OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2017 > Design numérique et secteur bancaire en Afrique (1ère partie)

Design numérique et secteur bancaire en Afrique (1ère partie)

samedi 4 mars 2017

Point de vue

Dans le cadre de nos activités de conseil en design d’interface et d’expérience utilisateurs, nous avons eu la chance de travailler sur la conception d’une application tablette destinée aux clients et aux agents d’une grande banque africaine. Le projet, réalisé avec une agence de développement mobile, nous a permis de prendre du recul sur l’impact du numérique et de l’expérience utilisateur pour le secteur bancaire.

Ressenti sur le positionnement des banques en Afrique de l’ouest

S’il y a un secteur en Afrique aujourd’hui qui connaît un besoin pressant d’innover, c’est bien celui de la banque. La montée des produits de substitution (Wari, Joni Joni, etc), le développement des services monétiques des opérateurs télécoms et la croissance des sociétés de micro et méso finance mettent les banques traditionnelles au pied du mur. Que font-elles pour se réinventer, attirer et fidéliser de nouveaux clients ? Est-ce que le marché des comptes publics et des entreprises suffit, et justifie-t-il que le service pour les particuliers soit aussi passable ?

Les banques telles que l’on les connaît aujourd’hui en Europe se sont développées dès le Moyen-Âge. L’invention du chèque n’est survenue qu’au 18ème siècle, et la carte de crédit qu’après 1945 ! Les produits et services bancaires (produits financiers, accueil, supports, etc) ont évolué lentement, et avec les usagers. En Afrique, la plupart des acteurs se sont installés à partir des années 50 seulement, transposant les pratiques occidentales sans s’adapter au contexte. En conséquence, l’expatriation de certains usages et procédés continue de se heurter à de dures contraintes en atterrissant sur le sol africain : logistique, connectivité, ressources humaines, usages numériques des populations, traditions et rapport à l’argent, etc..

Par ailleurs, les utilisateurs africains ayant des profils plus contrastés que ceux trouvés en Europe (zones urbaines vs rurales, lettrés vs illettrés, connectés, semi-connectés, pas connectés), il semble difficile pour des entreprises de services telles que les banques d’identifier des besoins assez communs pour toucher un marché suffisant. Doivent-elles dans ce cas se concentrer sur des marchés de niche, voire premium (classes supérieures, comptes entreprises, etc.) ou bien développer de nouveaux produits et services adaptés à des populations complètement différentes ? Comment réussir ce grand écart en termes d’innovation ? Les défis sont de taille et l’inaction ne pardonne pas dans ce marché en pleine croissance..

Petit tour de situation pour comprendre le contexte des banques positionnées en Afrique : 130 établissements sont agréés en UEMOA (contre 160 environ en France) et sur les 117 millions d’habitants de la zone, seulement 14% sont bancarisés (contre 99% en France). Le potentiel de croissance de la région est donc colossal. Cependant, le marché à se partager aujourd’hui reste très petit, car il est constitué principalement d’entreprises formelles et de personnes des classes moyennes et supérieures.

La pression concurrentielle pourrait donc sembler forte mais vu d’ici, rien ne laisse imaginer que les banques traditionnelles cherchent à satisfaire davantage leur clients particuliers. On constate qu’au lieu de s’affairer à devenir les meilleurs banques possible pour conquérir le marché, les services délivrés restent moyens. Non seulement la banque est un nouveau service pour beaucoup de clients et l’adoptabilité de leur offre est à améliorer, mais surtout les services sont peu adaptés au contexte local. On pense donc à deux axes de travail principaux : améliorer l’existant et créer de nouveaux services.

L’expérience client vécue dans une banque africaine

Pour ceux n’ayant pas eu la chance de se frotter au service des banques dans notre zone, voici une liste non exhaustive de quelques petites pistes d’amélioration :

– Attente parfois très longue (ça s’améliore avec les systèmes de ticketing qui se développent progressivement) ;
– Lorsque le mystérieux et imprévisible « réseau » de la banque est « down », il est impossible de faire toutes sorte d’opérations… alors même que l’on se trouve en agence. Et personne ne pense à en informer le client quand il prend son ticket à l’entrée bien sûr, on attends donc pour rien ;
– Distributeurs automatiques hors services ou non-approvisionnés – et qui parlent anglais !
– Problème de reconnaissance des signatures sur les chèques, entraînant des déplacements inutiles ;
– Manque total de coordination et d’interconnexion entres les différentes agences d’une même banque ;
– Horaires peu pratiques (bon, ça, c’est international) ;
– Accueil très mauvais du personnel, notamment celui chargé de l’accueil !
– Frais incompréhensibles pour les services de base : relevé de compte, RIB, dépôts, etc ;
– Temps beaucoup trop long (plusieurs jours) entre un dépôt de chèque et son arrivé sur le compte (même lorsque le créditeur et le receveur sont dans la même banque et agence) ;
– Services en ligne très mal conçus et peu utiles ;
– Formulaire de dépôt d’espèces sur un tout petit bout de papier : fatiguant et mal fait.
– App mobiles clients quasi inexistantes et peu fonctionnelles ;
– Temps d’ouverture de compte et de réception des chéquiers, des cartes, des codes d’accès en ligne, etc. beaucoup trop long – cela peut prendre plusieurs semaines ;
– Manque de connaissance et d’intérêt des conseillers sur le secteurs du numérique.

Le design d’expérience utilisateur peut-il apporter des solutions ?

L’expérience utilisateur (UX) est une expression employée pour nommer l’ensemble des ressentis de l’utilisateur lors de ses interactions avec un service ou un produit. Ces moments peuvent être perçus comme agréables et constructifs, neutres ou banals, ou carrément désagréables. Un designer UX s’évertue donc à ce qu’un produit soit conçu pour être le plus utile, agréable et facile d’utilisation possible, en se concentrant sur quatre paramètres : la proposition de valeur, la facilité d’utilisation, le plaisir et l’adoptabilité.

En tant qu’agence spécialisée en UX design, nous travaillons au quotidien sur le chantier de l’expérience client sur le continent africain et nous voyons les impacts que cette démarche peut avoir, et pas seulement dans le cadre de projets numériques. Du fait de la particularité des usages numériques des populations africaines par rapport aux populations occidentales (prépondérance du mobile, connectivité, analphabétisme, culture du cash, etc.), de nombreuses entreprises de tous secteurs adoptent désormais les méthodes et outils du UX Design pour la conception et le développement de services numériques innovants.

Dans un prochain article, nous détaillerons le travail de design d’expérience (UX) et d’interface (UI) utilisateur que nous avons réalisé pour cette banque africaine en partenariat avec une agence de développement mobile.

Camille Kramer

(Source : YUX Dakar, 4 mars 2017)


Pour aller plus loin :

– http://www.byfilling.com/thefacts/secteur-bancaire-au-sénégal-comment-améliorer-la-qualité-du-service-client

– http://www.byfilling.com/thefacts/transformation-numérique-quelles-conséquences-pour-les-métiers-de-la-banque-à-l’ère-du-digital

– http://gilleskounou.com/index.php/transition-numerique/item/372-banques-refusez-l-innovation-vous-mourrez-quand-meme-ou-presque

– http://www.bceao.int/Senegal-2336.html

– http://www.mays-mouissi.com/2016/02/16/afrique-quels-sont-les-taux-de-bancarisation-des-pays-de-luemoa/

– http://www.leconomistedufaso.bf/2015/11/09/banques-dans-luemoa-hausse-des-etablissements-agrees/

– Histoire de la plus ancienne banque du Sénégal : https://fr.wikipedia.org/wiki/CBAO_Groupe_Attijariwafa_bank

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4960/5435 Régulation des télécoms
  • 358/5435 Télécentres/Cybercentres
  • 3524/5435 Economie numérique
  • 1872/5435 Politique nationale
  • 5349/5435 Fintech
  • 550/5435 Noms de domaine
  • 2295/5435 Produits et services
  • 1520/5435 Faits divers/Contentieux
  • 773/5435 Nouveau site web
  • 5435/5435 Infrastructures
  • 1854/5435 TIC pour l’éducation
  • 263/5435 Recherche
  • 260/5435 Projet
  • 3772/5435 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1931/5435 Sonatel/Orange
  • 1734/5435 Licences de télécommunications
  • 383/5435 Sudatel/Expresso
  • 1054/5435 Régulation des médias
  • 1414/5435 Applications
  • 1106/5435 Mouvements sociaux
  • 1893/5435 Données personnelles
  • 297/5435 Big Data/Données ouvertes
  • 622/5435 Mouvement consumériste
  • 376/5435 Médias
  • 665/5435 Appels internationaux entrants
  • 1836/5435 Formation
  • 95/5435 Logiciel libre
  • 2441/5435 Politiques africaines
  • 1102/5435 Fiscalité
  • 175/5435 Art et culture
  • 612/5435 Genre
  • 1804/5435 Point de vue
  • 1095/5435 Commerce électronique
  • 1534/5435 Manifestation
  • 336/5435 Presse en ligne
  • 126/5435 Piratage
  • 213/5435 Téléservices
  • 1209/5435 Biométrie/Identité numérique
  • 319/5435 Environnement/Santé
  • 346/5435 Législation/Réglementation
  • 376/5435 Gouvernance
  • 1989/5435 Portrait/Entretien
  • 152/5435 Radio
  • 929/5435 TIC pour la santé
  • 303/5435 Propriété intellectuelle
  • 64/5435 Langues/Localisation
  • 1116/5435 Médias/Réseaux sociaux
  • 2180/5435 Téléphonie
  • 195/5435 Désengagement de l’Etat
  • 1072/5435 Internet
  • 122/5435 Collectivités locales
  • 439/5435 Dédouanement électronique
  • 1228/5435 Usages et comportements
  • 1084/5435 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 587/5435 Audiovisuel
  • 4091/5435 Transformation digitale
  • 393/5435 Affaire Global Voice
  • 161/5435 Géomatique/Géolocalisation
  • 384/5435 Service universel
  • 706/5435 Sentel/Tigo
  • 185/5435 Vie politique
  • 2110/5435 Distinction/Nomination
  • 38/5435 Handicapés
  • 732/5435 Enseignement à distance
  • 723/5435 Contenus numériques
  • 611/5435 Gestion de l’ARTP
  • 199/5435 Radios communautaires
  • 2281/5435 Qualité de service
  • 478/5435 Privatisation/Libéralisation
  • 143/5435 SMSI
  • 572/5435 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2914/5435 Innovation/Entreprenariat
  • 1402/5435 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/5435 Internet des objets
  • 176/5435 Free Sénégal
  • 955/5435 Intelligence artificielle
  • 200/5435 Editorial
  • 8/5435 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5435 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous