OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2023 > Septembre 2023 > En Afrique, l’identité numérique au service des citoyens  : enjeux et défis

En Afrique, l’identité numérique au service des citoyens  : enjeux et défis

lundi 18 septembre 2023

Biométrie/Identité numérique

La digitalisation est en marche sur le continent africain, avec comme objectif de permettre aux pays de se transformer pour offrir des services modernes qui répondent aux besoins des citoyens. Mais pour construire ces Smart Nations, certains prérequis sont indispensables, comme l’identité numérique. Or, celle-ci est loin d’être accessible à l’ensemble des populations et des territoires. Où en est l’Afrique et comment mettre en place des identités numériques à grande échelle ? Quels sont les champs d’applications qui pourront générer la mise en place de l’identité numérique pour tous  ? Quelles sont les dispositions pour l’encadrer sans pour autant étouffer l’innovation ? Quels sont aujourd’hui les pays modèles dans ce domaine ? Focus.    

«  Aujourd’hui, tous les gouvernements africains comprennent l’importance de l’identité numérique et son rôle dans la gouvernance et la prestation de services, et ce n’était pas le cas avant la crise du Covid  !  » Ce premier constat, dressé par le Dr Joseph Atick, président du mouvement ID4Africa, est plutôt encourageant. La pandémie a révélé les enjeux liés à l’identité numérique des citoyens, en particulier ses impacts économiques et sociaux sur le continent. Plusieurs pays ont, en effet, reçu des aides des bailleurs internationaux à destination des résidents ruraux, des populations pauvres, des femmes et des groupes vulnérables. Mais, faute de registres d’état civil modernes, il a été très difficile de redistribuer ces aides. Démontrant l’impact négatif de l’écart identitaire, à la fois symbole de lenteur du développement économique et facteur qui rend le développement moins inclusif.   

Si la prise de conscience est bien là, pour le Dr Joseph Atick, beaucoup reste à faire en matière de mise en place des identités numériques. «  La mauvaise nouvelle, c’est qu’à l’heure actuelle, aucun pays africain n’a pu fournir une identité numérique à l’ensemble de sa population. Celle-ci n’est pas encore inclusive et certains citoyens en restent exclus, malgré les progrès significatifs  », assure le promoteur de l’ONG, qui rassemble des ambassadeurs de haut niveau qui prônent l’identité pour tous en Afrique comme moteur du développement socio-économique. Jusqu’à présent, elle a touché 48 pays différents.   

De façon globale, pour évaluer le degré de maturité des pays africains en matière d’identité numérique, l’expert se réfère à trois éléments. «  L’identité numérique nécessite tout d’abord un registre national de la population inclusif, avec un numéro identifiant unique attribué à chaque individu. Ensuite, nous avons besoin de plateformes de vérification d’identité sécurisées. Enfin, il faut une infrastructure TIC permettant aux individus de se connecter aux services et des appareils mobiles abordables.  » Selon Joseph Atick, les gouvernements ont investi massivement dans les registres nationaux au cours des dernières années, si bien qu’une fraction importante de la population est déjà enregistrée. Quant aux plateformes de vérification, nombre de pays ont commencé à les construire, et le plus gros défi aujourd’hui concerne les infrastructures. Si le mobile est largement répandu sur le continent, seul une personne sur trois dispose d’un téléphone permettant une connexion internet. «  Le chemin est encore long à parcourir pour que chaque Africain puisse avoir accès à une identité numérique qu’il pourra utiliser dans sa vie quotidienne  », résume le président d’ID4Africa.    

Moteur du développement économique    
 
Pour rappel, selon la définition de la Communauté économique africaine (CEA), «  l’identification numérique est un moyen d’identifier ou d’authentifier l’identité d’un individu, à la fois en ligne et hors ligne. L’identité numérique peut être créée à partir d’informations trouvées sur l’identité légale d’un identifiant émis par le gouvernement et peut être utilisée pour reconnaître avec précision un individu afin de lui fournir ses droits  ». Selon l’agence de l’Union africaine, une identité numérique peut également être créée pour fournir à une personne un accès à des services commerciaux numérisés, tels que le commerce électronique, l’administration électronique, la banque digitale, etc. «  Une identité numérique peut être produite dans la pratique lorsque la personne s’engage dans l’économie numérique grâce aux informations recueillies parmi les divers types de données qu’elle utilise, telles que les données de téléphone, les données d’historique de recherche, les données de médias sociaux, etc. La collecte de ces informations peut ensuite être utilisée pour identifier et dresser un profil de la personne  », précise encore l’institution.   

De nombreuses technologies peuvent être utilisées pour construire ces identités numériques. Ainsi, le marché de la biométrie en Afrique et au Moyen-Orient devrait croître à un taux annuel de 21 %, et l’industrie mondiale de la biométrie devrait atteindre 82 milliards de dollars US d’ici à 2027, selon le rapport «  Biometrics – Global Market Trajectory & Analytics 2020  », publié par le cabinet de recherche américain Global Industry Analysts.   

Si, pour les experts, l’identité numérique est primordiale, c’est parce qu’elle permet une multitude d’applications possibles et, en ce sens, est un réel vecteur du développement économique, et ce, même dans les zones rurales. « Aujourd’hui, au Kenya ou en Ouganda, les agriculteurs ont besoin d’avoir une identité numérique, car c’est par elle qu’ils peuvent accéder aux financements, aux programmes gouvernementaux et vendre leurs récoltes. Dans le secteur agricole, c’est primordial  !  », assure Joseph Atick. Parmi les autres applications possibles, «  le secteur qui bénéficie le plus de l’identité numérique est celui de l’inclusion financière  ; c’est une révolution de permettre aux individus un accès à un compte bancaire, cela change tout  », poursuit le président d’ID4Africa. Ensuite, le secteur social est lui aussi particulièrement concerné. La moitié des pays africains dispose de programmes de soutien importants. Dans ce cadre, la convergence entre les filets sociaux et l’identité numérique est essentielle pour établir le registre social de la population. Enfin, le secteur des télécoms tire parti de l’identité numérique. Dans plusieurs pays africains, comme au Maroc, au Bénin ou en Côte d’Ivoire, pour des raisons sécuritaires, l’obtention d’une carte SIM est liée au numéro de la carte nationale d’identité ou celui du passeport. «  C’est grâce à ces applications que l’identité devient la base, le moteur de l’économie des pays  », résume Joseph Atick.   

Des pays modèles    

Sur le continent, les avancées en termes d’identité numérique sont inégales selon les régions et les États. Parmi les pays les plus avancés, le Dr Atick cite le Nigeria, le Ghana, le Maroc, l’Algérie, la Tanzanie, le Rwanda, la Côte d’Ivoire, le Togo ou encore l’Éthiopie. Mais tous ces pays n’ont pas procédé de la même manière. Pour exemple, l’Éthiopie est partie de rien pour construire son registre d’identité numérique. «  Les autorités ont compris que les cas d’usage étaient très importants, notamment dans le secteur bancaire, donc elles ont commencé avec les cas d’usage sans avoir de registre national de la population. Ces cas d’usage ont motivé les populations à se faire enregistrer. » D’autres ont adopté une approche plus «  classique  », comme le Nigeria, qui a réussi à intégrer plus de 100 millions de personnes dans sa base de données. Aujourd’hui, les secteurs bancaire, télécoms ou les services sociaux fonctionnent grâce à l’identité numérique. Au Ghana, le secteur de la santé est également corrélé à la carte d’identité numérique.    

Protéger les e-citoyens    
 
Si l’usage d’identités numériques peut constituer une garantie forte pour les populations, il peut également être perçu comme une démultiplication des possibilités de surveillance, notamment par l’analyse des traces que la personne laissera dans l’environnement numérique. «  La numérisation massive de l’humain nécessite d’assurer l’équilibre entre l’identification des personnes et la possibilité, pour elles, d’agir de façon libre et autonome. Les lois nationales relatives à la protection des données à caractère personnel en Afrique sont à jour, même si certains ajustements sont encore nécessaires pour faire face aux nouveaux enjeux du numérique  », explique Jules Hervé Yimeumi, qui a créé l’association Africa Data Protection, afin d’accompagner les gouvernements à faire face à ces enjeux. «  Le constat général qui se dégage est qu’il faut multiplier les initiatives pour accompagner les régions, voire l’Afrique entière, dans la protection des données personnelles, et ce, au regard de la perspective du développement de l’économie numérique  », poursuit l’expert. Selon lui, une autorité administrative indépendante est indispensable, à l’heure du tout numérique, car elle est chargée de préserver les libertés individuelles, en accompagnant et en contrôlant l’usage des données personnelles des citoyens du pays concerné. À ce jour, on note la présence de 24 autorités de protection de données sur les 54 pays que compte le continent africain. 

 Quant aux technologies utilisées pour la mise en place des identités numériques, souvent par des entreprises extranationales, l’expert met en garde contre les risques. «  Les dispositifs biométriques sont strictement encadrés par la plupart des législations africaines, car il existe bien un risque de récupération des données par ces entreprises. En règle générale, ces entreprises doivent soumettre auprès de l’autorité de protection des données une demande d’autorisation avant de mettre en place ces projets.  » L’expert cite à ce propos un exemple récent. Au Kenya, l’entreprise Worldcoin, qui propose de sécuriser les transactions en scannant l’iris de chacun des usagers, a été suspendue par l’autorité locale de protection des données début août 2023. Dans un communiqué, le gouvernement kényan a expliqué avoir lancé des enquêtes portant notamment sur « le manque de clarté concernant le stockage et la sécurité des données sensibles » et « l’absence d’encadrement approprié » de cette immense base de données.   

Vers des Smart Nations inclusives 
   
Alors comment aller plus vite et plus sûr, pour que l’ensemble des populations soient dotées le plus tôt possible de cette identité numérique, en toute sécurité  ? «  À ce jour, la proposition de valeur ne motive pas le public à s’inscrire  », résume le Dr Atick. À ce stade, détaille-t-il, il reste difficile d’obtenir une identité numérique en Afrique, car il y a trop d’étapes, trop peu d’endroits où s’inscrire et aucun des pays africains n’a réussi à déployer l’enregistrement en ligne à distance. En outre, peu de services sont liés à l’identité numérique. Ainsi, la valeur ne justifie pas l’effort pour l’obtenir. «  Pour accélérer le processus, il faut donc améliorer la proposition de valeur de l’identité numérique, en abaissant les obstacles pour l’obtenir, en simplifiant le processus et en proposant plus de services liés à cette identité numérique  », résume-t-il avant de conclure  : «  C’est cela le chemin, mais il faudra beaucoup de temps  !  »

Camille Dubruelh

(Source : CIO Mag, 18 septembre 2023)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4561/5269 Régulation des télécoms
  • 365/5269 Télécentres/Cybercentres
  • 3842/5269 Economie numérique
  • 1806/5269 Politique nationale
  • 5157/5269 Fintech
  • 547/5269 Noms de domaine
  • 2293/5269 Produits et services
  • 1524/5269 Faits divers/Contentieux
  • 774/5269 Nouveau site web
  • 5269/5269 Infrastructures
  • 1827/5269 TIC pour l’éducation
  • 201/5269 Recherche
  • 249/5269 Projet
  • 3784/5269 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1939/5269 Sonatel/Orange
  • 1650/5269 Licences de télécommunications
  • 283/5269 Sudatel/Expresso
  • 1661/5269 Régulation des médias
  • 1298/5269 Applications
  • 1125/5269 Mouvements sociaux
  • 1811/5269 Données personnelles
  • 128/5269 Big Data/Données ouvertes
  • 621/5269 Mouvement consumériste
  • 372/5269 Médias
  • 676/5269 Appels internationaux entrants
  • 1777/5269 Formation
  • 94/5269 Logiciel libre
  • 2458/5269 Politiques africaines
  • 1130/5269 Fiscalité
  • 178/5269 Art et culture
  • 665/5269 Genre
  • 1768/5269 Point de vue
  • 1192/5269 Commerce électronique
  • 1522/5269 Manifestation
  • 328/5269 Presse en ligne
  • 132/5269 Piratage
  • 209/5269 Téléservices
  • 927/5269 Biométrie/Identité numérique
  • 314/5269 Environnement/Santé
  • 360/5269 Législation/Réglementation
  • 367/5269 Gouvernance
  • 1864/5269 Portrait/Entretien
  • 157/5269 Radio
  • 821/5269 TIC pour la santé
  • 286/5269 Propriété intellectuelle
  • 63/5269 Langues/Localisation
  • 1244/5269 Médias/Réseaux sociaux
  • 2191/5269 Téléphonie
  • 203/5269 Désengagement de l’Etat
  • 1125/5269 Internet
  • 119/5269 Collectivités locales
  • 437/5269 Dédouanement électronique
  • 1158/5269 Usages et comportements
  • 1063/5269 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 571/5269 Audiovisuel
  • 3730/5269 Transformation digitale
  • 401/5269 Affaire Global Voice
  • 223/5269 Géomatique/Géolocalisation
  • 328/5269 Service universel
  • 705/5269 Sentel/Tigo
  • 180/5269 Vie politique
  • 1586/5269 Distinction/Nomination
  • 36/5269 Handicapés
  • 718/5269 Enseignement à distance
  • 835/5269 Contenus numériques
  • 609/5269 Gestion de l’ARTP
  • 184/5269 Radios communautaires
  • 1818/5269 Qualité de service
  • 446/5269 Privatisation/Libéralisation
  • 136/5269 SMSI
  • 605/5269 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2870/5269 Innovation/Entreprenariat
  • 1484/5269 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5269 Internet des objets
  • 172/5269 Free Sénégal
  • 1047/5269 Intelligence artificielle
  • 200/5269 Editorial
  • 4/5269 Gaming/Jeux vidéos
  • 28/5269 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous