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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2016 > Mars 2016 > Cybercriminalité : Plaidoyer pour une mutualisation des stratégies et moyens

Cybercriminalité : Plaidoyer pour une mutualisation des stratégies et moyens

mercredi 16 mars 2016

Cybersécurité/Cybercriminalité

Les experts, décideurs ou dirigeants, mais aussi les administrations et fournisseurs de solutions de cyber-sécurité, se sont donné rendez-vous hier à Dakar à l’occasion de la troisième édition de “Security Day Afrique” afin de bâtir un environnement informationnel de confiance. Deux jours durant, les participants en provenance d’horizons divers, dont 35 conférenciers et experts dans leur domaine, vont éclairer sur les menaces cyber et les initiatives à entreprendre.

La révolution numérique est une source de croissance durable et un puissant levier d’amélioration des qualités de services mais aussi une menace pour la sécurité dans le monde. Le directeur de cabinet du ministre de la Promotion, des Investissements et des Partenariats, en donnant l’exemple de l’amélioration du climat des affaires grâce aux Tic, a reconnu que sans sécurité ni confiance, il n’y a guère de possibilité de développement du numérique ». Pour lui, « la cyber-sécurité constitue, dans ce contexte, un enjeu majeur pour baliser le développement du numérique et garantir sa transformation en valeur ajoutée ». Sur un autre plan, Ndiogou Diouf a indiqué qu’il importe de souligner qu’à la faveur de la démocratisation sans précédent de l’outil informatique, le cyberespace reste un outil privilégié de propagande et de recrutement, de même qu’une source de financement des multiples activités illicites. « La brûlante actualité marquée par une situation lourde de menaces est là pour nous rappeler, hélas, cette réalité et nous pousser à trouver ici et maintenant les stratégies coordonnées et communes de veille, de sauvegarde et de riposte les plus efficaces », indique Ndiogou Diouf. Il poursuit : « sans doute, cela va donner un cachet particulier au forum et va renforcer son opportunité ». Le numérique, précise-t-il, « est par nature transnational et transcende les frontières. Il présente autant d’opportunités que de menaces. Il impacte à la fois les personnes physiques, morales, les Etats et peut exposer toutes les catégories à des menaces, dangers et grands risques de vulnérabilité ». Dès lors, à l’en croire, il importe d’adopter une approche globale en matière de sécurité, démarche basée sur une coopération internationale et une mutualisation des stratégies et moyens afin de se prémunir contre ces menaces. « Cette démarche nous permettra ainsi de relever le défi du cyber numérique, à savoir garantir la sécurité de l’Etat, renforcer la protection des usagers, prévenir tous les actes de malveillance et assurer l’émergence économique ». Toutefois, dans cette perspective, l’Etat a un rôle primordial à jouer. Il lui revient d’instaurer un dialogue permanent alimenté par des partenariats dynamiques entre les pouvoirs publics, les partenaires privés et la société civile afin de favoriser une étude de cyber vigilance.

En attendant, le gouvernement du Sénégal accordera un traitement attentif et diligent aux travaux et réflexions issus de ce forum afin de faire un meilleur usage possible des recommandations. Ndiogou Diouf se réjouit que Security Day 2016 soit une initiative sénégalaise, organisée en collaboration avec la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (Ceis) et les Eléments français au Sénégal (Efs).

La question du recrutement des terroristes

Pour Ndiogou Diouf, la cyber-sécurité est une composante majeure de la sécurité globale des Etats et partant de la stratégie de défense nationale de notre pays. Cela dénote de l’intérêt tout particulier que notre pays accorde à cet événement. « Cette question se pose avec d’autant plus d’acuité qu’elle intervient dans un contexte marqué par l’essor considérable du numérique dans notre continent et qui révèle au grand jour un potentiel énorme en matière de création de valeurs ajoutées et d’émergence économique », précise M. Diouf. Le numérique agit en effet dans cette société moderne en mutation en facilitateur universel. Il faut promouvoir, selon lui, une vision et une réponse communes face à ces menaces et remettre la confiance numérique aux nombreux usagers.

Le commandant en chef des forces françaises au Sénégal, le contre-amiral Dominique Riban, estime que l’intérêt qu’il y a à échanger, à réfléchir et à définir les pistes d’action en matière de cyber-sécurité et cyber-défense n’est plus à démontrer. A en croire le contre-amiral, par ailleurs directeur général adjoint de l’Anssi (Agence nationale de sécurité et des systèmes d’information) de la France, l’utilisation vertueuse de la cybernétique est, en effet, un enjeu stratégique pour tous. Il a noté que le taux de pénétration mobile en Afrique subsaharienne est vertigineux. Il est passé de 2% en 2000 à 82% en 2015.
L’officier de l’armée française fait remarquer que les cyber-menaces se sont ainsi considérablement développées ces dernières années, y compris en Afrique. « Par définition, un monde sans frontière, le cyberespace est alors devenu la zone de tous les affrontements entre les Etats et leurs cyber-ennemis, terroristes, hackers, criminels. C’est dans ce milieu cybernétique que se joue ainsi la bataille de l’influence dans le champ de la perception. C’est là aussi que s’élaborent et s’exécutent les attaques sur les systèmes d’information et de commandement. C’est là également qu’une partie du recrutement des terroristes s’opère », avise-t-il. Il rappelle qu’une attaque perpétrée en janvier 2015 après les attentats de Paris sur des sites français a eu des répercussions sur des sites francophones situés au Niger et encore au Sénégal. Pour contrer ces menaces, la législation évoluent dans les Etats africains qui s’organisent afin d’être à même de réagir (élaboration de doctrines, création de structures dédiées à la cyber-sécurité et formation).

Cheikh Malick Coly et Mamadou Lamine Diatta

(Source : Le Soleil, 16 mars 2016)

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