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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2024 > Mars 2024 > Côte d’Ivoire : L’ARTCI menace de sanctionner Starlink pour fourniture des (…)

Côte d’Ivoire : L’ARTCI menace de sanctionner Starlink pour fourniture des services Internet sans autorisation

mardi 19 mars 2024

Régulation des télécoms

L’Autorité de régulation des télécommunications de la Côte d’Ivoire (ARTCI) a publié ce 19 mars 2024 un communiqué rappelant aux usagers de télécoms du pays que Starlink n’est pas autorisé à commercialiser ses services Internet dans le pays. La commercialisation et l’utilisation des kits (antennes) Starlink sur l’ensemble du territoire ivoirien est donc illégal, d’après le régulateur télécoms.

Le gendarme des communications électroniques de la Côte d’Ivoire rappelle que l’activité d’établissement et d’exploitation de réseaux de télécommunications/TIC pour la fourniture de services d’accès à Internet est soumise à une licence individuelle de catégorie 1C ou de catégorie 1A, conformément à l’Ordonnance n’ 2012-293 du 21 mars 2012 relative aux Télécommunications et aux Technologies de l’information et de la communication.

Dans son communiqué, l’ARTCI informe les populations, les personnes morales et tous les acteurs du secteur des télécommunications/TIC qu’à ce jour, la société STARLINK n’est nullement détentrice de l’une des licences individuelles requises pour l’établissement et l’exploitation de réseaux de télécommunications/TIC en vue de la fourniture de services d’accès à Internet en Côte d’Ivoire.

“L’ARTCI rappelle que l’établissement et l’exploitation de réseaux de télécommunications/TIC pour la fourniture du service d’accès à Internet sans autorisation est illégale et passible de sanctions prévues par la réglementation en vigueur”, menace la direction générale de l’ARTCI pilotée par Namahoua Bamba Touré.

L’ARTCI invite par conséquent les populations à souscrire au service d’accès à internet exclusivement chez les opérateurs et fournisseurs de services de télécommunications dûment autorisés. Elle cite à cet effet :

– Au nombre des titulaires de la licence de catégorie lA :

  • MOOV AFRICA CÔTE D’IVOIRE ;
  • MTN CÔTE D’IVOIRE ;
  • ORANGE CÔTE D’IVOIRE ;

– Au nombre des titulaires de la licence de catégorie 1C :

  • KONNECT AFRICA CÔTE D’IVOIRE ;
  • QUANTIS CÔTE D’IVOIRE ;
  • GROUPE VIVENDI AFRICA CÔTE D’IVOIRE ;
  • DATACONNECT ;
  • VIPNET ;
  • CÔTE D’IVOIRE DATA.

STARLINK, un réseau disponible partout

En effet, le réseau Internet de Starlink est disponible partout dans le monde en haut débit et aide les villes, mais surtout les zones rurales et les zones blanches non desservies par les FAI à être connectées sur Internet. Particularité de l’offre de Starlink, la qualité fluide de la connexion Internet avec des débits allant parfois jusqu’à 260 Mbps.

D’ailleurs Starlink indique que son réseau “est parfaitement adapté aux zones où la connectivité n’est pas fiable ou est totalement indisponible”. “Des populations du monde entier utilisent Starlink pour accéder à l’éducation, aux services de santé et même aux communications en cas de catastrophe naturelle”, s’en vante Starlink.

Bon nombre d’Africains optent donc pour cette offre en achetant l’antenne (ou le kit) STARLINK en Europe qu’ils rentrent avec en Afrique, l’installent, puis souscrivent à un forfait mensuel Starlink en s’enregistrant en ligne comme étant utilisateur d’un pays où Starlink opère légalement. Ceux qui le font en Afrique centrale et de l’Ouest s’enregistrent généralement comme utilisateurs du Nigeria.

D’autres ont même fait de l’importation des kits Starlink en Afrique leur business. Ils les achètent à 250 000 francs Cfa environ en Europe et revendent cela en Afrique à des prix variant de 400 000 francs Cfa à 800 000 francs Cfa. C’est le cas au Cameroun et dans de nombreux pays africains.
Le communiqué de l’ARTCI vise à mettre fin à cette pratique et à inciter l’entreprise américaine Space X qui commercialise STARLINK à s’installer légalement en Côte d’Ivoire. La RD Congo a également publié hier, 18 mars 2024 un communiqué pareil interdisant la commercialisation et l’utilisation des kits Starlink.

En 2024, Starlink légalement en Côte d’Ivoire ?

En Afrique aujourd’hui, Starlink revendique déjà une présence officielle dans cinq pays : le Nigeria, le Mozambique, la Zambie, le Kenya et le Rwanda. L’opérateur américain indique que plusieurs pays africains seront officiellement et légalement activés en 2024. C’est le cas de la Côte d’Ivoire selon les prévisions de Starlink. Le communiqué de l’ARTCI laisse croire que les démarches de STARLINK dans ce pays en vue de son officialisation n’ont pas encore commencées.

En 2025, Starlink prévoit également de poursuivre son installation officielle dans plusieurs pays dont la RD Congo et le Cameroun.

D’après le décompte de l’astronome Jonathan McDowell qui suit la progression de Starlink dans l’espace, en mars 2024, Space X totalisait déjà 5 504 satellites Starlink en orbite, dont 5 442 opérationnels.

Les satellites Starlink ont une durée de vie d’environ cinq ans et SpaceX ambitionne porter cette mégaconstellation à 42 000 satellites. D’après les sites web spécialisés, la version actuelle V2 du satellite Starlink pèse environ 800 kg au lancement, soit près de trois fois plus que les satellites de l’ancienne génération (qui pèsent 260 kg), selon Spaceflight Now.

Les satellites Starlink sont en orbite à environ 550 kilomètres au-dessus de la terre et offrent, d’après les spécialistes, un spectacle grandiose aux observateurs lorsqu’ils se déplacent dans le ciel. Pour certains, ce spectacle n’est pas apprécié de tous et peut gêner considérablement les observations optiques et radioastronomiques.

Egalement gênant, le déploiement de STARLINK en Afrique par personnes interposées. Situation qui embarrasse de nombreux régulateurs télécoms africains partagés entre l’interdiction de STARLINK et la tolérance administrative. Surtout en cette période où les services Internet sont perturbés par l’incident ayant paralysé quatre câbles sous-marins à fibre optique, déconnectant par là de nombreux pays.

Beaugas Orain DJOYUM

(Source : Digital Business Africa, 19 mars 2024)

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