OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2009 > Juin > Cherté de la téléphonie mobile au Sénégal : L’Artp interpellée

Cherté de la téléphonie mobile au Sénégal : L’Artp interpellée

vendredi 5 juin 2009

Privatisation/Libéralisation

La libéralisation des télécommunications sénégalaises a été inexorablement amorcée depuis 1996 et il est mieux indiqué maintenant de réfléchir sur la manière d’en faire un choix acceptable. Puisque les carences managériales et financières de l’Etat ne peuvent être résolues que par l’appel aux capitaux privés, la polémique sur la pertinence de la privatisation de la Sonatel doit être dépassée. Sous l’angle économique, chaque choix de libéralisation doit être basé sur une évaluation préalable établissant sa pertinence, et le cas échéant, il est indispensable de mettre sur pied un mécanisme d’accompagnement qui puisse faire de la libéralisation un choix préférable au monopole public en termes d’avantages collectifs. Une telle vocation est réservée à l’encadrement institutionnel qui l’exerce au Sénégal, par le biais du code des télécommunications de 2001 et de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Art).

Il s’agit, d’une part, d’enrayer les quatre défaillances du monopole public que sont le manque de rigueur de gestion, les problèmes de qualité, les déséquilibres tarifaires et la carence des investissements. Et d’autre part, d’instaurer par le biais de la concurrence, une dynamique d’évolution du secteur qui favorise les baisses de prix, la création d’emplois et le progrès technique. Tels sont d’ailleurs les principaux objectifs de la libéralisation clairement spécifiés dans les missions de l’Artp.

Cependant, à part le progrès technique appréciable observé dans le secteur et les investissements qui y sont réalisés chaque année, les attentes des Sénégalais en termes tarifaires et de qualité sont apparemment déçues. Malgré la concurrence, les prix sont encore à un niveau inacceptable. Les bénéfices affichés par la Sonatel et Tigo sont anormalement élevés et la fréquence des promotions montre que des baisses tarifaires conséquentes sont encore possibles. Au niveau de l’interconnexion (entre Tigo, Orange Sn et Expresso), il faut moins de 10 minutes de communications intérieures pour consommer une carte de 1 000 F Cfa dans un contexte où la crise économique et l’inflation ont considérablement laminé le pouvoir d’achat des Snégalais. Cette surenchère tarifaire réside dans les conditions d’interconnexions entre opérateurs mobiles qui semblent coûter cher.

Le plus gênant est que l’opérateur historique Sonatel, appartenant à 28 % aux Sénégalais, applique généralement les tarifs les plus élevés dans les communications off net (interconnexion). Expresso applique pratiquement les mêmes tarifs qu’Orange Sn avec environ 30 F Cfa le Sms et 100 F Cfa la minute de communication. Mais pour le moment, l’interconnexion entre Tigo et Orange Sn revêt un plus grand intérêt puisqu’elle concerne l’écrasante majorité des usagers sénégalais. Tigo favorise les communications directes en les rendant plus incitatives (promotions sur options d’appels illimités) par rapport aux Sms qu’elle facture 50 F Cfa vers Orange Sn. Un Sms d’Orange Sn vers Tigo ne coûtant que 30 F Cfa depuis quelques semaines au lieu des 75 F Cfa habituels.

En plus de ces promotions bien appréciées par ses clients, Tigo applique un tarif de 100 F Cfa à chaque minute off net vers Orange Sn. Par contre chaque appel d’Orange Sn vers Tigo coûte 115 F Cfa la minute. Cependant, d’un point de vue global, ce niveau tarifaire semble supérieur à la norme dans cet univers concurrentiel et cela augure péremptoirement une défaillance réglementaire. Il s’agit d’une interconnexion symétrique car les opérateurs ont leurs propres réseaux et un accès direct à leurs clients ; et cette interconnexion doit être placée sous la supervision permanente de l’Artp.

En effet, comme les opérateurs fixent les charges d’interconnexion eux-mêmes, celles-ci non seulement risquent d’être supérieures à la norme, mais elles peuvent également être l’assiette de stratégies de collusion entre les opérateurs. Les options réglementaires à ce niveau doivent témoigner de leur propension à maximiser l’utilité du consommateur dès lors que la tarification de l’interconnexion entre opérateurs influence totalement la détermination du tarif final. Or le réseau mobile sénégalais est encore loin de son point de saturation. Le secteur est encore porteur d’importantes économies d’échelles du fait du potentiel important de nouveaux consommateurs dans les milieux ruraux, mais aussi de l’incrustation du téléphone portable comme moyen de communication moderne, accessible et facile, auquel les Sénégalais s’habituent de plus en plus. Donc pour assurer son efficacité économique, l’action de l’Artp dans la détermination des charges d’interconnexion doit être basée sur la poursuite d’objectifs précis à court et moyen terme. Deux résultats fondamentaux doivent être recherchés :

1. La privatisation de la Sonatel continue toujours d’être considérée par les Sénégalais comme une arnaque sur un patrimoine public stratégique. Les Sénégalais s’estiment alors spoliés parce que l’entreprise fait actuellement de très bons résultats qui auraient pu être comptabilisés dans le budget de l’Etat si le monopole public était maintenu. Mais il faut éviter d’avoir le beurre et de réclamer l’argent ayant servi à son achat. La Sonatel est ce qu’il est aujourd’hui grâce à sa privatisation et la rémunération des capitaux privés en a été la condition. Mais à quel niveau s’arrête ce droit aux profits privés ? En tout état de cause, si tous les avantages collectifs escomptés dans la privatisation sont phagocytés dans les intérêts privés, on peut donner raison à ceux qui crient à la spoliation. Donc le rôle de l’Artp est de concilier les objectifs de rentabilité des capitaux privés avec les objectifs d’amélioration de la satisfaction des consommateurs. Dès lors, une juste profitabilité privée et un service de qualité à tarifs très abordables sont les deux éléments qui fondent la légitimité de la libéralisation.

2. L’efficacité globale du secteur ne proviendra point d’une concurrence sauvage non encadrée qui peut être la source d’une guerre commerciale ruineuse ou d’un rachat des faibles opérateurs par les opérateurs financièrement mieux lotis. La défaillance réglementaire peut également se traduire par une collusion entre les opérateurs. Une telle situation peut reconduire à la concentration du secteur, au retour des défaillances de marché et donc à un échec avéré de la libéralisation. Pour parer à cette éventualité, l’Artp doit d’abord se fixer une vision claire d’une bonne compétition adaptée au contexte du secteur et veiller à la réalisation progressive de cet idéal concurrentiel. Elle doit avoir une bonne idée du nombre optimal d’opérateurs assurant l’efficacité du secteur ainsi que du type d’encadrement tarifaire approprié. La question tarifaire est essentielle parce qu’elle joue un rôle primordial dans la diffusion du mobile dans le pays, notamment en milieu rural où le pouvoir d’achat est encore plus faible. Par le mécanisme des externalités de réseau et des économies d’échelle, les dynamiques tarifaires peuvent être inscrites dans une logique qui conduit aux baisses tarifaires escomptés. Plus la masse de clients est élevée, plus les baisses de tarifs sont possibles avec le maintien du même niveau de profitabilité pour chaque opérateur. L’encadrement tarifaire aura donc le double effet d’améliorer la satisfaction des clients et de favoriser l’accès marginal.

Dr Elhadji Mounirou Ndiaye
Consultant Indépendant (elhmounir@hotmail.com)

(Source : Wal Fadjri, 5 juin 2009)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6581/7947 Régulation des télécoms
  • 525/7947 Télécentres/Cybercentres
  • 5255/7947 Economie numérique
  • 2662/7947 Politique nationale
  • 7611/7947 Fintech
  • 784/7947 Noms de domaine
  • 3720/7947 Produits et services
  • 2284/7947 Faits divers/Contentieux
  • 1164/7947 Nouveau site web
  • 7947/7947 Infrastructures
  • 2582/7947 TIC pour l’éducation
  • 288/7947 Recherche
  • 380/7947 Projet
  • 5398/7947 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2715/7947 Sonatel/Orange
  • 2537/7947 Licences de télécommunications
  • 428/7947 Sudatel/Expresso
  • 1486/7947 Régulation des médias
  • 2168/7947 Applications
  • 1594/7947 Mouvements sociaux
  • 2452/7947 Données personnelles
  • 197/7947 Big Data/Données ouvertes
  • 925/7947 Mouvement consumériste
  • 557/7947 Médias
  • 1022/7947 Appels internationaux entrants
  • 2640/7947 Formation
  • 143/7947 Logiciel libre
  • 3217/7947 Politiques africaines
  • 1566/7947 Fiscalité
  • 260/7947 Art et culture
  • 888/7947 Genre
  • 3144/7947 Point de vue
  • 1540/7947 Commerce électronique
  • 2319/7947 Manifestation
  • 559/7947 Presse en ligne
  • 188/7947 Piratage
  • 330/7947 Téléservices
  • 1500/7947 Biométrie/Identité numérique
  • 480/7947 Environnement/Santé
  • 570/7947 Législation/Réglementation
  • 607/7947 Gouvernance
  • 2666/7947 Portrait/Entretien
  • 218/7947 Radio
  • 1154/7947 TIC pour la santé
  • 564/7947 Propriété intellectuelle
  • 88/7947 Langues/Localisation
  • 1670/7947 Médias/Réseaux sociaux
  • 3096/7947 Téléphonie
  • 295/7947 Désengagement de l’Etat
  • 1600/7947 Internet
  • 172/7947 Collectivités locales
  • 655/7947 Dédouanement électronique
  • 2125/7947 Usages et comportements
  • 1575/7947 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 851/7947 Audiovisuel
  • 4899/7947 Transformation digitale
  • 587/7947 Affaire Global Voice
  • 245/7947 Géomatique/Géolocalisation
  • 476/7947 Service universel
  • 1022/7947 Sentel/Tigo
  • 281/7947 Vie politique
  • 2326/7947 Distinction/Nomination
  • 53/7947 Handicapés
  • 1083/7947 Enseignement à distance
  • 1053/7947 Contenus numériques
  • 916/7947 Gestion de l’ARTP
  • 275/7947 Radios communautaires
  • 2715/7947 Qualité de service
  • 669/7947 Privatisation/Libéralisation
  • 208/7947 SMSI
  • 715/7947 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4214/7947 Innovation/Entreprenariat
  • 2131/7947 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 72/7947 Internet des objets
  • 280/7947 Free Sénégal
  • 971/7947 Intelligence artificielle
  • 300/7947 Editorial
  • 41/7947 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous