OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2010 > Eclairage : Et si l’Inspection générale d’Etat s’était lourdement trompée ?

Eclairage : Et si l’Inspection générale d’Etat s’était lourdement trompée ?

samedi 27 mars 2010

L’existence d’organes de contrôle dans un Etat participe, sans aucun doute, d’un souci de transparence dès l’instant qu’ils permettent d’assurer la bonne gestion des biens publics. L’Inspection générale d’Etat (Ige) joue dans ce registre un rôle primordial. C’est à ce titre qu’elle a établi son rapport sur l’Agence de régulation des télécommunications et de la poste (Artp). Dans ce rapport, il est reproché aux dirigeants (Directeur général et membres du Conseil de régulation) d’avoir distrait indûment les 2 % représentant la part de ladite agence dans le prix de la cession d’une licence téléphonique. Une telle distraction constituerait à la fois un détournement de deniers publics et un abus de biens sociaux.

Cette affaire qui n’a pas encore cessé de faire parler d’elle, malheureusement dans tous les sens, a suscité, de manière incidente, une réaction du président de la République, dans le cadre d’une interview accordée au groupe Futurs médias et reproduite in extenso dans le journal l’Observateur n° 1948, pages 4 et suivantes. C’est cette réaction qui nous sert de prétexte pour donner suite à l’invite du chef de l’Etat appelant les juristes à une réflexion.

Il nous faut tout juste préciser que nous n’avons pas la prétention téméraire de vouloir clore un débat, ni de préjuger de l’issue d’un dossier en cours d’instruction judiciaire. Nous voulons plus simplement faire partager, en caractères lisibles, à la fois une conviction et de nombreuses interrogations sur le rapport de l’Ige.

L’abus de biens sociaux est une grossière erreur

L’abus de biens sociaux est une infraction qui consiste pour le président, les administrateurs ou les directeurs généraux, dans une société anonyme ou à responsabilité limitée, à faire, de mauvaise foi, des biens qu’ils possèdent en cette qualité, un usage qu’ils savaient contraire à l’intérêt de la société. Jusqu’à plus ample informé, l’Artp est une autorité administrative indépendante, dont l’une des caractéristiques principales est d’être dotée juridiquement d’une autonomie certaine. Il n’existe aucune once d’indice susceptible de l’assimiler, voire même de l’apparenter à une société commerciale. Comment expliquer alors que notre si prestigieuse institution de contrôle ait cru devoir aboutir à une si fausse conclusion d’abus de biens sociaux ? Nous aurions souhaité savoir par quelle analyse l’Ige est parvenue à une telle qualification.

Certes, on sait que cette qualification ne lie pas le juge ; d’ailleurs, il semble que ni le parquet, ni le juge instructeur n’aient accordé un quelconque intérêt à cette incongruité juridique. Il reste néanmoins que le rapport de l’Ige a pour support partiel cette appréciation inexacte. Si l’on songe au sérieux, que l’on ne peut comparer au zèle, que manifeste cet organe de contrôle dans l’exécution de sa mission, on ne se lassera jamais de s’interroger sur cette méprise profonde.

L’Ige a toujours été créditée d’une expertise avérée. Faut-il rappeler que même les meilleurs de l’administration et de l’université ne peuvent y accéder que par voie de concours sélectif à trois niveaux : le grade, l’ancienneté et le test, à moins de bénéficier d’une cooptation décrétale. Et pourtant, ce qui est effarant c’est que le rapport de l’Ige aboutit à un amalgame avec le détournement de deniers publics qui a une connotation particulièrement marquée.

Mais notre propos n’est pas de nous prononcer sur cette dernière qualification. Ce serait anticiper, à tort, sur une question qui ne relève pas de notre emprise et qui, fatalement, sera l’objet d’un long et judicieux prologue en temps opportun. Notre regard a voulu s’attarder davantage sur la marge d’erreur que renferme toute étude, fût-elle estampillée ‘expertise’.

