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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2016 > Mai 2016 > Journée mondiale des télécommunications : Les entrepreneurs sociaux du (…)

Journée mondiale des télécommunications : Les entrepreneurs sociaux du secteur des TIC abandonnés par le Gouvernement

mardi 17 mai 2016

Mouvement consumériste

La Journée mondiale des télécommunications et de la société de
l’information célébrée chaque année le 17 Mai, a pour thème en 2016 :
« ­*L’entreprenariat dans le secteur des TIC au service du progrès
social*­ ». Par cette initiative, l’Union Internationale des
Télécommunications (UIT) tente de libérer le potentiel des jeunes
entrepreneurs dans le secteur des technologies de l’information et de la
communication (TIC) pour mettre au point des solutions innovantes et
concrètes en vue d’accélérer les progrès sociaux.

L’entreprenariat social constitue un gage d’efficacité économique au
service de l’intérêt général, de la collectivité. En effet, le but
d’un entrepreneur social est de participer au progrès social, la
rentabilité financière n’étant pas une fin en soi. Aussi, les outils
classiques de gestion de projet et les principes entrepreneuriaux utilisés
pour créer et gérer une entreprise deviennent-ils des facteurs
d’amélioration de la vie sociale. Pendant que l’entrepreneur classique
mesure sa performance dans la maximalisation du profit, l’entrepreneur
social, lui,­ se concentre plutôt sur les retombées sociales de son
projet. Et la finalité primordiale d’entreprendre pour l’un devient
secondaire pour l’autre.

L’Association Sénégalaise des Utilisateurs des TIC, ayant, entre autres
missions, la promotion d’une industrie des télécommunications responsable
et innovante porteuse de progrès social et la sensibilisation des décideurs
sur l’importance de l‘entreprenariat social dans le secteur des TIC et
des télécoms, réaffirme avec force sa position de veille sociétale.

L’enjeu est de créer un véritable écosystème numérique qui puisse
permettre l’éclosion et le développement d’entrepreneurs sociaux
sénégalais plutôt que de se tourner vers l’étranger pour l’achat de
solutions qui ne répondent pas forcément à nos problèmes et surtout à
nos intérêts sur le long terme.­ Certes, il y a toute une série
d’entreprises qui se battent au jour le jour et beaucoup de jeunes
entrepreneurs sociaux qui innovent à la tête de start-up. Toutefois,
leurs moyens sont souvent limités et l’Etat ne les accompagne pas
suffisamment. Quant aux banques, elles proposent des conditions d’octroi du
crédit souvent dissuasives. Comment alors trouver alors les moyens ou de
potentiels bailleurs pour financer ma start-up ? Telle est l’équation
que doit résoudre tout entrepreneur social, notamment dans le domaine des
TIC. L’écueil financier est souvent insurmontable. L’écrasante
majorité des entrepreneurs sociaux (jeunes ou étudiants) est livrée à
elle-même. La seule alternative qui s’offre à ces entrepreneurs sociaux,
c’est de recourir le plus souvent à l’autofinancement, sachant que leurs
moyens sont souvent très limités.

L’univers des entreprises évoluant dans les TIC souffre de l’absence
d’un modèle économique qui pourrait attirer les bailleurs et les banques.
En dehors de la société de Conseil en Technologies de l’Information et de
la Communication (CTIC), des initiatives des opérateurs Orange (Prix de
l’Entrepreneur Social) et Tigo (Challenge pour l’entreprenariat), ou
encore Le Challenge « Startupper de l’Année par Total, l’entreprenariat
social poursuit son chemin de croix­ ; le gouvernement brille par son
inaction. Certes, il y a eu le Grand Prix pour l’innovation en 2014,
organisé par le Fonds de Développement du Service universel des
Télécommunications (FDSUT). Mais depuis, aucun accompagnement des
entrepreneurs sociaux n’a été noté, malgré les milliards qu’il gère
au nom du peuple Sénégal. On est loin de la Cote d’Ivoire où le
gouvernement a créé un Fonds doté de 500 millions pour soutenir les
entrepreneurs sociaux rien que pour l’année 2016. Aussi, n’est-il pas
surprenant que Le Global Entrepreneurship Index (GEI) 2015, qui mesure
l’écosystème entrepreneurial dans 130 pays, classe le Sénégal parmi les
derniers au monde, loin derrière le Kenyan, l’Ile Maurice, le Rwanda, le
Ghana et le Cap Vert.

Les problèmes des entrepreneurs sociaux sont identifiés depuis fort
longtemps. Toutefois, nous sommes au regret de constater, qu’au-delà des
beaux discours de circonstance, il n’y a jamais d’actes concrets. On
constate plutôt un pilotage à vue, caractérisé par des errements, des
tâtonnements et des annonces de projets épars sans aucune cohérence. Il
n’existe même pas une politique d’identification claire des résultats
attendus en termes d’impacts positifs sur les populations sénégalaises.
Cette situation a pour résultat la stagnation d’un secteur qui, compte
tenu de ses potentialités et de l’importance des TIC, pourrait être le
moteur du développement du Sénégal. Il n’y a aucune stratégie, pas plus
de dispositifs pour favoriser l’éclosion des talents, ainsi que la
pérennisation des entreprises sociales dans le secteur des TIC. Et nous
sommes au regret de constater que l’ARTP sponsorise plus facilement un
combat de lutte ou une comédie show à la télévision plutôt qu’un
projet d’un jeune entrepreneur social à fort impact social, il y a de quoi
désespérer de nos autorités. Et last but not least les fonds du Service
universel, qui devaient servir à financer le secteur, continuent d’aller,
à 95%, au Fonds de Soutien à l’Energie malgré la baisse substantielle du
baril de pétrole. Une telle situation d’abandon des jeunes entrepreneurs
sociaux, pour un pays confronté au douloureux problème du chômage des
jeunes diplômés, poussant à l’exil les talents les mieux formés,
devrait inquiéter plus d’un.

L’Association Sénégalaise des Utilisateurs des TIC (ASUTIC)­ :

  • Lance un appel au gouvernement de mieux soutenir le secteur privé national afin qu’il puisse contribuer davantage au développement national des TIC­ ;
  • Sollicite du gouvernement la création d’un Fonds pour l’innovation qui permettrait de soutenir les entrepreneurs sociaux dans le secteur des TIC­ ;
  • Demande au gouvernement un soutien plus important au CTIC afin qu’il puisse davantage contribuer à la détection,­ à l’éclosion des talents numériques et promouvoir l’entreprenariat social. Aussi avec l’appui des autorités des bureaux régionales, voire départementales du CTIC sont plus qu’une nécessité­ ;
  • Invite son Excellence, Monsieur le Président de la République à abroger le décret n° 2011-311 du 7 mars 2011 instituant une taxe parafiscale dénommée Contribution au Développement du service universel des Télécommunications et du secteur de l’Energie (CODETE)­ ;
  • L’invite également à modifier le décret n° 2012-320 du 29 février 2012 portant Service Universel, afin de permettre qu’un représentant des associations de consommateurs puisse intégrer le Comité de Direction du FDSUT, conformément aux dispositions de l’article 14 du décret n° 2007-593 du 10 mai 2007 portant création du FDSUT.
  • Lance un dernier appel au gouvernement afin de garantir le fonctionnement transparent du FDSUT, conformément aux principes de bonne gouvernance et aux meilleures pratiques de gestion.

Fait à Dakar, le 16 Mai 2016
Le Président Ndiaga Guèye

(Source : ASUTIC, 17 mai 2016)

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