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Face à la coupure de l’accès à internet, le gouvernement de RDC se justifie

lundi 31 décembre 2018

Liberté d’expression/Censure de l’Internet

Au lendemain des élections générales, notamment la présidentielle, le comptage manuel des voix se poursuit. C’est dans ce contexte que le gouvernement a coupé l’accès à internet. Pour éviter le pire selon un responsable.

« Cher client, sur instruction du gouvernement nos services internet sont suspendus pendant une période indéterminée. » C’est le message qu’a envoyé le fournisseur d’accès Global à ses abonnés par SMS ce lundi 31 décembre.

Nos différentes sources ont confirmé que c’est bien le gouvernement qui a coupé l’accès à internet.

L’équipe de campagne du candidat de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, a accusé les autorités d’avoir coupé internet pour éviter la diffusion d’une « vague de procès-verbaux qui confirment la victoire écrasante » du candidat.

« Je suis désolé d’apprendre juste avant d’entrer dans la salle que l’on a coupé internet », a déclaré pour sa part le secrétaire général de la Conférence des évêques (Cenco), Donatien Nshole.

« Des intoxications »

Pourtant, quelques heures avant, l’abbé Donatien Nshole félicitait « le gouvernement d’avoir assuré le bon fonctionnement d’internet et des SMS » dimanche lors de la journée de vote.

« Le passage pacifique et la vérité des urnes sont beaucoup plus importants que ces petites intoxications du genre ’d’après notre bureau, tel a eu 90%’. Il s’agit d’une élection à un tour - comment quelqu’un peut avoir 90% ? On se croirait au 2ème tour entre Chirac (Jacques Chirac, ndlr) et Madame Le Pen. C’est pour éviter les intoxications malveillantes et mal intentionnées », a justifié sur nos antennes, André Alain Atundu Liongo, le porte-parole de la majorité présidentielle.

Décision regrettable

Les réactions à la coupure de l’accès à internet ont suscité une avalanche de critiques.

« Les perturbations, les coupures volontaires d’internet, le filtrage des réseaux sociaux sont autant de moyens, autant de manipulations qui constituent une violation flagrante des droits numériques. Il convient donc de regretter cet acte qui intervient à un moment où justement des informations avaient commencé à circuler concernant les résultats de l’élection », critique par exemple le responsable pour l’Afrique centrale et de l’ouest de l’ONG Internet sans Frontières, Qemal Affagnon, qui a récemment séjourné à Kinshasa.

Pendant ce temps, les observateurs électoraux se sont prononcés sur la tenue des scrutins du dimanche 30 décembre 2018.

La non-maitrise par certains électeurs de la machine à voter a été également décriée par les observateurs nationaux et africains.

C’est la raison pour laquelle le coordinateur de la mission d’observation de l’ONG AFRIC, Association pour la recherché internationale et la coopération, recommande pour l’avenir plus de sensibilisation dans l’usage de cette machine à voter, qui était tout le long du vote au centre d’une vive polémique.

"Si la République Démocratique du Congo compte procéder dans les années à venir encore à faire des votes à l’aide de ces machines à voter, alors, elle devrait prendre le temps d’éduquer sa population quant à l’utilisation de ces machines. Ceci aurait pu être fait par le biais de publicités à la télévision. Un autre moyen aurait été d’expliquer les très simples étapes d’utilisation de cette machine sur les différents panneaux publicitaires qui bondent la ville (Kinshasa, ndlr), a expliqué Mikael Cheuwa à la DW.

(Source : Deutsche Welle, 31 décembre 2018)

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