L’Ige n’est donc pas infaillible ; elle peut se tromper ; mais elle ne doit pas se tromper comme tout le monde. Or, nul ne peut contester ici que l’Ige s’est lourdement trompée, tellement l’erreur est grossière. C’est pourquoi, elle est inexcusable. Or si l’Ige peut se tromper à ce point, la surprise devient angoissante, car personne n’est désormais à l’abri des fausses représentations qu’elle peut véhiculer. La fiabilité présumée des rapports de l’Ige est de ce fait mise en perspective. Ne devrait-elle pas, dès lors, se conjuguer au conditionnel ? Un rapport qui se décline avec autant de circonspection peut sembler bien fragile.

Il est heureux de savoir que le dernier mot appartient au juge ; la mission d’interprétation et de qualification relève, toujours, de son imperium. Mais entre-temps, que de réputation et d’honneur à jamais écornés, sous le sceau de... l’erreur.

Si, à l’issue de cette affaire, les organes de contrôle, tout en gardant leur objectivité, pouvaient se montrer plus vigilants dans l’analyse, la bonne gouvernance en serait davantage renforcée.

El Hadji Ousseynou Sow, juriste chercheur

(Source : Wal Fadjri, 27 mars 2010)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4944/5407 Régulation des télécoms
  • 372/5407 Télécentres/Cybercentres
  • 3867/5407 Economie numérique
  • 2070/5407 Politique nationale
  • 5407/5407 Fintech
  • 561/5407 Noms de domaine
  • 2086/5407 Produits et services
  • 1626/5407 Faits divers/Contentieux
  • 793/5407 Nouveau site web
  • 5334/5407 Infrastructures
  • 1850/5407 TIC pour l’éducation
  • 196/5407 Recherche
  • 263/5407 Projet
  • 3835/5407 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1989/5407 Sonatel/Orange
  • 1747/5407 Licences de télécommunications
  • 306/5407 Sudatel/Expresso
  • 1087/5407 Régulation des médias
  • 1359/5407 Applications
  • 1122/5407 Mouvements sociaux
  • 1792/5407 Données personnelles
  • 282/5407 Big Data/Données ouvertes
  • 636/5407 Mouvement consumériste
  • 390/5407 Médias
  • 694/5407 Appels internationaux entrants
  • 1895/5407 Formation
  • 105/5407 Logiciel libre
  • 2271/5407 Politiques africaines
  • 1155/5407 Fiscalité
  • 205/5407 Art et culture
  • 622/5407 Genre
  • 1964/5407 Point de vue
  • 1178/5407 Commerce électronique
  • 1584/5407 Manifestation
  • 343/5407 Presse en ligne
  • 131/5407 Piratage
  • 214/5407 Téléservices
  • 1141/5407 Biométrie/Identité numérique
  • 337/5407 Environnement/Santé
  • 371/5407 Législation/Réglementation
  • 476/5407 Gouvernance
  • 1924/5407 Portrait/Entretien
  • 153/5407 Radio
  • 917/5407 TIC pour la santé
  • 294/5407 Propriété intellectuelle
  • 63/5407 Langues/Localisation
  • 1152/5407 Médias/Réseaux sociaux
  • 2207/5407 Téléphonie
  • 208/5407 Désengagement de l’Etat
  • 1203/5407 Internet
  • 124/5407 Collectivités locales
  • 441/5407 Dédouanement électronique
  • 1392/5407 Usages et comportements
  • 1148/5407 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 585/5407 Audiovisuel
  • 3576/5407 Transformation digitale
  • 429/5407 Affaire Global Voice
  • 165/5407 Géomatique/Géolocalisation
  • 395/5407 Service universel
  • 722/5407 Sentel/Tigo
  • 187/5407 Vie politique
  • 1645/5407 Distinction/Nomination
  • 41/5407 Handicapés
  • 765/5407 Enseignement à distance
  • 743/5407 Contenus numériques
  • 626/5407 Gestion de l’ARTP
  • 205/5407 Radios communautaires
  • 2135/5407 Qualité de service
  • 469/5407 Privatisation/Libéralisation
  • 140/5407 SMSI
  • 501/5407 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 3087/5407 Innovation/Entreprenariat
  • 1438/5407 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 50/5407 Internet des objets
  • 180/5407 Free Sénégal
  • 869/5407 Intelligence artificielle
  • 215/5407 Editorial
  • 47/5407 Gaming/Jeux vidéos
  • 31/5407 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous