OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2024 > Février 2024 > Coupures d’Internet au Sénégal : Moussa Bocar Thiam minimise les impacts (…)

Coupures d’Internet au Sénégal : Moussa Bocar Thiam minimise les impacts économiques

mercredi 14 février 2024

Liberté d’expression/Censure de l’Internet

Les Sénégalais sont habitués des coupures d’internet depuis l’arrivée de Moussa Bocar Thiam à la tête du Ministère de la Communication, des télécommunications et de l’économie numérique. A chaque fois que des manifestations sont programmées, les autorités justifient ces coupures comme moyens de lutter contre « la diffusion, sur les réseaux sociaux, de messages haineux et subversifs » qui provoqueraient des violences.

Il est essentiel de souligner, contrairement à l’analyse du ministre, que l’impact économique de ces coupures est énorme, significatif…

Les coupures de données mobiles ont un impact économique mitigé

Invité de l’émission « Soir d’Info » sur la TFM, Maître Moussa Bocar Thiam a répondu à l’interpellation du journaliste Abdoulaye Der, concernant les coupures d’internet, qui sont une « grave atteinte à la liberté des citoyens » et ayant « un impact sur l’économie ». Car, « il y a beaucoup de gens qui vivent, maintenant, de l’économie numérique… »

Pour lui : « C’est un impact qui est mitigé […] Parce que, pour une entreprise telle que Sonatel, qui domine le secteur de la téléphonie mobile au Sénégal avec un chiffre d’affaires annuel de 1580 milliards de FCFA, la coupure d’internet, pendant une journée ou deux au cours de l’année, n’est pas nécessairement quelque chose qui affecte, significativement, son chiffre d’affaires ou ses activités. »

Les réponses fournies par le ministre nous éclairent sur les raisons qui le poussent à couper l’accès à internet à sa guise : quand il le veut, comme il le veut… Notre ministre ignore réellement les enjeux économiques derrière une journée sans internet mobile dans un pays comme le nôtre.

En tant que ministre de la communication, des télécommunications et de l’économie numérique, Moussa Bocar Thiam ne comprend pas l’ampleur du rôle de l’internet mobile dans l’activité économique d’un pays comme le Sénégal, où 89,56 % (ARTP, 2023) des utilisateurs accèdent à l’internet par l’intermédiaire de leurs appareils mobiles. Par conséquent, il existe un large éventail d’activités économiques qui dépendent de l’internet mobile, y compris des centaines de jeunes entrepreneurs.

Monsieur le ministre, sachez que lorsque l’internet mobile est coupé, ces personnes et ces entreprises n’ont plus accès à la technologie et aux ressources cruciales dont elles ont besoin pour fonctionner. Dès lors, nous avons immédiatement, une perte de productivité, une diminution des ventes, des achats, des transactions financières.

Moussa Bocar Thiam, notez que « les coupures d’Internet affectent l’économie de nombreuses façons, en réduisant la productivité et en engendrant des pertes financières dans le cadre de transactions urgentes. »

Monsieur le ministre, permettez-moi de porter à votre attention l’avis de l’Internet Society, une organisation qui « soutient et promeut le développement d’Internet en tant qu’infrastructure technique mondiale ».

Selon l’organisation, « plusieurs études ont établi l’existence d’un impact réel des coupures sur le Produit Intérieur Brut (PIB) des pays concernés. Par exemple, une étude de la Brookings Institution a démontré que les coupures d’Internet avaient coûté environ 2,4 milliards de dollars aux États entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016, le pays ayant subi le plus de pertes étant l’Inde (968 millions de dollars). Selon un rapport du CIPESA, l’Afrique subsaharienne a perdu 237 millions de dollars à cause de coupures d’Internet depuis 2015. »

Des coupures d’internet pour une réduction des violences

Comme le souligne Internet Society, « les gouvernements ont des craintes et des devoirs légitimes quant à la protection de l’ordre public et de la sécurité nationale pour leurs citoyens. Cependant, toute mesure restreignant la liberté d’expression ou d’association pour arriver à ces fins doit rester exceptionnelle, disposer d’un fondement légal et être strictement nécessaire et proportionnelle à son objectif légitime. Lors des coupures, de nombreux citoyens peuvent ressentir une violation de leurs droits fondamentaux, ce qui engendre un sentiment de mécontentement et d’insécurité pouvant avoir des conséquences négatives sur la stabilité du pays. »

Tous les gouvernements qui coupent l’accès à internet ont l’idée que cela peut empêcher les gens de communiquer pour organiser des manifestations, d’échanger à travers les réseaux sociaux et surtout de diffuser en direct, avec des images et des vidéos, l’ampleur des manifestations. Des fois, c’est surtout, pour leur empêcher de dévoiler les violences faites par les forces de sécurité sur les populations qui manifestent de façon pacifique.

Les autorités doivent savoir que ce blocage de l’accès à l’internet peut entraîner un sentiment d’isolement et de confusion parmi les citoyens. Parce que, les populations n’arrivent plus à accéder à des informations ou à communiquer avec leurs proches. Pire encore, cela peut pousser certains jeunes, qui n’ont plus d’occupation, car n’ayant plus accès à internet, de sortir dans les rues…

Monsieur le ministre, sachez, quand des manifestations sont annoncées, la plupart des établissements d’enseignement supérieur font des cours à distance. Par conséquent, les étudiants ont besoin d’accès à la connexion internet pour suivre les cours. D’un autre coté, des malades utilisent la connexion internet mobile pour échanger avec des professionnels de la santé.

En outre, cela entrave le travail des journalistes qui assurent leur rôle lors de tels événements. Dès lors, c’est une vraie violation du droit à l’information.

Or, pour rappel, dans le préambule de la Charte de Munich, adoptée en 1971, nous pouvons lire que : « Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain. »

Alors, il est surprenant d’entendre, un ministre de la communication, des télécommunications et de l’économie numérique, affirmer que les diverses interruptions de l’internet ont un impact mitigé sur notre économie.

Nous estimons que, recourir à la coupure d’internet en réponse à des populations qui estiment que leurs libertés sont bafouées et que leur droit d’expression est restreint, c’est tout simplement, ne pas s’attaquer aux problèmes sous-jacents qui poussent les gens à descendre dans la rue.

(Source : Social Net Link, 14 février 2024)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 8631/8631 Régulation des télécoms
  • 692/8631 Télécentres/Cybercentres
  • 3522/8631 Economie numérique
  • 3454/8631 Politique nationale
  • 6861/8631 Fintech
  • 526/8631 Noms de domaine
  • 2039/8631 Produits et services
  • 1505/8631 Faits divers/Contentieux
  • 789/8631 Nouveau site web
  • 5167/8631 Infrastructures
  • 2027/8631 TIC pour l’éducation
  • 209/8631 Recherche
  • 307/8631 Projet
  • 3874/8631 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2059/8631 Sonatel/Orange
  • 1609/8631 Licences de télécommunications
  • 279/8631 Sudatel/Expresso
  • 1051/8631 Régulation des médias
  • 1360/8631 Applications
  • 1094/8631 Mouvements sociaux
  • 1704/8631 Données personnelles
  • 127/8631 Big Data/Données ouvertes
  • 607/8631 Mouvement consumériste
  • 401/8631 Médias
  • 647/8631 Appels internationaux entrants
  • 1910/8631 Formation
  • 105/8631 Logiciel libre
  • 2183/8631 Politiques africaines
  • 1177/8631 Fiscalité
  • 192/8631 Art et culture
  • 644/8631 Genre
  • 3157/8631 Point de vue
  • 1269/8631 Commerce électronique
  • 1618/8631 Manifestation
  • 353/8631 Presse en ligne
  • 139/8631 Piratage
  • 288/8631 Téléservices
  • 932/8631 Biométrie/Identité numérique
  • 318/8631 Environnement/Santé
  • 357/8631 Législation/Réglementation
  • 362/8631 Gouvernance
  • 1838/8631 Portrait/Entretien
  • 182/8631 Radio
  • 752/8631 TIC pour la santé
  • 293/8631 Propriété intellectuelle
  • 69/8631 Langues/Localisation
  • 1083/8631 Médias/Réseaux sociaux
  • 2413/8631 Téléphonie
  • 192/8631 Désengagement de l’Etat
  • 1059/8631 Internet
  • 119/8631 Collectivités locales
  • 454/8631 Dédouanement électronique
  • 1200/8631 Usages et comportements
  • 1039/8631 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 656/8631 Audiovisuel
  • 3401/8631 Transformation digitale
  • 386/8631 Affaire Global Voice
  • 177/8631 Géomatique/Géolocalisation
  • 395/8631 Service universel
  • 673/8631 Sentel/Tigo
  • 199/8631 Vie politique
  • 1553/8631 Distinction/Nomination
  • 40/8631 Handicapés
  • 795/8631 Enseignement à distance
  • 695/8631 Contenus numériques
  • 599/8631 Gestion de l’ARTP
  • 239/8631 Radios communautaires
  • 1923/8631 Qualité de service
  • 571/8631 Privatisation/Libéralisation
  • 232/8631 SMSI
  • 597/8631 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2880/8631 Innovation/Entreprenariat
  • 1365/8631 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/8631 Internet des objets
  • 173/8631 Free Sénégal
  • 601/8631 Intelligence artificielle
  • 201/8631 Editorial
  • 4/8631 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/8631 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous