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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Octobre 2021 > Bakar Ndiaye, informaticien, expert des systèmes de vote : « Le Sénégal est (…)

Bakar Ndiaye, informaticien, expert des systèmes de vote : « Le Sénégal est un leader mondial dans les systèmes de vote électronique »

dimanche 3 octobre 2021

Transformation digitale

Spécialisé dans le vote électronique, Bakar Ndiaye a inventé « STAR », un système de vote reconnu par l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) qui permet à tout électeur de voter avec son téléphone portable. Véritable innovation, une première mondiale, cette œuvre reste méconnue du public sénégalais, malgré sa reconnaissance internationale. Selon son inventeur, son application pourrait résoudre bien des soucis actuels que connaît l’administration électorale sénégalaise dans le processus électoral. Ce serait également l’occasion de procéder à l’économie de temps et d’argent et d’opérations matérielles au profit de l’Etat. Membre de plusieurs organisations mondiales de gestion d’élections, comme ACE Project aux Etats-Unis, ce chercheur peine encore à attirer l’attention des autorités compétentes pour essayer sa plateforme révolutionnaire. Dans cet entretien, Bakar Ndiaye explique les avantages qu’offre STAR. En tant qu’expert des systèmes de vote, il analyse également les forces en présence, en direction des élections départementales et communales de janvier 2022.

Que pensez-vous du système de vote sénégalais ?

Il faut reconnaître qu’en général, nous avons un système de vote qui a été bien défini. Le souci est que nous n’avons pas voulu nous adapter à l’ère du numérique dans lequel nous vivons. Pourtant, dans le domaine du vote électronique, compte tenu de l’expertise que nous avons développée, le Sénégal est leader mondial. Le seul logiciel qui permet de gérer un vote politique, STAR, a été déposé par nous-même à l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Ce qui place notre pays comme leader mondial incontestable dans ce domaine. Nous avons apporté des innovations au niveau mondial. On peut créer un fichier électoral en moins d’un mois. Ce qui nous dispense d’avoir un fichier permanent à réviser à chaque élection. Avec notre système, l’on peut attendre la veille d’un scrutin pour créer un fichier adapté à la situation du moment et le supprimer à la fin de l’élection. Comme ça, il n’y aura plus de contentieux, de missions d’audit du fichier électoral, etc. Ce sont des innovations que l’on ne trouve nulle part dans le monde. Nous avons ainsi un système qui ne demande qu’à être appliqué, vu l’évolution du numérique.

Parlez-nous du système de vote électronique STAR ?

Je l’ai déposé, en 2014, à l’OMPI, à Genève (Suisse). Cette œuvre a été publiée deux années plus tard à l’international. J’imagine que les autorités sénégalaises ont reçu une notification. J’ai reçu beaucoup de correspondances d’un peu partout, surtout venant des pays scandinaves. Avant même cette publication mondiale, j’ai écrit au président de la République pour lui réserver la primeur. Mais un de ses anciens ministres de l’intérieur m’a répondu de façon laconique. Cela ne m’a pas empêché de poursuivre mes recherches.

Il faut savoir que le fichier électoral est un dérivé du fichier des cartes nationales d’identité. Il suffit de le réorganiser et d’ajouter des données complémentaires du fichier électoral pour avoir un seul fichier. La carte d’identité Cedeao comporte les données d’identification nationale sur un côté et des données électorales sur l’autre. Sur cette dernière partie, l’on peut ajouter des informations contenues sur le fichier électoral. A l’approche d’élections, l’on prendra une période de modification d’adresse électorale pour ceux qui le demandent, d’ajout des nouveaux inscrits et de retrait des personnes décédées. Une mise à jour sera alors effectuée directement sur le fichier de la carte nationale d’identité. Et toutes ces informations seront sécurisées au niveau du Datacenter de Diamniadio.

Pour l’électeur, tout va se faire sur son téléphone portable ou un support électronique capable d’accéder à Internet. Chacun pourra se connecter, s’inscrire, vérifier ses informations électorales et voter le jour du scrutin. C’est ce que l’on appelle le vote mobile 3ème génération. Cela ne se passe pas sur une application. Il suffit de se connecter sur la plateforme et faire son devoir citoyen.

Est-ce que ce système ne sera pas vulnérable aux attaques informatiques ?

Tout l’environnement de l’application est hébergé dans des sites où la sécurité est garantie. Dans le processus de développement du système, je ne donne à personne la possibilité de manipuler des données. J’ai ouvert un canal d’exploitation qui contraint tout utilisateur à y rester.

Est-ce que ce système a été mis en pratique ?

Il est déjà en ligne. Je travaille avec des jeunes qui ont mis en place une startup. Mais, il n’a pas encore été mis en application dans un pays. Il est toutefois disponible pour n’importe qui, qui souhaite en faire usage. Nous serions très heureux de pouvoir travailler avec notre Etat. C’est notre plus grand souhait. Nous avons la certitude que tôt ou tard, ce produit marchera. Nous devrons de manière irréductible évoluer vers le numérique.

Comment ce système de vote électronique peut-il être avantageux dans l’organisation d’élections ?

Lorsque vous présenter une œuvre, on vous demande ce que vous apportez de nouveau, par rapport à l’existant. Il y a l’économie de temps, pour ce que nous avons décrit plus haut. Il y aussi une économie au plan financier. Nous venons de dépasser la période de révision exceptionnelle des listes électorales. Chaque année, une révision ordinaire est organisée. Des commissions ont été mises en place. Du personnel, du matériel ont été déployés. Du temps. Tout cela, c’est de l’argent. Si une personne change d’adresse de vote, l’on est obligé de lui imprimer une nouvelle carte. C’est encore des dépenses.

Il n’y a pratiquement pas d’investissement dans le système de vote mobile 3ème génération. L’Etat n’imprime plus de carte d’électeur. Tout le processus se fait en ligne. Nous avons travaillé sur trois sortes d’identifications : le code QR, le code barre et l’identification faciale.

L’application est en ligne durant tout ce temps et n’est pas utilisée. Ce système peut être utile aux partis politiques. Celui qui a les statistiques des données électorales de ses militants peut, dans le cadre d’élections locales par exemple, rapidement savoir dans quelques communes il est majoritaire ou non. Et c’est valable pour les coalitions. En plus, ce système s’autofinance. Il est possible de proposer aux militants d’acheter une carte de fidélité, lorsqu’ils s’inscrivent. Cela permet aux partis d’avoir des ressources pour financer leurs activités.

Quel est le problème alors ? Pourquoi ce système n’a pas été testé par les autorités compétentes ?

Lorsqu’on vous propose un système, avant d’apporter des appréciations, il faudrait convoquer d’autres experts qu’ils puissent l’étudier. Faire l’évaluation et un inventaire. Je suis prêt à ce que des experts étrangers évaluent ce système. Je ne le propose pas pour ma personne. Je le fais pour montrer ce que le Sénégal a fait dans le domaine de la gestion des élections, à un niveau international.

J’ai fréquenté le président Macky Sall ainsi que son ministre d’Etat, directeur de cabinet politique Mahmoud Saleh au niveau de la Cap 21 (coalition de partis politiques soutenant l’ex président Abdoulaye Wade lorsqu’il était au pouvoir). Ce dernier lui a peut-être parlé de cette solution de vote. Mais avant toute décision, il m’a demandé de militer dans l’APR (parti au pouvoir). Je lui ai dit qu’on est ensemble (Nio Far). Je suis un expert. Je ne peux pas « m’étiqueter » d’un parti politique. Je travaille pour tout le monde. Après cela, j’en ai vu de toutes les couleurs pour le revoir. L’ancien ministre de l’Intérieur Mbaye Ndiaye m’a convoqué du matin au soir dans son bureau sans me recevoir. Quand Aly Ngouille Ndiaye était au ministère de l’Intérieur, il entreprit des démarches pour que l’application soit présentée à l’administration électorale. Jusqu’à ce qu’il soit relevé de ces fonctions, cela ne s’est pas fait. Si le chef de l’Etat me sollicite pour apporter mon expertise, je le ferai. Pas pour Macky Sall, mais pour tous les Sénégalais.

Vous êtes observateur et expert en système de vote. Que pensez-vous du processus électoral qui devrait mener à l’organisation des élections locales de janvier 2022 ?

Le président Macky Sall a défini un système. Tout le monde sait que ce qui se fait n’est pas normal dans ce système. Il y a des manquements dans ce que devait être le processus électoral. Mais personne ne s’oppose. Toute l’opposition évolue dans ce système. Donc, c’est un consensus. Si je ne suis pas d’accord avec quelque chose, je m’en retire. Et l’opposition n’agit pas dans ce sens-là. Depuis le dialogue national, avec la commission politique, la mission d’audit, la révision du code électoral, la période de révision des listes électorales et à présent la période de contentieux électoral, tous les acteurs ont participé au processus. Donc, pourquoi dire maintenant que Macky est en train de frauder ?

Après cette période de révision exceptionnelle, vous verrez que des centaines de jeunes ne seront pas inscrits sur les listes électorales. Cette opposition qui les a appelés à s’inscrire ne devra pas leur demander de sortir manifester pour leur droit de vote. En leur demandant de participer, elle a cautionné le processus de vote. Quel que soit le résultat des élections, l’opposition doit l’accepter. Macky a raison sur elle. Il a mis en place son système, et elle a accepté d’y participer.

Si l’opposition ne participe pas, elle laisse le champ libre au pouvoir pour dérouler. Est-ce une bonne option ?

C’est une facilité de penser cela dans un combat politique. Et la résistance civile ? Est-ce que les opposants ont des solutions à proposer à l’opinion publique nationale ? Ils n’ont qu’à montrer la vérité aux Sénégalais et ils se battront pour la démocratie. Si l’opposition avait la solution pour prouver que le fichier actuel n’est pas fiable, ce que j’ai toujours refusé d’adosser pour qui que ce soit, elle n’allait pas suivre le Président dans ce qu’il est en train de faire. C’est une vérité qu’il faut dire. Elle a appelé, au mois de mars dernier, à la résistance pour une affaire de salon. Est-ce que cette histoire est plus importante que la gestion de notre pouvoir républicain. Je n’approuve pas la gestion de notre procédure électorale actuelle. Mais sur le déroulement de ce processus, il n’y a rien à reprocher au président Macky Sall. Car tout le monde est d’accord et l’a suivi dans ce qu’il est en train de faire. Le Khalife général des Mourides a appelé à l’organisation d’élections libres et transparentes. Si Serigne Mountakha Mbacké était convaincu que tout allait se faire, normalement, pourquoi faire cet appel ? J’estime qu’il sait que tout ne marche pas. Je tiens à lui dire que si cela ne marche pas, tout le monde est également d’accord pour que cela ne marche pas.

Le président a-t-il toutes les chances de gagner ces élections alors ?

S’il a la fidélité de son administration électorale, il va gagner. S’il perd une commune, il doit se défaire de cette administration électorale, en commençant par le ministre de l’Intérieur. Depuis la dernière présidentielle, ils ont à disposition le fichier électoral et personne ne sait ce qu’ils ont fait avec. C’est eux qui contrôlent l’administration territoriale, la carte électorale, la remontée des PV etc.

Donc, vous ne croyez pas aux coalitions qui sont en train de se mettre en place dans l’opposition ?

Elles pourraient créer des problèmes à la coalition au pouvoir. Mais seulement si elles s’entendent entre elles. Actuellement, personne ne sait qui sera candidat. Est-ce qu’il y a un seul représentant des coalitions au niveau de la DAF (direction de l’automatisation du fichier) ? La fraude électronique est beaucoup plus subtile. Elle peut passer sous le nez d’experts qui n’y verront que du feu. Donc, les coalitions opposantes gagneraient à se coaliser pour soutenir le candidat le mieux placé dans chaque commune.

Lamine Diouf

(Source : Enquête, 3 octobre 2021)

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