OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Décembre 2021 > Côte d’Ivoire : la guerre des prix dans le Mobile Money et la motivation des (…)

Côte d’Ivoire : la guerre des prix dans le Mobile Money et la motivation des agents dans les zones rurales

vendredi 31 décembre 2021

Fintech

Il est à peine 6h30 du matin que les premiers points de vente des services de Mobile Money commencent à ouvrir à Soubré, ville cacaoyère au sud-ouest de la Côte d’Ivoire, dans le district de Bas-Sassandra. On aperçoit facilement au-dessus de petits kiosques alignés le long des artères principales des petites pancartes bleues toutes neuves avec une mascotte pingouin qui bousculent les éternelles pancartes noire-orange.

Dans la décennie actuelle, le Mobile Money et les réseaux d’agents se positionnent comme un levier et un maillon pour favoriser l’inclusion économique, sociale et financière du dernier kilomètre. Avec un taux de bancarisation élargi de 30,8%, et le taux de pénétration des services de Mobile Money de 73%, le Mobile Money continue de jouer un rôle de plus en plus important dans l’inclusion financière de la Côte d’Ivoire.

Selon le rapport trimestriel de l’ARTCI (Mars 2021), l’offre de Mobile Money était jusque-là tenue en Côte d’Ivoire par les trois principaux opérateurs de téléphone mobile avec des parts de 48,3%, 41,1% et 10,6% respectivement pour Orange, MTN et Moov. Orange CI a été le leader de l’offre des services de Mobile Money en Côte d’Ivoire et la concurrence était faible sur le marché jusqu’à l’arrivée de Wave en Avril 2021. Deux mois après le lancement des activités de Wave, dans le rapport de l’ARTCI (30 Juin 2021), les parts de marché de Orange et MTN ont chuté respectivement de 8,7% (malgré une hausse du nombre d’abonnés de 3,2% à la téléphonie mobile) et de 1,7%. Et le cumul global des trois opérateurs indique un recul de 4,6%.

L’actuelle concurrence (Wave et les OTM existants) sur le marché ouest-africain dans l’offre des services de dépôts, retrait et transferts (Mobile Money) n’a pas seulement eu des conséquences sur les parts de marché. Les fournisseurs de services de mobile money se sont lancés dans une guerre des prix qui impacte les frais des transactions et les commissions des agents.

Wave, un modèle innovant mais peu convivial avec la population rurale...

Le modèle de service de Wave est innovant et prend en compte de nombreux problèmes pour lesquels les agents se plaignaient depuis plusieurs années.
Le processus d’enregistrement pour les détenteurs d’un smartphone est plus simple et rapide (via une application qui fournit un QR code). Mais pour les détenteurs de téléphones basiques, il faut nécessairement se rendre chez un agent qui enregistre et remet une carte QR code à apporter à chaque transaction, une exigence de plus par rapport aux OTM. Avec un taux de 152% de pénétration de la téléphonie, les téléphones basiques sont les plus nombreux dans les zones rurales de la Côte d’Ivoire. Signalons aussi qu’il est difficile de consulter sa balance sur son compte Wave avec ce type de téléphone. Pour le faire, il faut également se rendre chez un agent Wave.
Wave s’est positionnée avec sa politique de suppression de la double tarification. A la surprise de la population ivoirienne, avec Wave, les dépôts et retraits sont gratuits et seulement le transfert national à 1% et le transfert vers les pays limitrophes à 1,5%. Comme le dit le philosophe Sénèque, La crainte de la guerre est encore pire que la guerre elle-même, et pour faire face à ce niveau de prix largement en dessous de la moyenne, toutes les grilles de tarification des autres opérateurs se sont ajustées à celle proposée par le nouvel entrant.

D’aucuns ne s’étonnent de cet ajustement des prix longtemps offerts sur le marché ivoirien de Mobile Money. « Donc ces opérateurs nous ont escroqué pendant tout ce temps. Si aujourd’hui ils peuvent baisser leurs tarifs, ils ne sont pas honnêtes. Ils ne nous aiment pas. Bienvenue à Wave ». s’étonne Fabiola, vendeuse au grand marché de Soubré. Cet ajustement des prix s’observe comme une petite victoire de Wave comme le déclare Mme Coura Carine SENE, DG WAEMU de Wave Mobile Money : « (...) Wave se réjouit de l’alignement des acteurs du mobile money à un business model qui était tant critiqué ».Si les populations s’en sortent jusque-là gagnantes dans cette bataille, il en est de loin pour certains agents dans les milieux ruraux de Soubré.

Un support pour offrir des services, mais des commissions impactées

Certains agents ruraux pensent que Wave est cet opérateur qui a compris leurs besoins de liquidité en offrant un fonds et un téléphone pour démarrer les activités et l’acteur a créé de la panique sur le marché de Mobile Money. Certaines décisions prises par les opérateurs ont influencé les activités des agents dans les zones rurales.

“On a bloqué mes puces de transactions de certains agents (la mienne incluse) et pas d’autres pour 2 semaines, et je devrais me rendre jusqu’à Abidjan (environs 410km) pour que l’accès me soit restauré” me confirme un agent. Tous les opérateurs ont changé leurs commissions sauf Orange, qui a notifié que ces commissions seront revisitées après la période traite de cacao.

Le modèle de commission de Wave est basé sur le volume de transactions journalières à la différence des autres opérateurs qui appliquent la rémunération par transaction, modèle préféré par les agents. La préférence de la population pour les transactions Wave a fait basculer un nombre important de transaction des autres opérateurs. Les changements de niveaux de commissions et la préférence pour les transactions Wave créent une incertitude du paquet total de commissions gagnées par les agents mensuellement.

Il se dégage que l’entrée de Wave sur le marché a eu comme autre conséquence de diminuer les transactions des autres opérateurs à son profit. Selon les agents dans les milieux ruraux, ce basculement impacte négativement leurs commissions. Face à cette perception, les agents dans les milieux ruraux se trouvent devant un dilemme entre l’opérateur préféré et les commissions offertes par cet opérateur.

Dans une perspective où les questionnements sont le prix juste et les besoins des clients, toutes les parties prenantes au modèle en tirent profit et non qu’ils n’ont d’autres choix qu’à être des partenaires, la rentabilité basée sur l’impact est importante, toutefois, plusieurs personnes se posent la question sur la performance et la viabilité du modèle de Wave. Vu qu’il n’existe pas de définition universelle d’un réseau d’agents « performant », il est actuellement encore tôt de se prononcer sur le modèle de Wave. Cependant, selon les rapports de Microsave sur les réseaux d’agents performants et les principaux éléments qui déterminent le succès des réseaux d’agents, certains indicateurs comme une proposition de valeur clairement définie et une bonne connaissance de la concurrence permettent aux prestataires de services financiers digitaux de mettre en place un réseau d’agents qui les aidera à réaliser leurs objectifs.

Microsave Consulting a accompagné plusieurs entités dans l’amélioration de leurs stratégies, des opérations et des processus de leurs réseaux d’agents, a mené des recherches pour comprendre l’environnement des agents bancaires, leurs motivations, a formé des professionnels sur la gestion d’un réseau d’agents et a offert des formations et supports aux agents afin d’augmenter considérablement les transactions et leur efficacité. Cet appui se base sur des entretiens menés avec plus de 40 000 agents à travers le monde pour identifier les facteurs responsables du succès ou de l’échec des réseaux d’agents. Cela aide nos clients à améliorer leurs stratégies de réseau d’agents, leurs systèmes de gestion de liquidité, leurs formations à la sélection des agents et leurs approches de recrutement. Mais surtout, dans un contexte de forte concurrence, ils ont rendu la proposition de valeur pour les agents plus attrayante et permis de réduire le taux d’inactivité et d’abandon.

Rocky Abdoul

(Source : MicroSave Consulting, 31 décembre 2021)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6547/7922 Régulation des télécoms
  • 540/7922 Télécentres/Cybercentres
  • 5112/7922 Economie numérique
  • 2593/7922 Politique nationale
  • 7557/7922 Fintech
  • 784/7922 Noms de domaine
  • 2879/7922 Produits et services
  • 2230/7922 Faits divers/Contentieux
  • 1175/7922 Nouveau site web
  • 7922/7922 Infrastructures
  • 2595/7922 TIC pour l’éducation
  • 281/7922 Recherche
  • 376/7922 Projet
  • 5154/7922 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2701/7922 Sonatel/Orange
  • 2536/7922 Licences de télécommunications
  • 456/7922 Sudatel/Expresso
  • 1480/7922 Régulation des médias
  • 2138/7922 Applications
  • 1634/7922 Mouvements sociaux
  • 2508/7922 Données personnelles
  • 195/7922 Big Data/Données ouvertes
  • 907/7922 Mouvement consumériste
  • 558/7922 Médias
  • 1017/7922 Appels internationaux entrants
  • 2675/7922 Formation
  • 144/7922 Logiciel libre
  • 3130/7922 Politiques africaines
  • 1637/7922 Fiscalité
  • 278/7922 Art et culture
  • 899/7922 Genre
  • 2575/7922 Point de vue
  • 1517/7922 Commerce électronique
  • 2301/7922 Manifestation
  • 543/7922 Presse en ligne
  • 195/7922 Piratage
  • 319/7922 Téléservices
  • 1463/7922 Biométrie/Identité numérique
  • 465/7922 Environnement/Santé
  • 617/7922 Législation/Réglementation
  • 576/7922 Gouvernance
  • 2657/7922 Portrait/Entretien
  • 224/7922 Radio
  • 1152/7922 TIC pour la santé
  • 485/7922 Propriété intellectuelle
  • 85/7922 Langues/Localisation
  • 1658/7922 Médias/Réseaux sociaux
  • 2934/7922 Téléphonie
  • 302/7922 Désengagement de l’Etat
  • 1582/7922 Internet
  • 173/7922 Collectivités locales
  • 602/7922 Dédouanement électronique
  • 2117/7922 Usages et comportements
  • 1561/7922 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 854/7922 Audiovisuel
  • 4749/7922 Transformation digitale
  • 588/7922 Affaire Global Voice
  • 234/7922 Géomatique/Géolocalisation
  • 481/7922 Service universel
  • 1048/7922 Sentel/Tigo
  • 265/7922 Vie politique
  • 2309/7922 Distinction/Nomination
  • 50/7922 Handicapés
  • 1047/7922 Enseignement à distance
  • 1038/7922 Contenus numériques
  • 890/7922 Gestion de l’ARTP
  • 292/7922 Radios communautaires
  • 2883/7922 Qualité de service
  • 668/7922 Privatisation/Libéralisation
  • 205/7922 SMSI
  • 712/7922 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4114/7922 Innovation/Entreprenariat
  • 2156/7922 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 72/7922 Internet des objets
  • 255/7922 Free Sénégal
  • 1122/7922 Intelligence artificielle
  • 297/7922 Editorial
  • 92/7922 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous