OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2024 > Septembre 2024 > Au Sénégal, la presse numérique se noie, le secteur en agonie

Au Sénégal, la presse numérique se noie, le secteur en agonie

lundi 23 septembre 2024

Si la presse a largement contribué à la bonne gouvernance et à la liberté d’expression au Sénégal, pays de l’Afrique subsaharienne, qui en est à sa troisième alternance démocratique au pouvoir, la presse papier, noyée par la magie du clic, est en train de mourir de sa belle mort. Ce, faute aussi de politiques d’accompagnement.

L’avènement du numérique et son « impérialisme » un peu partout dans le monde a ses avatars. Le boom du numérique a engendré au Sénégal la baisse des ventes des journaux et le démantèlement du circuit de distribution et de commercialisation de la presse écrite. À ces maux s’ajoute une publicité de moins en moins accordée, surtout à la presse privée. Une situation qui remet en question l’avenir de la presse imprimée au Sénégal.

Des journaux en baisse, un réseau de distribution déserté

Depuis cette dernière décennie, les journaux sénégalais sont énormément en baisse. Il n’y a plus d’acheteurs dans les kiosques. « Les causes peuvent être multiples. D’abord, d’une manière générale, le Sénégalais n’aime plus la lecture. À part les bureaucrates, rares sont les Sénégalais qui achètent les journaux. Il faut aussi indexer par là le fort taux d’analphabétisme », explique Assane Ba, journaliste au quotidien Le Témoin et chef du desk sport.

« Certains préfèrent se mettre devant les kiosques des journaux pour, juste, lire les titres pompeux. Et, s’il arrive que quelqu’un en achète un, son journal passera par plusieurs mains pour être lu ». Pour le journaliste Assane Ba, il y a aussi le problème non négligeable de la distribution qui est très informelle. Les journaux d’aujourd’hui arrivent le lendemain dans plusieurs localités du pays. Car, dit-il, le distributeur vit du journal contrairement au groupe de presse.

Oumar Fall est un vendeur se trouvant dans la région de Thiès précisément à Mecké située à une heure de route de Dakar, la capitale. Il abonde dans le même sens que Le Témoin en soutenant que « d’habitude les quotidiens viennent dans leur région le surlendemain ». Pour ce vendeur, cela n’arrange guère leur travail soulignant qu’« qu’avant, certains prenaient le “’car ndiaga ndiaye” (mode de transport traditionnel) tôt le matin pour récupérer les journaux ». Ce qui n’est plus possible maintenant, parce que « les gens lisent de moins en moins les journaux papier à cause de l’Internet ». C’est la raison pour laquelle, il ne s’active plus dans la distribution des journaux.

« La presse sénégalaise ne vit plus », dit-il. À la place de la distribution, il se tourne vers la vente de poulets. C’est le même constat pour les distributeurs se trouvant sur la route de Yarakh, dans la capitale sénégalaise. Sur place, aucun distributeur n’a été remarqué. Tous ont abandonné ce travail à cause de la difficulté de certains journaux qui ne paraissent plus et d’autres qui ne sont pas réguliers.

Une presse papier à l’agonie

« Plusieurs journaux vont disparaître parce que les entreprises de presse peinent à honorer leurs charges comme le paiement des salaires », prévoit Mamadou Ibra Kane, président du conseil des diffuseurs et éditeurs de presse (Cedeps). « Beaucoup de journaux n’arrivent plus à survivre et à vivre du fruit du travail des journalistes. La plupart sont déficitaires. Si quelques-uns arrivent à sortir du lot, c’est parce qu’ils ont des mécènes ou du moins un soutien de l’État », renchérit Assane Ba du quotidien Le Témoin.

Les médias privés peinent à tirer leur épingle du jeu sur le plan économique, car ils ne profitent plus autant du marché de la publicité. Le modèle économique étant basé principalement sur la vente au numéro alors que l’accès à la publicité est difficile pour les médias privés. « Notre pays ne dispose toujours pas d’une loi d’accès à l’information pourtant programmée depuis 10 ans, d’une nouvelle loi sur la publicité, l’actuelle datant de 40 ans et, surtout le Sénégal refuse de se doter d’un mécanisme de contrôle effectif des entreprises de presse », souligne Bamba Kassé, secrétaire général du syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics).

Le modèle payant : la solution ?

Pour Assane Ba du quotidien Le Témoin, « il est vrai que le modèle payant peut être une solution pour permettre aux groupes de presse d’essouffler. Seulement, tient-il à préciser, « il a ses limites : le difficile accès à l’Internet qui est encore cher au Sénégal. Il y a des coins et recoins dans lesquels le débit de la connexion internet pose problème ». Et d’ajouter : « mais si tout cela est réglé, il reste aux patrons de presse de trouver des idées ingénieuses pour attirer les gens à s’abonner », suggère-t-il.

La presse sénégalaise vit un contexte difficile. « L’avenir de la presse papier est sombre, surtout avec la concurrence du numérique », commente Assane Ba ajoutant que les frais pour le numérique sont moindres contrairement à ceux d’impression. Mais comme dans les pays développés, certains groupes de presse usent toujours de la version papier ; bien qu’ils utilisent aussi le numérique, rappelle-t-il. Pour l’heure, plusieurs journaux ont disparu des kiosques, parce que les publicités ont beaucoup baissé. Ce qui fait que les journaux ne sont plus rentables et leurs promoteurs se ruent vers la digitalisation.

En somme, noyée par la flambée du numérique et fragilisée par l’absence d’appui de l’État sénégalais, la presse écrite, agonisante, devra se réinventer ou disparaître.

Mapote Gaye

(Source : IJnet, 23 septembre 2024)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4584/5147 Régulation des télécoms
  • 422/5147 Télécentres/Cybercentres
  • 3511/5147 Economie numérique
  • 1806/5147 Politique nationale
  • 5104/5147 Fintech
  • 533/5147 Noms de domaine
  • 2000/5147 Produits et services
  • 1583/5147 Faits divers/Contentieux
  • 826/5147 Nouveau site web
  • 5147/5147 Infrastructures
  • 1844/5147 TIC pour l’éducation
  • 197/5147 Recherche
  • 250/5147 Projet
  • 3646/5147 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1948/5147 Sonatel/Orange
  • 1648/5147 Licences de télécommunications
  • 320/5147 Sudatel/Expresso
  • 1024/5147 Régulation des médias
  • 1362/5147 Applications
  • 1169/5147 Mouvements sociaux
  • 1718/5147 Données personnelles
  • 148/5147 Big Data/Données ouvertes
  • 616/5147 Mouvement consumériste
  • 371/5147 Médias
  • 670/5147 Appels internationaux entrants
  • 1716/5147 Formation
  • 101/5147 Logiciel libre
  • 2232/5147 Politiques africaines
  • 1039/5147 Fiscalité
  • 169/5147 Art et culture
  • 635/5147 Genre
  • 2124/5147 Point de vue
  • 1071/5147 Commerce électronique
  • 1529/5147 Manifestation
  • 337/5147 Presse en ligne
  • 131/5147 Piratage
  • 219/5147 Téléservices
  • 1060/5147 Biométrie/Identité numérique
  • 318/5147 Environnement/Santé
  • 380/5147 Législation/Réglementation
  • 369/5147 Gouvernance
  • 1848/5147 Portrait/Entretien
  • 156/5147 Radio
  • 802/5147 TIC pour la santé
  • 295/5147 Propriété intellectuelle
  • 62/5147 Langues/Localisation
  • 1110/5147 Médias/Réseaux sociaux
  • 2061/5147 Téléphonie
  • 216/5147 Désengagement de l’Etat
  • 1054/5147 Internet
  • 126/5147 Collectivités locales
  • 459/5147 Dédouanement électronique
  • 1222/5147 Usages et comportements
  • 1057/5147 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 650/5147 Audiovisuel
  • 3476/5147 Transformation digitale
  • 402/5147 Affaire Global Voice
  • 173/5147 Géomatique/Géolocalisation
  • 338/5147 Service universel
  • 673/5147 Sentel/Tigo
  • 186/5147 Vie politique
  • 1650/5147 Distinction/Nomination
  • 44/5147 Handicapés
  • 720/5147 Enseignement à distance
  • 742/5147 Contenus numériques
  • 590/5147 Gestion de l’ARTP
  • 186/5147 Radios communautaires
  • 1850/5147 Qualité de service
  • 472/5147 Privatisation/Libéralisation
  • 138/5147 SMSI
  • 574/5147 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2755/5147 Innovation/Entreprenariat
  • 1377/5147 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5147 Internet des objets
  • 176/5147 Free Sénégal
  • 808/5147 Intelligence artificielle
  • 220/5147 Editorial
  • 13/5147 Gaming/Jeux vidéos
  • 27/5147 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous