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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Mars 2021 > Ismahill Diaby, DG Afrique de l’Ouest et Centrale de Visa : « Nous (…)

Ismahill Diaby, DG Afrique de l’Ouest et Centrale de Visa : « Nous collaborons avec les Etats pour la réalisation de leurs objectifs de digitalisation »

jeudi 25 mars 2021

Portrait/Entretien

Leader mondial des transactions monétaires digitales, Visa a mis en place un système pour renforcer la sécurité des paiements en ligne. Mais pas que. Puisque dans cette interview, Ismahill Diaby, DG Afrique de l’Ouest et Centrale de VISA dévoile les stratégies de cette multinationale pour aider aussi bien les Etats que les PMEs à atteindre leurs objectifs de digitalisation dans un environ économique fortement marqué par la crise de la Covid-19.

Avec le ralentissement de l’activité économique et financière dû à la crise sanitaire, bon nombre d’entreprises ont dû se réinventer pour ne pas sombrer. Quelle est la stratégie mise en place par Visa pour atteindre ses objectifs ?

Visa a très rapidement pris conscience des changements liés à la pandémie et met un point d’honneur à développer des solutions durables pour pallier aux pertes qu’ont connues un bon nombre d’entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises. L’une des solutions que nous avons développées est le portail « Where You Shop Matters » ; une initiative qui encourage les consommateurs à réfléchir à la manière dont ils achètent, dont ils paient au sein de leurs communautés, et les petits commerçants à la manière dont ils vendent. Les petites entreprises constituent l’épine dorsale de notre économie. Elles apportent non seulement des emplois et de l’innovation aux communautés locales ; elles mettent à disposition la liquidité qui contribue également à l’économie nationale. Plus que jamais, nous devons soutenir ces entreprises et les aider à croître et à s’adapter aux nouvelles réalités pour rester actives à l’avenir.

Avec les restrictions sociales imposées par la Covid-19, les échanges commerciaux se sont fortement digitalisés d’où un boom du commerce numérique. Ce qui a donc évidemment entrainé un accroissement du volume des paiements en ligne. Comment Visa se porte-t-il financièrement surtout quand on sait que cette nouvelle donne a forcément entrainé l’apparition d’entreprises qui offrent les mêmes services ? Quelle est votre part de marché ?

En ce qui concerne Visa, notre expertise et notre expérience nous permettent de conserver la confiance de nos clients et de prouver notre agilité à créer des initiatives innovantes afin de nous permettre de continuer à fonctionner dans différents contextes, mais surtout pour apporter des solutions adaptées aux attentes des consommateurs et marchands de l’écosystème Visa. Tout l’enjeu pour nous est de développer de nouvelles solutions viables et sécurisées qui nous permettent de nous diversifier et de nous adapter à la situation sanitaire actuelle.

La pandémie de Covid-19 a provoqué une flambée sans précédent des transactions de commerce électronique, de plus en plus de consommateurs choisissant de faire des achats en ligne. Les détaillants physiques sont susceptibles de suivre les dernières tendances en ayant une présence en ligne plus forte, en particulier autour du e-commerce. C’est pourquoi nous avons choisi de soutenir les entreprises africaines qui cherchent à faire cette transition en développant leurs activités en ligne. Visa, durant cette période ,continue d’être le leader du paiement dans la région.

Le boom du e-commerce a également décuplé l’ingéniosité des cyber-arnaqueurs. Quelles sont donc les stratégies que vous avez mises en place pour mieux protéger les données personnelles de vos clients ?

Visa, les institutions financières et les fournisseurs de solutions de paiement travaillent dur afin d’assurer la sécurité des paiements. Ceci s’effectue en utilisant plusieurs couches de sécurité pour prévenir la fraude, protéger les données et aider les potentielles victimes à sécuriser leur argent en cas d’utilisation frauduleuse de leurs cartes. Les criminels abusent des consommateurs en les incitant à partager leurs informations personnelles ou financières qu’ils pourront par la suite utiliser pour commettre des actions illicites. C’est pourquoi nous pensons que l’éducation des consommateurs est essentielle dans la lutte contre la fraude. Nous souhaitons les aider à repérer les activités frauduleuses, et protéger leurs informations sensibles d’autant que les paiements s’effectueront de plus en plus de manière digitale. Un article dénommé « Faites vos achats en ligne en toute sécurité en suivant ces conseils de Visa » que j’ai rédigé en 2020, durant la crise sanitaire, apporte des conseils aux utilisateurs sur la sécurisation de leurs données personnelles lors d’un achat en ligne.

Avec l’armada technologique que vous déployez pour corser le système de sécurité des paiements en ligne, devons-nous également classer Visa dans la catégorie des Fintech ?

Nous travaillons avec un large éventail de partenaires, notamment du secteur de la fintech. Aujourd’hui, toute structure a le devoir d’être à la pointe de la technologie dans son secteur, afin de proposer les services les plus performants à ses consommateurs. C’est dans ce but que nous avons constitué un écosystème de fintech autour de Visa. Nous avons d’ailleurs un programme « Fintech Fast Track », dans lequel nous facilitons pour nos partenaires fintech l’accès à la plateforme Visa et aux étapes du paiement indispensables au développement d’un projet, y compris les futures formes de paiement. C’est l’un des avantages majeurs de la fintech : l’anticipation. Nous travaillons avec certaines des Fintechs les plus innovantes au monde telles que Weblodgy, Sycapay et Djamo.

Visa a-t-elle une politique d’inclusion financière ? Si oui, quel est son impact ? Quel est le rapport nombre d’emplois créés sur Total bilan ? Ainsi que le rapport Engagements sur capitaux ?

Développer l’inclusion financière en Afrique est notre défi. Visa collabore avec les Etats dans la rédaction de leur stratégie nationale d’inclusion financière et collabore étroitement avec eux pour la réalisation de leurs objectifs de digitalisation.

Le réseau mondial de Visa est également une plateforme solide visant à faire progresser l’inclusion financière et favorisant l’interopérabilité entre les institutions financières et les sociétés de téléphonie mobile au travers notamment de notre collaboration avec les fintechs.

En permettant à des personnes d’entrer dans un système financier structuré, nous améliorons des vies et renforçons les économies mondiales. Nous investissons massivement dans le développement de solutions qui ont pour objectif de faciliter la vie et l’expérience de paiement de nos concitoyens et surtout pour ceux vivant dans des zones reculées.

Ces actions que nous menons ayant pour objectif d’aider les entreprises et notamment les petites et moyennes entreprises à prospérer permettent à terme des créations d’emplois non seulement chez les partenaires Fintech mais aussi chez les commerçants acceptant les paiements digitaux.

En Afrique, notre but est de permettre aux particuliers et aux entreprises de pouvoir accéder à des moyens de paiement et d’autres services financiers sûrs, pratiques et abordables, et pouvoir les utiliser pour leurs besoins quotidiens ainsi que leurs objectifs à long terme.

Nous développons des solutions qui s’adaptent aux spécificités locales afin qu’elles deviennent des outils pour faciliter le quotidien de nos consommateurs. Un exemple pertinent dans nos régions est l’accès à des services d’envoi et de réception d’argent.

En Côte d’Ivoire, nous avons récemment fourni au gouvernement ivoirien la solution de la “Carte prépayée des missions”, à l’attention des fonctionnaires, afin de sécuriser les fonds mis à disposition des agents de l’État lors de leurs déplacements, de prévenir les urgences, d’éliminer les opérations de change etc… Cette carte en somme vise à faciliter les missions à l’étranger des fonctionnaires et agents de l’État.

Mireille Patricia Abié

(Source : Financial Afrik, 25 mars 2021)

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