OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2007 > Décembre > Casamance : Quand les radios communautaires ramènent la paix

Casamance : Quand les radios communautaires ramènent la paix

mardi 18 décembre 2007

Médias

La musique, dit-on, adoucit les mœurs. En Casamance, les rebelles du Mfdc, l’ont compris. Ils poussent l’audace à faire des dédicaces auprès des radios communautaires. Celles-ci, jouant à fond le jeu du journalisme de réconciliation, réussissent à les sensibiliser sur la paix.

‘Allô ! Kaïraba Fm ? Je voudrais faire une dédicace à mon ami Sana Diédhiou, à ma sœur Gnima Sané...’ Ce propos, s’il est d’une banalité pour de nombreuses radios Fm de Dakar, à Diouloulou, (75 km à l’ouest de Ziguinchor) dans le département de Bignona, cela ressemble beaucoup à de l’audace. Car, ce sont de ‘présumés rebelles’ du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) qui appellent les radios communautaires pour faire des dédicaces.

Kaïraba Fm, (la paix en Manding), est une radio communautaire établie à Diouloulou depuis un an. Elle émet en Diola, Manding, Manjaque, Peul et Balante. Elle est reçue jusqu’aux villages gambiens de Darsalam, Oumorgo et parfois à Banjul même, la capitale de la Gambie voisine.

Pourtant, c’est connu, Bignona passe pour être le centre nerveux du conflit entre l’armée sénégalaise et les éléments du Mfdc qui dure depuis bientôt un quart de siècle. C’est dans cette partie de la région de Ziguinchor (450 km au sud de Dakar) dans la forêt frontalière à la Gambie où sont retranchés les éléments du Mfdc jugés intransigeants, tel Salif Sadio.

N’empêche, à Kaïraba Fm, les rebelles téléphonent pour participer aux émissions récréatives. La musique, dit-t-on, adoucit les mœurs. ‘Eux-mêmes appellent pour faire des dédicaces’, témoigne Adama Thiam, le directeur de Kaïraba Fm. Parfois, ils poussent l’audace jusqu’à venir nous rendre visite. ‘Ils viennent jusqu’à la station nous dire bonjour’, révèle Adama. A Diouloulou même, ces rebelles viennent faire leurs emplettes ou partager les repas avec les populations avant de rebrousser chemin. Avant, c’était des appels anonymes pour faire des dédicaces. ‘A présent, explique un animateur de cette radio communautaire, il ne décline pas leur identité, mais le nom du destinataire de la dédicace est bien cité’. Une situation qui contraste beaucoup avec les débuts de Kaïraba Fm.

Pour Adama Thiam, il n’ y a point de doute, la ‘détente est le fruit de la magie de notre radio’. ‘Dans nos émissions, nous leur tenons un langage de vérité !’, affirme avec force Adama. Ce langage de vérité, précise le journaliste, porte sur des slogans tels : ‘Le Sénégal est un et indivisible’, ‘On est tous parents ! On est du même sang’ ou encore ‘Ne tirez pas sur moi, je suis ton frère’.

Ce type de discours heurte, a priori, certains combattants du Mfdc. Mais, aujourd’hui, nombre d’entre eux tiennent un langage modéré, différent, par exemple, des positions radicales de Mamadou Nkrumah Sané, un des chefs de l’aile extérieure du Mfdc, affirme Adama Thiam. ‘Sinon, dit-il avec un léger sourire en coin, on serait parti depuis !’. Et comme pour dire que le temps est à l’accalmie, Adama rappelle l’assassinat, d’il y a deux ans, de Gorgui Mbengue, sous-préfet de Diouloulou. ‘Ce jour là, nous sommes allés à la collecte de cette information comme tous les journalistes qui sont sur le terrain’, précise Adama qui aime dire qu’il vit à Diouloulou comme à Dakar ! En revanche à Fogny Fm, une autre radio communautaire, installée à Sindian, à une vingtaine de kilomètres de Bignona, le temps n’est pas encore aux dédicaces. Dans cet arrondissement, les combats entre factions rivales du Mfdc ont rendu la localité explosive. Et l’assassinat, il y a un an, du président du conseil régional de Ziguinchor, Omar Lamine Badji au cœur même du village continue d’en faire une zone particulièrement redoutée. Malgré tout, Fogny Fm, continue d’émettre, même si les animateurs semblent marcher sur des œufs. ‘Nous parlons de paix, sans jamais faire allusion au conflit et aux protagonistes. Notre démarche consiste à dire si tu veux la paix, tu dois travailler, te libérer de la dépendance. Nous faisons des jeux de rôles où nous mettons en scène des élèves en conflit. Dans ce genre de sketch, nous parvenons à montrer les raisons d’un conflit entre deux personnes et la manière de les réconcilier. L’objectif est d’amener les gens à se rendre compte de leurs erreurs et à modifier leur comportement’, explique longuement Diatou Cissé, la directrice de Fogny Fm.

Résultats : ces radios communautaires reçoivent de temps en temps des messages anonymes d’encouragement ou des félicitations de la part des présumés rebelles. ‘Dans la vie, on ne peut tout savoir. Mais avec les radios communautaires, on a beaucoup appris’, répétait, il n’y a pas longtemps, un des combattants à travers les ondes. De son côté, la patronne de Fogny Fm reconnaît n’avoir jamais brisé leur anonymat. ‘Nous supposons que ces messages viennent d’eux’, se convainc-t-elle avec vigilance.

La même vigilance prévaut cependant à la radio communautaire Kouma Fm de Samine, à une centaine de kilomètres de Kolda. ‘Samine a connu la guerre pour la première fois en 1967’, affirme Ciré Diop, le chargé des programmes à cette radio. Depuis, Samine, frontalier à la Guinée-Bissau, vit au cœur des exactions avec son lot de déplacés. L’occasion est alors rêvée pour sensibiliser les populations sur les méfaits des armes.

En Casamance, aujourd’hui les radios communautaires sont en train de jouer leur partition dans le processus de paix avec des émissions de divertissement et de sensibilisation. Un journalisme de réconciliation qui ramène petit à petit ces combattants à la vie normale.

Hamidou Sagna [1]

(Source : Wal Fadjri, 18 décembre 2007)


[1] Cet article est une coproduction du quotidien Wal Fadjri et de l’agence de presse Jade/Syfia Sénégal dans le cadre de leur partenariat.

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4479/5624 Régulation des télécoms
  • 352/5624 Télécentres/Cybercentres
  • 3600/5624 Economie numérique
  • 1875/5624 Politique nationale
  • 5127/5624 Fintech
  • 543/5624 Noms de domaine
  • 2060/5624 Produits et services
  • 1696/5624 Faits divers/Contentieux
  • 761/5624 Nouveau site web
  • 5624/5624 Infrastructures
  • 2014/5624 TIC pour l’éducation
  • 191/5624 Recherche
  • 249/5624 Projet
  • 4525/5624 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1964/5624 Sonatel/Orange
  • 1657/5624 Licences de télécommunications
  • 284/5624 Sudatel/Expresso
  • 1041/5624 Régulation des médias
  • 1360/5624 Applications
  • 1524/5624 Mouvements sociaux
  • 1747/5624 Données personnelles
  • 140/5624 Big Data/Données ouvertes
  • 617/5624 Mouvement consumériste
  • 365/5624 Médias
  • 659/5624 Appels internationaux entrants
  • 1685/5624 Formation
  • 98/5624 Logiciel libre
  • 2347/5624 Politiques africaines
  • 1071/5624 Fiscalité
  • 176/5624 Art et culture
  • 587/5624 Genre
  • 1942/5624 Point de vue
  • 1151/5624 Commerce électronique
  • 1496/5624 Manifestation
  • 323/5624 Presse en ligne
  • 129/5624 Piratage
  • 212/5624 Téléservices
  • 1004/5624 Biométrie/Identité numérique
  • 335/5624 Environnement/Santé
  • 605/5624 Législation/Réglementation
  • 367/5624 Gouvernance
  • 1816/5624 Portrait/Entretien
  • 144/5624 Radio
  • 774/5624 TIC pour la santé
  • 294/5624 Propriété intellectuelle
  • 59/5624 Langues/Localisation
  • 1173/5624 Médias/Réseaux sociaux
  • 2090/5624 Téléphonie
  • 196/5624 Désengagement de l’Etat
  • 1058/5624 Internet
  • 116/5624 Collectivités locales
  • 421/5624 Dédouanement électronique
  • 1396/5624 Usages et comportements
  • 1060/5624 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 565/5624 Audiovisuel
  • 3505/5624 Transformation digitale
  • 389/5624 Affaire Global Voice
  • 343/5624 Géomatique/Géolocalisation
  • 422/5624 Service universel
  • 694/5624 Sentel/Tigo
  • 181/5624 Vie politique
  • 1807/5624 Distinction/Nomination
  • 47/5624 Handicapés
  • 706/5624 Enseignement à distance
  • 854/5624 Contenus numériques
  • 598/5624 Gestion de l’ARTP
  • 178/5624 Radios communautaires
  • 1983/5624 Qualité de service
  • 567/5624 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5624 SMSI
  • 559/5624 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2878/5624 Innovation/Entreprenariat
  • 1563/5624 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 52/5624 Internet des objets
  • 176/5624 Free Sénégal
  • 881/5624 Intelligence artificielle
  • 203/5624 Editorial
  • 10/5624 Gaming/Jeux vidéos
  • 28/5624 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous