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Comment accompagner les FinTechs pour réussir le pari de l’inclusion financière ?

mercredi 8 juillet 2020

Fintech

Le cabinet de conseil MicroSave Consulting (MSC) a mené six études qui ont analysé les besoins et les contraintes de l’activité encore embryonnaire mais néanmoins stratégique des FinTechs au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali, en RDC, au Sénégal et au Togo, pour accélérer l’inclusion financière.

Le constat est de plus en plus établi que les FinTechs apparaissent comme une solution idéale pour l’inclusion financière des populations africaines se trouvant hors du système bancaire formel. Les technologies émergentes créent des opportunités d’emplois et offrent la possibilité de réduire les coûts de distribution de produits et services adaptés. Les prévisions de la Banque mondiale sur l’Afrique francophone sont encourageantes : d’ici 2021, 62,5 % des économies africaines à croissance rapide se trouveront en Afrique francophone, où la population jeune est importante.

Cependant le combat est loin d’être gagné pour un secteur qui en est à ses balbutiements. C’est dans le cadre du programme de la Fondation Mastercard pour le renforcement des capacités en Afrique francophone, que le cabinet d’étude MicroSave Consulting (MSC) a mené une étude sur le rôle que peuvent jouer les start-ups FinTechs pour accélérer l’inclusion financière dans six pays (Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, RD Congo, Sénégal, Togo).

Dans le cadre de ces études, les FinTechs désignent les entreprises en phase de démarrage (« start-ups ») axées ou fondées sur la technologie, qui utilisent ou fournissent des technologies modernes et innovantes dans le domaine financier. Pour les FinTechs, la technologie est un outil clé qui leur permet de proposer aux consommateurs, des services bancaires ou financiers ayant un meilleur rapport coût/efficacité.

Les FinTechs ont besoin d’être soutenues

La Côte d’Ivoire avec 37 FinTechs, et le Sénégal avec 24, restent en tête de la région en termes de croissance et d’investissement dans le secteur. Ces dernières se concentrent principalement sur la facilitation de la distribution des offres de services financiers. En Côte d’Ivoire 28 FinTechs sur 37 sont spécialisées dans le paiement numérique alors qu’elles sont 17 sur 24 au Sénégal.

Avec les faibles taux de bancarisation (15 % en Côte d’ivoire et 34 % au Togo) et l’adhésion des populations aux comptes mobiles, les FinTechs sont un atout pour les gouvernements afin d’améliorer les capacités financières et les compétences digitales en vue d‘exploiter l’économie numérique. Les FinTechs peuvent contribuer à une meilleure conception des comptes bancaires et des produits de paiement, les rendre accessibles, avec une meilleure expérience utilisateur et une sensibilisation améliorée. Elles peuvent rendre les services plus efficaces et réduire les barrières à l’entrée sur le marché. Pourtant, ces avantages comportent des risques, en termes de protection des fonds des clients, protection des données et vie privée et fracture numérique. S’ils ne sont pas gérés de manière adéquate, ces risques pourraient compromettre l’inclusion financière.

Stimulée par les FinTechs, l’inclusion financière reste le principal domaine d’intervention des investisseurs en capital-risque spécialisés dans la technologie et le numérique au sein du continent, attirant 54,5 % du montant total des financements. Des FinTechs dirigées ou cofondées par des femmes ont vu le jour, mais dans plusieurs pays les femmes n’ont pas encore réussi à se faire une place dans le secteur.

Les gouvernements sont conscients de la nécessité d’exploiter le numérique et certains prennent des initiatives pour stimuler l’entrepreneuriat. Toutefois, le constat est que les pays francophones couverts par cette étude sur les FinTechs se trouvent au début de cette évolution et auront besoin du soutien des banques centrales, des gouvernements, des investisseurs, des donateurs, des entreprises, des mentors et des entrepreneurs pour faire progresser le secteur de façon collective.

Le marché est mûr pour l’innovation, mais il faudra un effort collectif pour remédier aux lacunes actuelles, qui comprennent les contraintes réglementaires, la faiblesse des systèmes juridiques, le manque de connaissances financières et numériques et l’absence d’antécédents de crédit, pour exploiter le marché potentiel.

Des difficultés

L’étude a montré que l’espace FinTechs est embryonnaire, se situant pour l’essentiel en phase de démarrage. Beaucoup d’entre elles ont du mal à atteindre la maturité en raison du manque de compétences managériales de leurs fondateurs et de leur incapacité à trouver un soutien approprié. Compte tenu de la nature informelle de ces entreprises sur plusieurs marchés, les opérateurs historiques sont peu enclins à nouer des partenariats en raison des risques encourus. Il existe peu ou pas de possibilités de financement à un stade précoce. Les possibilités de financement sont limitées pour les FinTechs, sauf dans le cadre de concours d’innovation et de subventions accordées par des bailleurs de fonds. Ces concours débouchent sur de très bonnes solutions proposées par de jeunes entrepreneurs, mais elles sont souvent incapables d’atteindre le marché faute de financement durable.
Pour les opérateurs historiques, les FinTechs ne sont pas encore susceptibles de jouer un rôle déterminant dans leurs stratégies commerciales ou de les aider à faire progresser la centralité du client.

Les FinTechs font face à différents défis dû à l’environnement de l’écosystème. Parmi eux : un accès aux crédits difficiles, un climat frileux aux affaires, le manque d’identité numérique et une réglementation peu favorable. Les études ont fourni beaucoup de recommandations pour les aider à surmonter les barrières. Si celles-ci peuvent sensiblement différer d’un pays à un autre, il y a des constantes : incitations fiscales, un accès équitable pour l’USSD (fonctionnalité pour les services mobiles de type sous forme de codes), le renforcement de la collaboration et des partenariats entre acteurs existants et FinTechs, et la nécessité de trouver des solutions alternatives à leur financement.

(Source : Financial Afrik, 8 juillet 2020)

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