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Il était une fois au Sénégal, les télécentres...

samedi 20 novembre 2010

Télécentres/Cybercentres

Bien avant que les téléphones portables ne débarquent en grande quantité au Sénégal, seuls quelques nantis pouvaient se targuer d’en posséder. D’abord parce que le portable coûtait cher en plus le prix de la communication était assez élevé du fait qu’il n’existait qu’un seul opérateur( Alizé devenu entre temps Orange). La preuve, il fût une époque où la puce valait 5000 fcfa alors que maintenant elle ne coûte plus que 1000 fcfa. Aussi, les moins nantis, n’ayant pas assez d’argent pour avoir le téléphone fixe à domicile et encore moins pour s’offrir les service d’un cellulaire se sont retournés vers les télécentres.

Un télécentre est un petit local aménagé spécialement pour passer un coup de fil. En accord avec l’opérateur (Sonatel à l’époque), les gérants mettent deux voire trois téléphones fixes à la disposition de potentiels clients qui veulent passer un appel. Le télécentre est donc une sorte de cabine téléphonique ; d’ailleurs chaque appareil est muni d’un compteur pour calculer la durée de l’appel et ainsi la somme à payer. A cette époque, vers les années 2000, l’unité était à 75 fcfa, donc à la portée de tout le monde. Ce petit commerce a rencontré un franc succès puisque c’est souvent le voisin du quartier qui est le gérant. Aussi les télécentres se sont-ils multipliés à travers tout le pays. Mais ce qui devait arriver arriva.

Comme on n’arrête pas le progrès, ce qui était inaccéssible il y a une décénie est maintenant à la portée de tout le monde. Bien sûr la marque, la qualité et le prix diffèrent encore, mais le portable n’est plus l’objet de luxe réservé uniquement aux hommes d’affaire et autres personnes riches. Maintenant même les adolescents en possèdent. Malheureusement les télécentres n’ont pas pu résister à cette vague numérique. De nos jours il est difficil, voire impossible de trouver un télécentre ouvert. Tous ont formé leur porte à cause des portables qui ont fini d’inonder le marché. Avec l’arrivée massive des cellulaires, de nouveux opérateurs ont fait leur apparition comme Tigo ou encore le dernier venu Expresso. Se livrant une concurrence acrue la bourse du citoyen s’est retrouvée allégée. D’ailleurs pour fidéliser la clientelle, les opérateurs ne manquent pas d’imagination : les promotions(50% ou 100% ajouté au crédit acheté), les reductions pour les numéros favoris ou encore les appels illimités à partir de minuit sont leurs tactiques préférées pour attirer les consommateurs.

N’ayant pu résister à la vague déferlante des mobiles, les télécentres ont rendu un grand service au citoyen lamda pendant près d’une dizaine d’année. Certes ce service de proximité n’existe plus, mais les opérateurs ont eu une bonne idée de mettre en place un dispositif qui se rapproche de celui des télécentres. Maintenant, il est possible d’acheter du crédit à partir de 100fcfa chez le boutiquier du coin. Les cartes de crédit n’existant qu’à partir de 1000fcfa (sauf pour Expresso qui a une de 500fcfa), la recharge automatique facilitent les communications beaucoup de personnes, particulièrement celles de la génération SMS.

Ameth Dia

(Source : Eg si lène ak diam !!!, 20 novembre 2010)

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