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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2009 > Septembre > L’Amms bat le rappel des troupes : Concert de protestations contre Sidy (…)

L’Amms bat le rappel des troupes : Concert de protestations contre Sidy Lamine Niass

vendredi 4 septembre 2009

Propriété intellectuelle

Lorsque la corporation est en danger, on cesse d’être « des vendeurs de rêves » pour s’assurer son existence artistique. La communauté artistique a battu hier le rappel des troupes pour affronter le patron du Groupe Walfadjri.

La scène était sans guitare ni tam-tam, mais elle était animée par des verbes qui expriment un désarroi. Hier, chanteurs tous styles confondus, instrumentistes, producteurs, ont bravé la chaleur pour se retrouver en masse au Just 4 U où l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Amms) les avait conviés à une conférence de presse pour donner une suite à la bataille judiciaire qui l’oppose au Président directeur général (Pdg) du groupe Walfadjri, Sidy Lamine Nias­se.
Comme il s’agit de lutte, le Se­crétaire général de l’Amms, Guissé est promu maître de cérémonie.

Visiblement outré par la dernière ordonnance du juge autorisant Walf télé et radios à émettre, Guissé Pène ouvre le spectacle sur un ton guerrier. « Le juge a délivré à Sidy l’ordonnance de la honte. Je me demande sur quel pied danse la Justice de mon pays. » Sa voix accroche mais manque musicalement de saveur malgré l’intervention du guitariste Cheikh Tidiane Tall. « Nous saurons si la Justice de notre pays est commandée par d’autres pouvoirs ou pas », dit-il avant de passer le micro à Idrissa Diop. Vêtu d’un blazer sombre assorti d’une casquette, ce maître de la World music peine à trouver réponse à l’interpellation de son prédécesseur. « Sidy Lamine Niasse est-il au dessus de la loi », s’interroge-t-il.

C’est la directrice de Prince Art, Ngoné Ndour qui essaie d’esquisser une réponse. « Le problème demeure que nous exerçons un métier qui n’est pas encore considéré comme une profession », regrette-t-elle. Ce qui est d’autant plus désarçonnant, selon Matador, c’est la campagne de dépréciation de l’image de l’artiste à laquelle s’est lancé le Pdg de Walf. « Sidy a véritablement touché notre orgueil. Il remet en cause fondamentalement l’estime que nous doit la société », fustige ce old school du mouvement Hip Hop.

Les mesures s’enchaînent et souffrent d’un défaut d’arrangement. Et le bassiste du Super étoile Abib Faye tente de ramener quelques pincées de concordance dans les notes  : « S’il s’interdit de diffuser les œuvres protégées par le Bureau sénégalais des droits d’auteur, il doit éviter d’utiliser le moindre jingle dans ses émissions encore moins la musique religieuse et même d’ailleurs parce que tout est protégé par le Bsda », prévient l’instrumentiste sous le regard souteneur de son collègue soliste Jimmy Mbaye.

La symphonie ne susciterait guère d’émotion sans une voix féminine. Pour ce faire, Arame Thioye, l’une des panélistes vise tous les médias qui ne s’acquittent pas du paiement des droits d’auteur. Le moment est venu pour le président de l’Amms, par ailleurs Président du conseil d’administration du Bsda de rappeler la bonne volonté des au­tres organes de presse d’honorer leurs dettes.

Birame Faye

(Source : Le Quotidien, 4 septembre 2009)


Confusion juridique

A propos de l’audience accordée au comité de veille par le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, la communauté artistique estime que le Premier ministre « s’est trompé de forme dans la démarche ». « Nous lui avons fait savoir que c’était maladroit de rencontrer Sidy Lamine Niasse avant le Bsda. Cela participe à la fragilisation de l’institution chargée de veiller sur le respect de la propriété intellectuelle », explique le Pca du Bsda, Aziz Dieng, faisant le compte rendu au public.
Mais le problème est devenu judiciaire. Revenant sur le processus ayant abouti à la suspension du signal à Walfadjri, la directrice du Bsda Mme Siby, explique  : « J’ai déposé une requête le 12 juillet dernier. L’ordonnance du juge exigeait de Sidy Lamine qu’il paie toutes ses arriérées depuis 2004 sous risque d’une suspension (même forcée) du signal. » Le revirement de la situation a surpris plus d’un artiste.

Du coup, les différents leaders vocaux de cette conférence de presse se rangent derrière l’avocat Me Cheikh Fall. « Nous nous sommes basés sur la loi sur les droits d’auteurs de 1973 pour ester en justice, étant donné que la loi votée en 2008 n’est pas encore en vigueur faute de décret d’application. A ma grande surprise, le juge des référés qui avait ordonné la suspension du signal, me convoque en une demi heure pour casser la première décision en faisant référence à la dernière loi qui n’est pas encore en vigueur. Ce qui est juridiquement impossible », défend-t-il.

Mme Siby ajoute, à propos de l’ordonnance brandie par le patron de Walfadjri lors sa conférence de presse, faisant état d’une affaire encore pendante devant la Justice et qui doit être vidée le 18 novem­bre prochain, qu’« il s’agit d’une autre affaire suite à une plainte il y a quelques années. C’est de l’intoxication ». En tout état de cause, les artistes sont déterminés à recouvrer leurs droits. Déjà le comité de veille a rencontré la Cap 21, Bennoo Siggil Senegaal et tant d’autres dignitaires du pays, pour un concert de protestations beaucoup plus populaire.

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