurs. Cette tendance a évolué car les directions générales commençaient à s’intéresser plus aux aspects qualitatifs de la RH, désormais considérés comme plus stratégiques pour l’entreprise. La paie en soit n’est pas stratégique pour l’entreprise. Bien que payer en temps et en heure ses salariés soit important, on ne peut pas considérer que cela apporte un quelconque avantage au business. En revanche, attirer les bons candidats, optimiser la gestion de leurs carrières en intégrant les problématiques de formation et de succession, analyser leurs performances et gérer les aspects de rémunération et avantages (Compensation & Benefits) sont devenus les enjeux majeurs pour les RH depuis le début des années 2000. On a alors vu apparaitre les premiers ERP pour optimiser cette gestion qui apporte toute la valeur à l’entreprise. Les DSI avaient un rôle essentiel pour installer les systèmes, les administrer et les gérer. L’apparition d’éditeur comme Taleo avec des offres en mode Saas a permis aux DRH de s’affranchir des contraintes fixées par les DSI notamment dans les domaines techniques. Les DRH ont parfois cru qu’un projet SaaS n’était pas un projet informatique. En réalité, c’est tout le contraire. A un moment ou à un autre, il faut intégrer le SaaS dans le système d’information de l’entreprise, lequel est sous la supervision de la DSI qui, dans ses missions se doit de garantir la cohérence et l’intégrité des données, l’interopérabilité des applications et la sécurité du système d’information. On voit bien que le fil du dialogue entre la direction métier et la DSI ne peut être coupé. Avec une double compétence à la fois informatique et RH, nos équipes interviennent dans les entreprises pour concilier. Nous leur proposons d’intégrer la compréhension et la connaissance des métiers informatiques aux contraintes exprimées par les RH, afin de permettre à ces derniers de jouer leur rôle de business partner des directions opérationnelles.

Propos recueillis par Mohamadou Diallo pour le magazine CIO Mag n° 21

(source : Agence Ecofin, 14 mai 2012)

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