OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Juin 2018 > Entretien avec le Professeur Jean-Louis Corréa suite au Douala Legaltech Forum

Entretien avec le Professeur Jean-Louis Corréa suite au Douala Legaltech Forum

jeudi 7 juin 2018

Portrait/Entretien

Bonjour professeur Jean Louis CORREA, vous avez été les 30 et 31 Mai 2018 à Douala, au Cameroun, pour participer au premier événement de la communauté LegalTech Africa. D’ailleurs, vous avez fait partie des intervenants lors des différentes conférences qui s’y sont tenues.

Boubacar FAYE : Pourriez-vous d’abord vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore avant de passer à l’échange ?

Jean Louis CORREA : Je suis un universitaire sénégalais, agrégé de droit privé, professeur à l’Université virtuelle du Sénégal. A l’UVS, depuis ce début d’année 2018, je dirige le Pôle Sciences économiques, juridiques et de l’administration (SEJA). Mes activités d’enseignement et de recherche tournent autour du droit civil, du droit des obligations plus particulièrement, du droit économique et des affaires. J’intègre à mes recherches les questions relatives à l’innovation et à l’ingénierie pédagogique. Je suis, par ailleurs, membre du Conseil scientifique et pédagogique de l’Ecole doctorale Sciences économiques et sociales (EDSES) de l’Université Assane Seck de Ziguinchor.

Boubacar FAYE : Comment avez-vous trouvé ce premier événement de la communauté LegalTech Africa ?

Jean Louis CORREA : Très instructif. Les panélistes ont véritablement mis l’accent sur les questions fondamentales touchant au droit dans son rapport avec les TIC. Le public, très varié, avec des avocats, experts comptables, universitaires, banquiers et étudiants, a participé pleinement à la définition d’un cadre conceptuel et logique de la legaltech en Afrique. Il s’agissait de cela, comment faire en sorte que la LegalTech trouve un terrain d’atterrissage adéquat en Afrique ? Les données ne sont pas les mêmes en Afrique qu’aux Etats unis ou en Europe. Des contraintes objectives doivent prises en compte telle que la non disponibilité en quantité et qualité de l’internet. Il y a aussi des contraintes socio-anthropologiques qu’il fallait identifier afin de pouvoir les juguler. L’intérêt de la rencontre de Douala est que nous avons pu théoriser et pratiquer la legaltech avec un Hachkathon qui a permis de voir des jeunes très talentueux à l’œuvre.

Boubacar FAYE : À Douala, il n’y avait pas que des conférences, il y avait également un hachkathon où développeurs, ingénieurs, marketeurs juristes et avocat et autres étaient conviés pour créer des solutions qui permettront d’aider les entreprises et les particuliers à avoir accès au droit et à la justice dans quatre thèmes : Block IP Innovation, Enhanced Legal Clinic, Online Dispute Platform et Legal Data OHADA. Quelles sont les idées qui ont plus retenu votre attention lors de ce hachkathon ?

Jean Louis CORREA : Grâce au Douala legaltech forum, j’ai pu comprendre que l’Afrique pouvait rattraper son retard économique. La grande difficulté concernant l’économie marchande, c’est que les actifs matériels sont régis par les lois de la propriété privée. Le système économique classique, libéral de marché, est fondé sur l’appropriation privatise de moyens de production. Avec la révolution numérique, et l’évolution que constituent la Blockchain et les creatives commons, il y a un bouleversement du rapport à la propriété. Certains mécanismes et institutions doivent se réinventer. Je pense ici à la preuve, à la certification, à l’authentification. Il y a tout une construction, tout un discours justifiant un ordre social qui devra faire sa place à un nouvel ordre social et économique. Il ne reste plus qu’à élaborer les éléments discursifs instituant cette civilisation numérique. Dans cet ordre d’idée, la valorisation des actifs immatériels, au-delà du droit classique de la propriété intellectuelle, me semble être une voie nécessaire de politique publique pour les Etats africains. Encourager la création et l’innovation, faciliter l’accès à des modes alternatifs de protection des œuvres créées. Mais tout cela requiert l’identification claire de compétences en termes de savoir-faire et de savoir-être. C’est pourquoi, nous avons participé à brosser le tableau du futur juriste, ce fameux juriste augmenté, couteau suisse des temps modernes.

Boubacar FAYE : Juste après le discours d’ouverture de Douala legaltech forum, vous savez fait savoir à travers un tweet que vous vouliez travailler pour la mise en place de cet écosystème legaltech au Sénégal, et en Afrique. Sachant que vous êtes professeur agrégé des universités et responsable du pôle sciences économique, juridique et de l’administration (SEJA) de l’université virtuelle du Sénégal (UVS), peut-on s’attendre à ce que vous fassiez participer vos étudiants à cet écosystème ? Comment comptez-vous y prendre ?

Jean Louis CORREA : Il est trop tôt pour le dire. Mais l’UVS, en tant qu’université numérique, a son mot à dire sur ce mariage entre le droit et les TIC. Nos étudiants pourraient avoir un intérêt pratique très précis en s’intéressant à ces questions. Le droit est un marché où des parts sont à prendre, surtout avec l’ère de l’économie numérique. Il faut envisager le marché du droit en allant au-delà des professions judiciaires classiques pour penser justement à ce juriste augmenté. Si dès la formation universitaire l’identification claire des compétences nécessaires permet aux étudiants d’auto entreprendre, nous sommes preneurs. Le mal du Sénégal, c’est que toutes les professions judiciaires obéissent à un numerus clausus qui ne dit pas son nom. Il y a, par exemple, moins de 400 avocats au Sénégal. Le notariat, n’en parlons pas. Tous ces jeunes sortis des facultés de droit vont aller où ? Il faut sortir du corporatisme et tirer profit des TIC en offrant la possibilité à des jeunes biens formés de proposer des services juridiques de qualités sur internet. L’Etat providence est mort. Il faut se prendre en charge, créer, innover. La legaltech offre ces opportunités. L’avènement des services juridiques numériques pourrait se faire en collaboration avec les professionnels du droit. La Fintech l’a réussi, l’Agritech le fait très bien. Je reste convaincu que l’avenir de la profession d’avocat, par exemple, se trouve dans la legaltech.

Boubacar Faye

(Source : Cabinet Gaiba, 7 juin 2018)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4480/5455 Régulation des télécoms
  • 351/5455 Télécentres/Cybercentres
  • 3600/5455 Economie numérique
  • 1833/5455 Politique nationale
  • 5068/5455 Fintech
  • 545/5455 Noms de domaine
  • 2016/5455 Produits et services
  • 1494/5455 Faits divers/Contentieux
  • 754/5455 Nouveau site web
  • 5455/5455 Infrastructures
  • 1941/5455 TIC pour l’éducation
  • 193/5455 Recherche
  • 244/5455 Projet
  • 4113/5455 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1973/5455 Sonatel/Orange
  • 1632/5455 Licences de télécommunications
  • 287/5455 Sudatel/Expresso
  • 1024/5455 Régulation des médias
  • 1345/5455 Applications
  • 1456/5455 Mouvements sociaux
  • 1722/5455 Données personnelles
  • 143/5455 Big Data/Données ouvertes
  • 605/5455 Mouvement consumériste
  • 362/5455 Médias
  • 651/5455 Appels internationaux entrants
  • 1688/5455 Formation
  • 99/5455 Logiciel libre
  • 2445/5455 Politiques africaines
  • 1062/5455 Fiscalité
  • 174/5455 Art et culture
  • 589/5455 Genre
  • 1837/5455 Point de vue
  • 1097/5455 Commerce électronique
  • 1495/5455 Manifestation
  • 320/5455 Presse en ligne
  • 127/5455 Piratage
  • 211/5455 Téléservices
  • 1009/5455 Biométrie/Identité numérique
  • 336/5455 Environnement/Santé
  • 565/5455 Législation/Réglementation
  • 364/5455 Gouvernance
  • 1817/5455 Portrait/Entretien
  • 145/5455 Radio
  • 762/5455 TIC pour la santé
  • 288/5455 Propriété intellectuelle
  • 60/5455 Langues/Localisation
  • 1120/5455 Médias/Réseaux sociaux
  • 2114/5455 Téléphonie
  • 194/5455 Désengagement de l’Etat
  • 1041/5455 Internet
  • 120/5455 Collectivités locales
  • 414/5455 Dédouanement électronique
  • 1367/5455 Usages et comportements
  • 1042/5455 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 560/5455 Audiovisuel
  • 3508/5455 Transformation digitale
  • 397/5455 Affaire Global Voice
  • 334/5455 Géomatique/Géolocalisation
  • 404/5455 Service universel
  • 697/5455 Sentel/Tigo
  • 176/5455 Vie politique
  • 1773/5455 Distinction/Nomination
  • 37/5455 Handicapés
  • 705/5455 Enseignement à distance
  • 846/5455 Contenus numériques
  • 588/5455 Gestion de l’ARTP
  • 181/5455 Radios communautaires
  • 1975/5455 Qualité de service
  • 584/5455 Privatisation/Libéralisation
  • 134/5455 SMSI
  • 551/5455 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2821/5455 Innovation/Entreprenariat
  • 1531/5455 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5455 Internet des objets
  • 175/5455 Free Sénégal
  • 884/5455 Intelligence artificielle
  • 208/5455 Editorial
  • 10/5455 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5455 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous