OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2013 > Novembre 2013 > Démocratie et Internet : les associations de blogueurs, émergence d’un (…)

Démocratie et Internet : les associations de blogueurs, émergence d’un contre-pouvoir

vendredi 15 novembre 2013

Médias/Réseaux sociaux

Elles sont incontestablement de plus en plus nombreuses. Partout en Afrique, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Mali, au Burkina Faso, les blogueurs se rassemblent au sein d’associations. Soutien technique à la société civile, activisme… certaines sont devenues plus ou moins consciemment des acteurs du jeu politique national. Plongée dans l’univers de ces blogueurs qui révolutionnent la pratique démocratique sur le continent.

Sur le continent africain, peut-être plus qu’ailleurs, bloguer est souvent une affaire politique. « C’est un excellent moyen de contourner un système politique verrouillé et on ne peut honnêtement pas se dire loin de l’activisme », confie René Jackson Nkowa, président du Comité des blogueurs camerounais (une quarantaine de personnes [1]), qui admet cependant que, dans son pays, « les blogs font très peu l’objet de surveillance et de répression de la part du pouvoir ».

Ailleurs, la libre expression est parfois plus difficile à assumer. Elle est même parfois contrainte à la semi-clandestinité quand elle se heurte frontalement au pouvoir. « Si on prend l’exemple du Tchad », explique Baki Youssouphou, blogueur fondateur de We Sign It et fin connaisseur des réseaux d’activistes numériques africains, « on peut dire que tenir un blog et être membre du principal parti d’opposition revient à peu près au même ».

Le blogueur et militant des droits de l’homme tchadien Makaila Nguebla, expulsé dans la nuit du 7 au 8 mai 2013 vers la Guinée-Conakry par les autorités sénégalaises, en a fait l’amère expérience. Tout comme, plus à l’Ouest, en Côte d’Ivoire, Mohamed Diaby et Cyriac Gbogou, qui ont été interrogés par la police, le 4 janvier 2013, pour « interférence dans le fonctionnement de l’administration et dans l’information » lors de la bousculade mortelle du Plateau, la nuit du 31 décembre 2012.

« Dépasser la censure »

Deux épisodes aux significations politiques peu comparables mais qui mettent en lumière l’une des motivations principales des blogueurs du continent pour se regrouper : aller vers plus de sécurité. « Il est essentiel de nous connaître et de nous soutenir mutuellement », explique Justin Yarga, président d’une association regroupant une quinzaine de blogueurs burkinabè. Si un de ses membres « était menacé par le pouvoir », le groupe acquerrait dès lors un rôle de médiateur, ajoute-t-il.

« Faire partie d’un réseau, quel qu’il soit, confère une certaine sécurité », renchérit Demba Guèye, initiateur du hashtag #Kebetu au Sénégal et coordinateur de la Ligue des blogueurs africains. « Toute entrave à la marche d’un des éléments peut créer des réactions en chaîne et des séismes pouvant dépasser les instigateurs de cette censure », ajoute-t-il, fort de l’expérience sénégalaise, qui a particulièrement marqué les esprits lors de la dernière élection présidentielle. Il faut que le pouvoir en place sache qu’il y a une veille active autour de ses actions.

Lancinet Sangaré, Blogueur malien

Dans le cas de Mohamed Diaby et Cyriac Gbogou, la pression des internautes africains, initiée par des groupes ivoiriens, mais également sénégalais, a favorisé une libération relativement rapide des intéressés. Sécurité des membres donc, en particulier grâce à la capacité d’alerte des associations.

Un exemple sénégalais, une particularité ivoirienne

Lancinet Sangaré, président de l’association des blogueurs du Mali (une trentaine de membres), ne fait pas mystère de l’exemple que représente le voisin sénégalais, notamment avec l’expérience #Sunu2012 ou plus récemment lors des pénuries d’eau. Et les liens sont forts entre les communautés de Dakar, dont le blogueur Cheikh Fall, et de Bamako. Mais, au-delà, c’est toute l’Afrique de l’Ouest qui bénéficie de l’expérience sénégalaise et qui se reconnaît aujourd’hui dans un rôle, plus ou moins activiste, de veille démocratique. Au Cameroun, au Burkina Faso, au Togo, où trois jeunes blogueurs ont l’ambition de fédérer leur communauté. « Il faut que le pouvoir en place sache qu’il y a une veille active autour de ses actions. Le Mali vient de loin. C’est pourquoi nous ne laisserons pas faire », explique notamment Lancinet Sangaré.

Les Ivoiriens semblent plus nuancés. « Nous ne pensons même pas au pouvoir. Que ferions-nous avec lui ? », s’interroge Edith Brou, vice-présidente de ABCI (Association des Blogueurs de Côte d’ivoire, qui compte une vingtaine de personnes). « La politique est un univers qui ne rentre dans aucune de nos aspirations, nous disons et pensons ce qui peut aider notre pays à avancer et prospérer », explique-t-elle, concluant : « Nous sommes les interlocuteurs de chaque Ivoirien ». Une exception ? « La Côte d’Ivoire agit différemment du Sénégal », confie Baki Youssouphou. « Là bas, les blogueurs se considèrent davantage comme le support technique d’une société civile qui, grâce à eux, peut agir sur Internet ».

Des ambassadeurs

En quelques années, d’individus isolés, les blogueurs sont progressivement devenus des interlocuteurs du pouvoir, des entités dans une vie politique qui s’ouvre au monde de l’Internet, comme en témoigne l’intérêt croissant des dirigeants du continent aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux. « Aujourd’hui, nous sommes capables de toucher des citoyens et même de plus en plus les gouvernants qui ne sont plus indifférents à ce qui se dit sur les médias sociaux », résume Justin Yarga, au Burkina Faso.

Même si ce n’est, au fond, pas leur but premier, les associations de blogueurs ont dans leur ADN une dose d’activisme politique. En l’assumant de plus en plus ouvertement, celles-ci pourraient aller jusqu’à avoir un impact profond sur les pratiques démocratiques. Car si le système politique est parfois verrouillé, le web, lui, est beaucoup plus ouvert et de plus en plus accessible.

(Source : Jeune Afrique, 15 novembre 2013)


[1] Les chiffres indiqués tiennent compte des membres des associations. Ils peuvent en revanche être beaucoup plus élevés si l’on y inclut les « sympathisants ».

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4834/5203 Régulation des télécoms
  • 354/5203 Télécentres/Cybercentres
  • 3546/5203 Economie numérique
  • 1827/5203 Politique nationale
  • 5100/5203 Fintech
  • 527/5203 Noms de domaine
  • 2476/5203 Produits et services
  • 1498/5203 Faits divers/Contentieux
  • 758/5203 Nouveau site web
  • 5203/5203 Infrastructures
  • 1770/5203 TIC pour l’éducation
  • 192/5203 Recherche
  • 247/5203 Projet
  • 4083/5203 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1913/5203 Sonatel/Orange
  • 1628/5203 Licences de télécommunications
  • 283/5203 Sudatel/Expresso
  • 1027/5203 Régulation des médias
  • 1297/5203 Applications
  • 1068/5203 Mouvements sociaux
  • 1892/5203 Données personnelles
  • 129/5203 Big Data/Données ouvertes
  • 604/5203 Mouvement consumériste
  • 366/5203 Médias
  • 651/5203 Appels internationaux entrants
  • 1718/5203 Formation
  • 97/5203 Logiciel libre
  • 2269/5203 Politiques africaines
  • 1180/5203 Fiscalité
  • 170/5203 Art et culture
  • 590/5203 Genre
  • 1834/5203 Point de vue
  • 1157/5203 Commerce électronique
  • 1552/5203 Manifestation
  • 324/5203 Presse en ligne
  • 127/5203 Piratage
  • 210/5203 Téléservices
  • 1009/5203 Biométrie/Identité numérique
  • 314/5203 Environnement/Santé
  • 341/5203 Législation/Réglementation
  • 361/5203 Gouvernance
  • 2051/5203 Portrait/Entretien
  • 150/5203 Radio
  • 746/5203 TIC pour la santé
  • 281/5203 Propriété intellectuelle
  • 58/5203 Langues/Localisation
  • 1139/5203 Médias/Réseaux sociaux
  • 2362/5203 Téléphonie
  • 193/5203 Désengagement de l’Etat
  • 1042/5203 Internet
  • 120/5203 Collectivités locales
  • 463/5203 Dédouanement électronique
  • 1330/5203 Usages et comportements
  • 1052/5203 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 570/5203 Audiovisuel
  • 3759/5203 Transformation digitale
  • 392/5203 Affaire Global Voice
  • 159/5203 Géomatique/Géolocalisation
  • 392/5203 Service universel
  • 681/5203 Sentel/Tigo
  • 179/5203 Vie politique
  • 1657/5203 Distinction/Nomination
  • 35/5203 Handicapés
  • 714/5203 Enseignement à distance
  • 693/5203 Contenus numériques
  • 599/5203 Gestion de l’ARTP
  • 186/5203 Radios communautaires
  • 2283/5203 Qualité de service
  • 502/5203 Privatisation/Libéralisation
  • 134/5203 SMSI
  • 584/5203 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2784/5203 Innovation/Entreprenariat
  • 1374/5203 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5203 Internet des objets
  • 173/5203 Free Sénégal
  • 904/5203 Intelligence artificielle
  • 202/5203 Editorial
  • 4/5203 Gaming/Jeux vidéos
  • 25/5203 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous