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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2011 > Décembre > L’Afrique : Le nouvel eldorado pour les télécommunications

L’Afrique : Le nouvel eldorado pour les télécommunications

jeudi 22 décembre 2011

Politiques africaines

L’Afrique, véritable réservoir de croissance, a connu durant cette dernière décennie, une explosion du marché des télécommunications, notamment grâce à la téléphonie mobile. Pour autant, ce continent qui absorbe ainsi un bon nombre de révolutions technologiques, demeure une des principales régions dans le monde où beaucoup reste à faire spécialement en matière d’accès au haut débit.

Selon le rapport annuel mondial 2008 de l’Institut des télécommunications et de l’audiovisuel en Europe (Idate), le marché des télécommunications en Occident avance désormais moins vite que dans les pays émergents avec une croissance de +3,4% en Europe, +2,9% en Amérique du Nord, +6,2% en Asie-Pacifique contre une moyenne de +10% en Amérique latine et +13,5% en Afrique et Moyen-Orient. Ainsi, ce marché connaît ces dernières années, en Afrique, un vrai bond en avant grâce en particulier à l’explosion de la téléphonie mobile. Selon une étude de la Banque mondiale, 10% de croissance de pénétration mobile engendre une croissance de 1,2% du PIB d’un pays d’Afrique subsaharienne. Et d’une manière générale, l’investissement privé dans le secteur des télécoms a représenté sur le continent africain, entre 2004 et 2007, en moyenne 1,3% du PIB, soit l’équivalent de 11,5 milliards de dollars. Véritable source de croissance économique et de développement, ce secteur a donc indubitablement pris une importance significative dans l’économie de la plupart des pays africains où il représente globalement 5% du PIB. Le marché des télécoms est ainsi devenu une des plus importantes sources de revenus fiscaux sur le continent (11% au Tchad, 10% au Congo et 9% au Cameroun) avec des répercussions à tous les niveaux des sociétés africaines. À commencer par l’emploi.

La révolution avec les TIC

Les retombées du développement des télécommunications sont en effet particulièrement et directement perceptibles à travers les milliers d’emplois créés, notamment par les grands groupes internationaux comme Orange, MTN, Orascom, Bharthi-Zain, Vodacom, qui convergent en masse vers ces nouvelles technologies très rentables. Selon Frontier Economics, une des principales sociétés de conseil en économie en Europe, le secteur des télécoms a fait travailler, en 2007, 3,5 millions de personnes en Afrique. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) jouent également un rôle indéniable au niveau social dans le domaine de l’éducation et de la santé en particulier. Au niveau éducatif par exemple, les TIC ont favorisé l’enseignement à distance qui permet de combler les besoins en enseignants et de lutter contre un des taux d’alphabétisation les plus faibles au monde. Ainsi, l’Université Virtuelle Africaine, créée en 1997, a formé près de 9000 scientifiques, ingénieurs et techniciens.

Dans le secteur de la Santé, ces nouvelles technologies peuvent, de manière générale, subvenir à de nombreux besoins, en améliorant notamment l’échange de données et la communication à distance, permettant ainsi des gains de productivité significatifs. On peut ainsi citer les cas de la Téléradiologie au Mali ou la Télé-diagnostic en Égypte, des outils de gestion des diagnostics à distance permettant aux médecins, entre autres, d’identifier les patients à suivre pour la surveillance de certaines maladies. Ces outils qui permettent de gagner du temps aussi bien aux médecins qu’aux patients en évitant des déplacements inutiles, ont un effet double dans la mesure où ils compensent d’une part, le peu de personnel soignant et d’autre part, la difficulté de transport pour les patients et les médecins sur le continent africain.

En outre, le développement des TIC en Afrique a été particulièrement soutenu par le boom de la téléphonie mobile qui enregistre depuis 2002, « la croissance la plus rapide au monde (soit 49,3% contre 7,5% de taux de croissance annuel pour le marché français, 28% pour le Brésil et 27,4% l’Asie) en dépit d’un coût de production élevé », selon une étude de 2009 commandée par l’un des principaux cabinets d’audit au niveau mondial, Ernst & Young. De même, le taux moyen de pénétration du mobile en Afrique, qui se situe à 37%, pourrait passer à 61% d’ici à 2018. Une autre étude menée cette fois-ci par l’IFRI, principal Centre indépendant de Recherche, d’Information et de débat sur les grandes questions internationales, démontre que le taux de couverture GSM est passé de 10% en 1996 à 80% en 2010 et l’Afrique est passée de 51,8 millions de souscripteurs en 2003 à 360 millions en 2010. Ce succès est dû au fait que la téléphonie mobile apparaît comme la technologie qui s’adapte le mieux aux contraintes inhérentes au continent africain.

Internet : un marché très prometteur

Cependant, si le développement de la téléphonie mobile a été un véritable catalyseur de progrès dans le secteur des télécommunications en Afrique, il n’en est pas de même pour le développement d’Internet qui reste encore très en retard en matière d’accès à haut débit. En effet, le continent africain avec ses 5,5% d’utilisateurs d’internet en 2008 (des chiffres à nuancer, car si l’on retire les pays du Maghreb et l’Afrique du Sud, ce chiffre serait plus faible) et ses 7% de taux de pénétration d’Internet (1% pour le haut débit), est la région la plus en retard dans ce domaine. Ce qui fait de l’Afrique, un des derniers endroits dans le monde présentant un énorme potentiel de développement avec de belles perspectives de croissance économique, car il reste encore beaucoup à faire dans ce secteur. Ce marché connaît ainsi, ces dernières années, une véritable ruée vers l’or de la part des grands opérateurs étrangers persuadés que la révolution internet en cours sur le continent (grâce notamment à l’Internet mobile) sera bientôt une source de profit remarquable. Les leaders internationaux comme France Télécom ou Vodafone se livrent donc une bataille impitoyable pour avoir chacun sa part du gâteau sur ce marché très promoteur et en pleine effervescence. En effet, grâce à la multiplication des câbles sous-marins en fibre optique (un seul câble sous-marin en janvier 2009 contre 14 d’ici mi-2012), qui accélèrent et augmentent la capacité et la vitesse de connexion, l’Afrique est désormais moins dépendante des satellites.

Vitraulle Mboungou

(Source : Afrique expansion, 22 décembre 2011)

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