OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2016 > Janvier 2016 > Blocage de la voix IP au Maroc : la tentation du court-terme

Blocage de la voix IP au Maroc : la tentation du court-terme

samedi 16 janvier 2016

Régulation des télécoms

C’est arrivé le 7 janvier 2016. L’Agence marocaine de réglementation des télécoms (ANRT) a bloqué les services VoIP (Skype, Viber, WhatsApp et Facebook Messenger) sur la 3 et la 4G (le wifi devrait suivre) en vertu, argue-t-elle, des dispositions réglementaires régissant la fourniture des services de téléphonie dans le royaume.

Un loi marocaine datant de 2004 exige en effet une licence pour les appels IP. Autre argument avancé par l’ARNT, « le manque à gagner des trois opérateurs » occasionné par la voix IP.

Derrière cette décision qui touche 13 millions d’abonnés à l’Internet mobile et 1,8 million à l’ADSL (ligne fixe utilisant le wifi), il y a d’énormes enjeux financiers. Le régulateur marocain s’aligne sur le point de vue des trois opérateurs télécoms (Maroc Telecom, Inwi et Meditelecom) qui pratiquent une facturation élevée au national et à l’international.

Un exemple, la minute vers l’Afrique subsaharienne coûte en moyenne 30 dirhams (3 euros) chez Maroc Telecom lequel, tout comme ses deux concurrents, a interrompu les applications VoIP, bien avant la décision de l’ARNT. Le communiqué de l’agence marocaine est venue légitimer ce qui, selon les observateurs, ressemblait à une entente entre opérateurs, procédé condamné par la loi marocaine sur la concurrence.

Le malaise est profond. Un tel blocage appliqué plusieurs jours avant la lettre permet aux trois opérateurs d’engranger des gains juteux sur le court terme et de relever leur niveau de rentabilité des capitaux. Les opérateurs vont continuer ainsi à reverser à l’Etat des allocations importantes sous forme d’acquisition de licences (la licence 4G a coûté 910 millions de dirhams -plus de 90 millions d’euros- à Maroc Telecom ) de reversement de la TVA et de paiement de l’IS.

Mais, dans le fond, le citoyen et la cité sont perdants. L’usager sera obligé de débourser des montants élevée pour utiliser la communication « Voix » alors que celle-ci est en baisse continue dans le monde.

Autre conséquence, tous les services développés à partir du Maroc et ayant pour support l’appel téléphonique à l’international (prospection commerciale en générale) vont en pâtir.

Notons que dans le monde développé, les opérateurs ne gagnent plus d’argent sur la voix mais le font plutôt sur le contenu et les services à valeur ajoutée. Or, la sévère facturation téléphonique au Maroc permet aux opérateurs d’importants retours sur investissement sur la voix, segment d’entrée des télécoms . Est-ce qui qui a inhibé l’innovation chez les opérateurs de téléphonie qui n’ont que dernièrement implanté la 4G au prix de longues hésitations, annulations et reports ?

La faiblesse de la mobile money au Maroc comparée au reste de l’Afrique ne cache-t-elle pas ce retard dans l’innovation de la part des opérateurs ? En tout cas, ce rempart offert par l’ARNT maintient superficiellement les modèles de rentabilité des opérateurs téléphonie, mais élude une question de fond:les choix managériaux de Maroc Telecom qui a acquis en 2015 les 6 filiales africaines d’Etisalat (son actionnaire majoritaire ).

Problème, ces nouvelles filiales seraient deux fois moins rentables que le reste du groupe. De même les investissements massifs d’Inwi dans les nouvelles technologies auraient été faites sans avoir au préalable consolidé les parts de marcé de cet opérateur dans l’ADSL et le mobile classique ? Même critique concernant les montages financiers qui ont permis à Meditel de rester à flot. Mais à quel prix ? Ce sont là autant de choix qui ont eu leurs conséquences dans les résultats des trois groupes.

La baisse de chiffre d’affaires, de l’Ebidta et de l’ARPU sur le premier semestre 2015 du groupe Maroc Télécom ne devrait-il pas être l’occasion d’une analyse en profondeur du management de l’emblématique Abdeslam Ahizoune, PDG à l’origine du renouveau de l’ex monopole public. Mais, à plus d’une décade et demie à la tête du leader marocain, l’homme le plus payé du Maroc semble s’approcher des limites, humaines, de l’usure.

Bref, La dimension managériale ne peut être exclue des raisons expliquant la situation difficile des opérateurs marocains. En septembre 2015, Inwi (detenue à plus de 69% par la holding SNI) n’avait-il pas limogé son DG, Frédéric Debord, pour résultats jugés insatisfaisants… ?

Entre l’ancienne et la nouvelle économie

En fait, au delà du secteur des Tèlecoms, la décision de l’ARNT sonne comme un épisode de la guerre larvaire entre l’ancienne et la nouvelle économie. Les tenants de la licence, cette barrière d’entrée qui protège de nombreuses fonctions de la concurrence (notaires, assureurs, banques, taxi, agents de voyage etc) ne font que reculer l’échéance devant la déferlante de la mondialisation.

La dérégulation et la déréglementation, deux tendances fortes de cette mondialisation, qui se propagent à travers les TIC et l’Internet ont révolutionné les canaux d’échange et de distribution. Cela a commencé au début des années 2000 dans l’industrie des voyages quand les compagnies aériennes low-cost sont venues bousculer les compagnies réguliéres et quand des sites internet spécialisés ont mis fin au dictat des agences de voyages en proposant des billets d’avion de moins en moins cher.

C’est ce même processus qui a coûté au billettiste sa commission sur le billet de voyage qui guette aujourd’hui tous les secteurs évoluant sous licence. L’agence de voyage s’est repris depuis en surchargeant son client voyageur de fees. Mais d’autres secteurs, face aux grands groupes (Google, Aple, Uber,) qui transcendent les législations nationales et les régulations, tentent d’enrôler l’Etat dans des systèmes de protectionisme qui vont aux antipodes du bon sens. Au Maroc comme du reste dans toute l’Afrique, il n’est pas question de rater le virage du numérique.

La rente de la licence doit faire place progressivement à la réalité d’une nouvelle économie où il est possible de vendre à la fois des couches de bébé et des produits d’assurance. En Afrique plus qu’ailleurs, il sera difficile de faire bénéficier aux consommateurs les bienfaits de la promesse de concurrence contenue dans la déréglementation-dérégulation si celui-ci ne se mobilise pas.

Adama Wade

(Source : Financial Afrik, 16 janvier 2016)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4508/5486 Régulation des télécoms
  • 352/5486 Télécentres/Cybercentres
  • 3605/5486 Economie numérique
  • 1842/5486 Politique nationale
  • 5085/5486 Fintech
  • 546/5486 Noms de domaine
  • 2025/5486 Produits et services
  • 1498/5486 Faits divers/Contentieux
  • 754/5486 Nouveau site web
  • 5486/5486 Infrastructures
  • 1942/5486 TIC pour l’éducation
  • 193/5486 Recherche
  • 244/5486 Projet
  • 4168/5486 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1979/5486 Sonatel/Orange
  • 1633/5486 Licences de télécommunications
  • 287/5486 Sudatel/Expresso
  • 1030/5486 Régulation des médias
  • 1346/5486 Applications
  • 1472/5486 Mouvements sociaux
  • 1734/5486 Données personnelles
  • 141/5486 Big Data/Données ouvertes
  • 602/5486 Mouvement consumériste
  • 362/5486 Médias
  • 650/5486 Appels internationaux entrants
  • 1693/5486 Formation
  • 101/5486 Logiciel libre
  • 2493/5486 Politiques africaines
  • 1069/5486 Fiscalité
  • 173/5486 Art et culture
  • 587/5486 Genre
  • 1851/5486 Point de vue
  • 1095/5486 Commerce électronique
  • 1501/5486 Manifestation
  • 321/5486 Presse en ligne
  • 125/5486 Piratage
  • 213/5486 Téléservices
  • 1016/5486 Biométrie/Identité numérique
  • 339/5486 Environnement/Santé
  • 577/5486 Législation/Réglementation
  • 366/5486 Gouvernance
  • 1818/5486 Portrait/Entretien
  • 146/5486 Radio
  • 767/5486 TIC pour la santé
  • 288/5486 Propriété intellectuelle
  • 60/5486 Langues/Localisation
  • 1119/5486 Médias/Réseaux sociaux
  • 2141/5486 Téléphonie
  • 198/5486 Désengagement de l’Etat
  • 1037/5486 Internet
  • 121/5486 Collectivités locales
  • 415/5486 Dédouanement électronique
  • 1374/5486 Usages et comportements
  • 1043/5486 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 564/5486 Audiovisuel
  • 3521/5486 Transformation digitale
  • 400/5486 Affaire Global Voice
  • 346/5486 Géomatique/Géolocalisation
  • 413/5486 Service universel
  • 704/5486 Sentel/Tigo
  • 178/5486 Vie politique
  • 1781/5486 Distinction/Nomination
  • 37/5486 Handicapés
  • 708/5486 Enseignement à distance
  • 860/5486 Contenus numériques
  • 588/5486 Gestion de l’ARTP
  • 183/5486 Radios communautaires
  • 1987/5486 Qualité de service
  • 594/5486 Privatisation/Libéralisation
  • 134/5486 SMSI
  • 554/5486 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2832/5486 Innovation/Entreprenariat
  • 1544/5486 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5486 Internet des objets
  • 178/5486 Free Sénégal
  • 897/5486 Intelligence artificielle
  • 210/5486 Editorial
  • 10/5486 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5486 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous