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Accueil > Ressources > Points de vue > 2022 > En Afrique, l’innovation s’adapte aux besoins du continent

En Afrique, l’innovation s’adapte aux besoins du continent

mardi 16 août 2022

Point de vue

Longtemps, l’Afrique n’a pas réussi à développer des modèles d’innovations pérennes. Cela était d’autant plus vrai pour des secteurs comme le numérique et l’analogique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : le continent a rattrapé son retard sur le plan de l’accès à internet et aux technologies numériques. La crise du Covid que nous traversons est un autre exemple de la capacité de l’Afrique à développer les technologies qui lui sont indispensables.

Aujourd’hui, près de 4 personnes sur cinq sur le continent africain possèdent un téléphone portable. Avec près de 725 millions d’utilisateurs de la téléphonie mobile, le continent affiche la plus forte croissance au monde sur ce créneau. Ces chiffres-là étaient inimaginables il y a seulement 20 ans, lorsque les accès à internet sur le continent étaient peu nombreux, et les disparités en termes d’accès au réseau entre les pays très importantes. Au-delà de cet exemple, les nouvelles technologies dans leur ensemble se déclinent aujourd’hui sur le continent, et laissent imaginer un continent à la pointe de l’innovation dans un futur proche.

Pourquoi ce changement ? La principale raison est spécifique au continent. Des mécanismes d’innovations variés et souvent immatures ont laissé la place à une vision très pragmatique du rôle que devait avoir l’innovation sur le continent : répondre aux problématiques spécifiques des Africains, localement.

Ainsi, les startups à succès, les initiatives technologiques sur le continent se multiplient comme jamais auparavant. La crise sanitaire que le monde traverse actuellement a accéléré ce phénomène, avec la nécessité pour les acteurs publiques et privés de partager des données, au niveau high tech et santé, pour développer des stratégies sanitaires efficaces. Face à la pandémie de Covid-19, l’Afrique a montré sa capacité à innover rapidement pour répondre à des problématiques contextuelles.

L’innovation comme moteur du développement

L’image d’un continent africain où l’Europe importait le progrès est révolue. Aujourd’hui, les acteurs industriels et technologiques ont compris que le développement du continent, à court comme à moyen termes, passait par l’innovation technologique, et plus largement par l’innovation scientifique.

Cette évolution est une nécessité pour le Cluster Digital Africa. Car l’Afrique n’a pas le choix. Au XXIe siècle, les nations et les pays seront jugés, non pas par rapport à leurs richesses naturelles ou à leurs ressources dans le sous-sol, mais à leur capacité d’innovation. Sur ce point, l’Afrique a fait un bond en avant immense, même si des contraintes fortes demeurent.

« La coopération et l’intégration scientifique sont à une étape embryonnaire. Aujourd’hui, la balkanisation de nos pays est un frein à l’émergence d’un pôle scientifique et technologique africain d’importance. Plus que jamais, le mot « collaboration » fait sens. En Afrique, elle peut être mise en œuvre à l’intérieur d’une même région ou entre plusieurs régions. »

En effet, si l’innovation de pointe en Afrique est aujourd’hui une réalité, comme en témoigne la réussite au plus haut niveau de certaines startups, le continent doit plus que jamais parvenir à développer des écosystèmes scientifiques de recherche et d’enseignement performants, pour y intégrer sa jeunesse, peut-être le plus gros atout du continent. En 2035, 35% des jeunes dans le monde seront Africains. Il est donc impératif pour le continent de développer des filières innovantes sur le long terme, afin de créer les emplois pour la génération qui arrive.

La technologie, un atout pour remédier aux contraintes de développement spécifiques au continent

La transformation qui s’opère en Afrique aujourd’hui touche toutes les couches du continent, notamment la couche sociale. Ces évolutions peuvent même dans certains cas s’attaquer aux freins de développement qui ont longtemps rongé le continent : insécurité, fraude, corruption, accès aux soins, productivité de l’agriculture… Sur tous ces sujets, l’essor des technologies de pointe – la blockchain, le big data, les drones, les fintech, etc. – permet de chercher des solutions prometteuses à ces contraintes systémiques. Le Cluster Digital Africa, précise les six axes principaux sur lesquels les technologies permettraient un basculement :

  • Efficacité des pouvoirs publics ;
  • Lutte contre la corruption ;
  • Accès aux marchés et interactions économiques ;
  • Amélioration du système de santé ;
  • Éducation, innovation et création d’emplois ;
  • Réintégration du secteur informel dans les circuits économiques traditionnels.

Ces axes d’amélioration, qui sont connus depuis longtemps, se transforment aujourd’hui grâce aux nouvelles technologies. L’enjeu, aujourd’hui, est donc de voir à quel point ces mutations vont s’ancrer sur le long terme dans une société africaine qui poursuit sa mutation.

De nombreuses innovations sont alors en cours de développement au Cluster Digital Africa et seront perfectionnées ou feront leurs apparitions d’ici fin 2022. Parmi celles-ci, figurent le métavers du groupe Meta, les NFT, la blockchain, les robots et les cryptomonnaies.

Il y a de nombreuses raisons d’être optimiste : le continent africain abrite les populations les plus jeunes du monde, il représente donc un marché de consommation majeur depuis des décennies et est de plus en plus compatible avec la transformation digitale.

Le projet Cluster Digital Africa vise à accompagner une nouvelle génération de professionnels africains et le développement de produits et services innovants en phase avec l’évolution des technologies et les attentes des citoyens du continent.

L’objectif du Cluster Digital Africa est de faciliter la transformation Digitale en Afrique à travers une réflexion sur des solutions innovantes qui contribueront positivement à l’amélioration des moyens de subsistance et à l’accélération du développement à travers le monde.

Ce concept s’intéresse aux secteurs socio-économiques, sanitaires, éducatifs, écologiques, industriels, énergétiques, etc. Dans le plan d’action du CDA, plusieurs projets sont mis en place pour faciliter l’atteinte des ODD conformément à l’Agenda 2063 des Chefs d’Etats africains. Ce qui met ainsi l’accent sur les Sciences, la Technologie et l’Innovation, comme principaux leviers pour renforcer les capacités des pays africains en vue d’atteindre les objectifs de transformation économique et de développement.

Le continent africain est plein de ressources, de richesses et surtout plein de potentiels humains. Unis par une même vision, nous puisons notre force dans la solidarité et dans la diversité des cultures. Notre volonté est la valorisation de tous les secteurs à travers le digital.

Les contraintes à l’innovation qui subsistent encore sont l’absence de législation adaptée au soutien et à l’encouragement de l’innovation technologique, et restent un frein important. L’immaturité du législateur dans ce domaine est encore aujourd’hui un obstacle majeur à ce niveau.

Un autre point est la substitution : quand un projet réussit, beaucoup ont tendance à le copier sur la forme mais par sur la fond. C’est particulièrement vrai en Afrique où certains projets, à force de vouloir copier ce qui marche de manière trop superficielle, sont finalement des coquilles vides.

L’évolution de la relation de l’Afrique avec les autres continents dont l’Europe sur les sujets liés à l’innovation

Il n’est plus question d’aborder l’Afrique de haut aujourd’hui. La technologie est plus accessible et le continent dispose de ressources compétentes dans ce domaine. Prenons l’exemple des technologies logicielles. L’enjeu n’est plus de venir recruter des développeurs pour les emmener ailleurs, comme cela était fait auparavant. Via l’innovation technologique, nous devons être en mesure de proposer à l’Afrique une approche en co-développement et en co-localisation, avec un partage de la chaîne de valeur entre toutes les entités impliquées dans la création de valeur. C’est l’objet même du CIRTIC.

Nous croyons en l’avenir du digital et aux possibilités à travers le digital. Le CDA est l’une des belles initiatives jamais mise en place pour unir, fédérer, accompagner, soutenir, mieux pour développer ensemble le dynamisme d’équipe et d’équité. Soyons des acteurs du changement !

Amadou Diawara, Président fondateur du Cluster Digital Africa

(Source : CIO Mag, 16 août 2022)

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