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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2003 > Novembre > Défection du système Gaïndé : Des milliards de F Cfa perdus par les (…)

Défection du système Gaïndé : Des milliards de F Cfa perdus par les commerçants et transitaires

samedi 22 novembre 2003

Dédouanement électronique

Le manque à gagner causé par les dysfonctionnements du système Gaïndé (gestion
automatisée des informations douanières et des échanges) constaté durant toute
cette semaine est estimé à des centaines de milliards de F Cfa. Une situation
qui déstabilise commerçants et transitaires qui comptaient beaucoup sur
l’approche de la fête de korité pour combler des pertes enregistrées l’année durant.

Les problèmes de fonctionnement du système informatique de la Douane communément
appelé Gaïndé ne laisse pas indifférents les commerçants, les dockers, les
transitaires et autres groupuscules qui s’activent quotidiennement au niveau du
port autonome de Dakar (Pad). La panne est très mal tombée à quelques jours de
la Korité où la majeure partie des commerçants font d’importantes commandes.
Conséquence : blocage des marchandises, manque à gagner énorme pour les
commerçants et les transitaires, chômage technique des centaines de père de
famille dockers qui n’ont que le port comme source de revenus. Selon Amadou
Diallo dit « Diallo Djida », transitaire au môle 2 du Pad, " actuellement, le
manque à gagner se chiffre à des centaines de millions de F Cfa. Les
transitaires uniquement peuvent chaque jour enregistrer en moyenne 100 millions
de F Cfa versés au comptant. On atteint cette même somme pour un seul bateau de
riz. Ce qui donne une idée du manque à gagner durant la période où le système
est resté inactif."

Pathé Kâ, commerçant importateur au marché Sandaga fustige de son côté les
conséquences néfastes qu’occasionne ce désagrément.

"A cette période d’approche de fête, ils nous arrivent de faire des chiffres
d’affaires de 3 à 5 millions de FCfa par jour. Donc un manque énorme à gagner
qu’on ne pourra rattraper que l’année prochaine. " Son voisin Mouhamed Touré
abonde dans le même sens et affirme être sous la pression de revendeurs qui
souvent viennent de loin pour s’approvisionner. " Je n’ai réussi à débloquer mes
marchandises que le jeudi 20 novembre passé au lieu du mercredi 19 initialement
prévu alors que les revendeurs font les pieds de grue devant mon magasin pour
récupérer leur dû ", avance t-il.

Ce blocage touche plus les commerçants de produits textiles, de tissus, de la
confection (habillement, prêt à porter…). Les seuls rescapés sont les
commerçants importateurs de denrées périssables comme les fruits et légumes qui
bénéficient d’une déclaration spéciale.

Frais d’emmagasinage supplémentaires

Le responsable de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal
(Unacois), Dame Ndiaye affirme avoir saisi les autorités portuaires hier,
vendredi 21 novembre. Ils lui ont promis de débloquer la situation dans les
quarante-huit heures. Une mesure dont doutent fort les transitaires qui
fustigent le laxisme des responsables face à cette situation. Ces derniers
réclament un système palliatif, c’est-à-dire " retourner à l’ancien système
consistant à enregistrer manuellement les dossiers ", ajoute Diallo Djida.

Ibrahima Lô de l’organisation Unacois-Def , face aux risques de faillite
qu’encourent les commerçants du fait des délais supplémentaires soutient qu’
"avec l’approche des fêtes, nous importons de grandes quantités de marchandises.
Maintenant si les marchandises sont stockées pendant plus de 7 jours, des droits
d’emmagasinage seront réclamés par les services de la douane alors que le retard
est imputable aux services de la douane ".

Les commerçants et transitaires sont actuellement dans l’expectative. Ils
craignent que la situation perdure.

Bacary DABO

(Source : Sud Quotidien 22 novembre 2003)

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