OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2015 > Avril 2015 > Charles Sanches, expert en Tic à Article 19, parle des lois relatives à Internet

Charles Sanches, expert en Tic à Article 19, parle des lois relatives à Internet

jeudi 16 avril 2015

Régulation des médias

Avec les débats qui se poursuivent sur le projet de Code de la presse, la liberté d’expression sur internet est en question. L’organisation Article 19 a publié le mois dernier, une étude sur la législation sénégalaise actuelle à ce propos, intitulée « Analyse de quelques lois relatives à Internet ». Le document reconnaît que le pays est déjà doté d’une forte législation sur la liberté d’expression sur internet, mais qu’il a des progrès à accomplir pour préserver les droits des internautes. Charles Sanches, qui a piloté l’analyse, a répondu aux questions du Quotidien.

Pouvez-vous présenter rapidement l’organisation Article 19 ?

Article 19 est une organisation internationale indépendante, spécialisée dans les questions de liberté d’expression et d’accès à l’information. A Dakar, on est concentré sur des programmes qui touchent l’accès à l’information. L’idée c’est de faire en sorte que la question de l’accès à l’information soit prise en compte parce qu’elle est essentielle pour la gouvernance. On travaille avec d’autres acteurs de la Société civile ici et avec les autorités. Le programme que je gère a pour but de voir comment on peut renforcer la liberté d’expression en utilisant les Technologies de l’information et de la communication (Tic), mais aussi comment lutter contre les nouvelles formes de censure qui peuvent émerger avec ces technologies.

Dans l’analyse publiée par Article 19 le mois dernier, on comprend que le droit sénégalais comporte de nombreuses références à la liberté d’expression sur internet. Y’a-t-il une loi qui régit cela ?

Il n’y a pas une loi spécifique qui va promouvoir la liberté d’expression sur le net. Il y a un cadre juridique, dans lequel on trouvera des éléments qui vont toucher à la liberté d’expression sur le net. Maintenant, de manière générale, les lois sur le cyberespace (internet et les Tic) datent de 2008. Ce sont des lois qui encadrent le commerce et les transactions électroniques, la cybercriminalité, la protection des données personnelles… Et c’est au sein de ces lois que l’on va trouver des articles touchant à la liberté d’expression. Actuellement, dans le projet du Code de la presse qui est encore en discussion, il y a des éléments qui touchent à la liberté d’expression et au travail des journalistes, donc à la liberté d’information.

Où en est le Sénégal au niveau de la liberté d’expression sur internet ?

Comparé à d’autres pays, on ne peut pas dire que le Sénégal ne respecte pas du tout la liberté d’expression ou la viole. En même temps, se demander où en est un pays par rapport aux normes internationales de la liberté d’expression, cela reviendrait à dire qu’il existe des pays parfaits, or ce n’est pas le cas. La vraie question c’est qu’il y a toujours de nouveaux enjeux par rapport à la liberté d’expression. A chaque fois qu’il y a un nouveau phénomène, il y a des acquis remis en cause. Ici au Sénégal, on a eu en 2014 un professeur d’université (Professeur Omar Sankaharé, Ndlr) qui a écrit un livre où il faisait un syllogisme entre la Grèce antique et le Coran. Il a reçu une volée de bois vert car il avait touché un sujet sensible ! On a trouvé alors qu’il y avait un vrai problème avec la liberté d’expression. Dans un monde en mutation, liée à la mondialisation, aux rapports qu’on a avec l’information, comment est-ce qu’on se défend pour que la liberté d’expression ne recule pas ? Comment fait-on pour qu’elle avance ? Les Tic sont des révolutions dans la manière de communiquer. Les gens ne comprennent pas toujours tout sur la manière d’utiliser les réseaux sociaux, mais ils savent que c’est quelque chose qui leur permet de mieux communiquer. Qu’est-ce que cet avantage technologique peut apporter à la liberté d’expression sans que ce soit un repli pour les gouvernements, dont le reflexe est de penser les Tic sous le prisme de la sécurité nationale. Dans notre analyse, nous écrivons qu’il y a des choses intéressantes qui ont été faites, mais certains points sont à améliorer.

Du coup, concrètement, quelle pratique sur internet est susceptible d’être censurée au Sénégal ?

On peut prendre l’exemple des bloggeurs et journalistes citoyens. Il y en a beaucoup au Sénégal. L’actuel Code de la presse va donner une définition très restrictive par rapport aux journalistes. Il y a un certain nombre de critères à remplir pour être considéré comme journaliste. Les bloggeurs citoyens, ils n’ont certes pas la formation de journaliste, mais leur contribution pour le public est très importante. On a l’impression que le Code de la presse va être un recul au regard des recommandations internationales. Le Comité des droits de l’Homme promeut l’idée qu’il faut élargir la définition du journaliste pour qu’un bloggeur ou un journaliste citoyen puisse bénéficier d’un certain nombre de privilèges.

Dans notre analyse, nous parlons aussi des intermédiaires internet, comme par exemple les hébergeurs de sites web. Dans plusieurs pays, les intermédiaires ne sont pas responsables du contenu qu’un tiers publie par leur biais. C’est un gros débat en ce moment : si quelqu’un diffame une personne dans les commentaires d’un site d’info, le site est-il responsable ? Nous interpellons l’Etat sur cette question car il existe pour l’instant, un vide juridique au Sénégal. Notre position est de dire que certains délits de droits communs traités par le Code pénal, qui sont valables pour les délits hors ligne, devraient l’être pour les délits en ligne. On pense qu’on n’est pas obligé de créer de nouvelles lois pour internet. Mais si on légifère spécialement pour le net, ne soyons pas dans une logique répressive, mais renforçons la liberté d’expression en la définissant plus clairement.

Concernant la diffamation justement, est-ce qu’une dépénalisation sur internet ne pourrait pas induire une forme d’impunité ?

Tout d’abord, Article 19 fait la distinction entre la diffamation dans le cadre des délits de presse et la diffamation entre personnes. Par dépénalisation, nous entendons l’interdiction de mettre en prison un journaliste pour des propos diffamants qu’il a tenus dans le cadre de son métier. Souvent, la diffamation sur internet ne vient pas des journalistes en ligne, mais de simples citoyens qui commentent sous les articles. Je pense qu’il y a toute une éducation à la culture numérique qui n’est pas encore ancrée dans la société. C’est un travail que l’Etat, les parents et la Société civile doivent faire. Il faut faire comprendre aux gens qu’internet n’est pas une zone de non-droit, il y a des règles. Tout est une question d’éducation. La manière dont vous vous comportez hors-ligne, c’est la même dont vous vous comportez en ligne.

(Source : Le Quotidien, 16 avril 2015)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 3485/3752 Régulation des télécoms
  • 273/3752 Télécentres/Cybercentres
  • 2872/3752 Economie numérique
  • 1447/3752 Politique nationale
  • 3752/3752 Fintech
  • 417/3752 Noms de domaine
  • 1603/3752 Produits et services
  • 1164/3752 Faits divers/Contentieux
  • 565/3752 Nouveau site web
  • 3674/3752 Infrastructures
  • 1326/3752 TIC pour l’éducation
  • 144/3752 Recherche
  • 189/3752 Projet
  • 2766/3752 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1400/3752 Sonatel/Orange
  • 1282/3752 Licences de télécommunications
  • 306/3752 Sudatel/Expresso
  • 755/3752 Régulation des médias
  • 918/3752 Applications
  • 780/3752 Mouvements sociaux
  • 1372/3752 Données personnelles
  • 249/3752 Big Data/Données ouvertes
  • 494/3752 Mouvement consumériste
  • 274/3752 Médias
  • 489/3752 Appels internationaux entrants
  • 1391/3752 Formation
  • 73/3752 Logiciel libre
  • 1614/3752 Politiques africaines
  • 785/3752 Fiscalité
  • 158/3752 Art et culture
  • 431/3752 Genre
  • 1379/3752 Point de vue
  • 843/3752 Commerce électronique
  • 1088/3752 Manifestation
  • 244/3752 Presse en ligne
  • 93/3752 Piratage
  • 159/3752 Téléservices
  • 789/3752 Biométrie/Identité numérique
  • 243/3752 Environnement/Santé
  • 262/3752 Législation/Réglementation
  • 353/3752 Gouvernance
  • 1362/3752 Portrait/Entretien
  • 104/3752 Radio
  • 582/3752 TIC pour la santé
  • 239/3752 Propriété intellectuelle
  • 40/3752 Langues/Localisation
  • 839/3752 Médias/Réseaux sociaux
  • 1595/3752 Téléphonie
  • 146/3752 Désengagement de l’Etat
  • 880/3752 Internet
  • 92/3752 Collectivités locales
  • 307/3752 Dédouanement électronique
  • 967/3752 Usages et comportements
  • 810/3752 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 421/3752 Audiovisuel
  • 2619/3752 Transformation digitale
  • 285/3752 Affaire Global Voice
  • 132/3752 Géomatique/Géolocalisation
  • 297/3752 Service universel
  • 479/3752 Sentel/Tigo
  • 119/3752 Vie politique
  • 1125/3752 Distinction/Nomination
  • 27/3752 Handicapés
  • 571/3752 Enseignement à distance
  • 501/3752 Contenus numériques
  • 436/3752 Gestion de l’ARTP
  • 128/3752 Radios communautaires
  • 1663/3752 Qualité de service
  • 311/3752 Privatisation/Libéralisation
  • 94/3752 SMSI
  • 396/3752 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2292/3752 Innovation/Entreprenariat
  • 1010/3752 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 36/3752 Internet des objets
  • 125/3752 Free Sénégal
  • 633/3752 Intelligence artificielle
  • 146/3752 Editorial
  • 10/3752 Gaming/Jeux vidéos
  • 87/3752 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous