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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Juillet 2018 > Kenya : des ballons stratosphériques pour fournir l’accès à Internet dès (…)

Kenya : des ballons stratosphériques pour fournir l’accès à Internet dès l’année prochaine

vendredi 27 juillet 2018

Infrastructures

L’opérateur Telkom Kenya se servira dès l’année prochaine d’un réseau de ballons gonflés à l’hélium, conçu par la filiale « X » de Google, pour offrir une couverture internet aux régions les plus isolées du pays. Lancé en 2011, le projet consiste à faire léviter des ballons munis d’une antenne au-dessus des zones à couvrir, afin de transmettre du réseau : chaque ballon est en mesure de fournir une zone de 3200 kilomètre carré, et pourrait apporter de la connexion à plus de la moitié de la population mondiale n’ayant toujours pas accès à Internet.

Flotte de ballons

À la longue, l’objectif du projet Loon est de lancer et d’entretenir une flotte de ballons visant à fournir une couverture Internet aux utilisateurs au sol. La société X a ainsi conçu des lanceurs automatiques capables de projeter de manière sûre et régulière un nouveau ballon toutes les 30 minutes. Depuis le début du projet, les vols d’essai ont parcouru plus de 25 millions de kilomètres à ce jour. Le record est détenu par un ballon qui a tenu pendant 190 jours dans la stratosphère.

Ils évoluent à environ 20 km au-dessus de la surface de la Terre, dans la stratosphère, bien au-dessus des phénomènes météorologiques, de la faune et des avions. Pour amener les ballons là où elles le souhaitent, les équipes du Projet Loon utilisent des prévisions modélisées des vents et des algorithmes de prise de décisions pour faire monter ou descendre chaque ballon dans la couche de vent soufflant dans le bon sens. En se déplaçant avec le vent, les ballons peuvent offrir une couverture aux endroits nécessaires.

  • Les émetteurs récepteurs transmettent la connectivité depuis les stations au sol, entre les ballons et jusqu’aux téléphones des utilisateurs.
  • Les panneaux solaires alimentent l’équipement pendant la journée et chargent une batterie intégrée pour permettre un fonctionnement nocturne.
  • Le parachute se déploie automatiquement à la fin du vol d’un ballon pour une descente sûre vers la Terre.
  • La capsule de vol contient le système central de contrôle du ballon Loon.

4 milliards d’utilisateurs potentiels

La connexion Internet haut débit est transmise au ballon le plus proche par l’intermédiaire d’un partenaire de télécommunications au sol, en l’occurrence Telkom Kenya pour ce premier lancement. Elle est relayée sur le réseau de ballons, puis redirigée vers les utilisateurs au sol. La société X a prouvé la possibilité d’une transmission de données entre des ballons séparés de plus de 100 km dans la stratosphère, ainsi que la retransmission de ces données vers les personnes au sol avec des vitesses de connexion allant jusqu’à 10 Mbit/s, directement sur leur téléphone LTE.

Pour les géants du Web, les 4 milliards d’humains encore privés d’internet représentent une manne de clients considérable. Avec son projet de drone Aquila, Facebook avait lui aussi tenté de connecter des régions reculées. Mais la firme a finalement abandonné le projet pour se concentrer sur les logiciels de distribution.

Le Kenya est déjà, à ce jour, l’un des pays les mieux connectés d’Afrique avec un taux de pénétration d’Internet avoisinant les 77%, selon l’autorité nationale des communications. Mais dans les montagnes, à plus de 5 000 mètres d’altitude, il existe encore de nombreuses zones blanches. Le contrat, accueilli avec enthousiasme par de nombreux opérateurs téléphonique, suscite aussi des inquiétudes. Notamment la crainte de l’établissement d’un monopole, dont Google a le secret. Si les prix s’avèrent trop élevés pour l’utilisation de la technologie Loon, les utilisateurs n’auront pas de concurrents vers qui se tourner. Une vraie problématique en Afrique, où 1 Go de données mobile revient en moyenne à 18% du revenu mensuel du continent.

Marion Delpech

(Source : La Tribune Afrique, 26 juillet 2018)

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