OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2004 > Juin > Après la LONASE, dépeçage programmé de la SONATEL

Après la LONASE, dépeçage programmé de la SONATEL

vendredi 18 juin 2004

Privatisation/Libéralisation

Pour analyser les effets néfastes du tout-marché, après l’industrie du jeu, le secteur des télécommunications est un cas d’école. Et c’est le modèle que les libéraux aujourd’hui au pouvoir veulent imposer Sénégal.

La notion de péréquation est au cœur de la problématique des services publics en réseau : pour que le plus grand nombre y ait accès, le tarif d’une prestation doit être déconnecté de son prix de revient, les services les plus rentables finançant ceux qui le sont moins, ou pas du tout. À chaque fois donc, les décisions à prendre sont de nature politique : qui doit financer l’accès aux régions les plus excentrées ? comment permettre à tous les usagers d’être reliés, etc. ? Il est impératif, dans cette logique, d’éviter « l’écrémage » des activités les plus rentables au profit exclusif du secteur privé ... Étranger.

Les tarifs de la Sonatel résultent d’une double péréquation : l’une, géographique, permettant des facturations identiques sur tout le territoire ; l’autre, sociale, favorisant un accès massif au réseau grâce à de faibles tarifs de raccordement et d’abonnement. Ainsi, au début des années 2000, la taxe de raccordement et l’abonnement étaient facturés 2,4 fois au-dessous de leur prix de revient, et les communications locales de 23 %, alors que les communications « longue distance » (nationales et internationales) étaient sur tarifées de 58 %. L’abonnement et les communications locales représentant près de 90 % de la facture moyenne d’un particulier, ce dispositif avait entraîné une démocratisation spectaculaire de l’usage du téléphone.

Que l’on aille à Ouagadougou, Abidjan ou Lomé, les tarifs appliqués au Sénégal restent les plus compétitifs. Il faut insister sur l’importance décisive de ce premier pas, que la plupart des observateurs avaient, à l’époque, sous-estimé. La sortie des nouveaux services du monopole va, en effet, ouvrir la voie à un dépérissement progressif du système de péréquation national. Mais, surtout, à partir de ce moment, il est admis que les télécommunications sont un marché comme un autre, que la concurrence doit y être la règle, même si on peut discuter du rythme de son introduction.

Ainsi, en quelques années à peine, le secteur des télécommunications est totalement transformé. L’absence de résistance à un tel bouleversement peut paraître surprenante. Force idéologique du libéralisme qui connaissait alors sa gloire actuellement au Sénégal ? Poids des lobbies des grands groupes intéressés par un nouveau marché qui faisait à l’époque, et jusqu’à présent, figure d’eldorado ? Tous ces facteurs se sont conjugués pour marginaliser les oppositions.

L’ouverture à la concurrence du secteur des télécommunications est emblématique de la logique de dépouillement d’une Nation, confirmée et soutenue par le gouvernement actuel. La mise en place d’une réglementation asymétrique et inégalitaire entre les différents acteurs vise explicitement à favoriser les nouveaux entrants sur le marché. Dérogatoire au droit commun, elle est la preuve du caractère largement artificiel de l’introduction de la concurrence, ce que confirme l’obligation imposée aux opérateurs historiques d’ouvrir leur réseau à leurs concurrents. Ces derniers se trouvent ainsi dispensés de construire, pour l’essentiel, leurs propres infrastructures. Les péréquations sont remises en cause au nom du principe que « les tarifs doivent tendre vers les coûts ». Enfin, l’ensemble de ce dispositif est mis sous haute surveillance par des autorités indépendantes : Autorité de réglementation des télécommunications (ART).

Au-delà des aléas boursiers, c’est la logique même de la libéralisation qu’il faut interroger. Tant pour la construction des réseaux qu’en matière de recherche et développement, le développement des télécommunications demande de gros investissements dont il est vain d’espérer une rentabilité rapide. Celle-ci est d’autant moins assurée que domine la logique du capitalisme actionnarial de « création de valeur pour l’actionnaire » qui empêche opérateurs et équipementiers de mener de concert une stratégie de développement sur le long terme. Le simple bon sens économique, conjugué aux nécessités de service public, devrait imposer, une nouvelle régulation du secteur en rupture avec le dogme de la concurrence. Ce n’est hélas pas la voie choisie par le gouvernement qui est en train d’imposer aux autres services publics les solutions qui ont fait faillite dans les télécommunications.

Mounirou FALL

(Source : Sud Quotidien 18 juin 2004)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2548/2886 Régulation des télécoms
  • 281/2886 Télécentres/Cybercentres
  • 2000/2886 Economie numérique
  • 1071/2886 Politique nationale
  • 2886/2886 Fintech
  • 304/2886 Noms de domaine
  • 1325/2886 Produits et services
  • 911/2886 Faits divers/Contentieux
  • 483/2886 Nouveau site web
  • 2750/2886 Infrastructures
  • 1014/2886 TIC pour l’éducation
  • 143/2886 Recherche
  • 188/2886 Projet
  • 2261/2886 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1129/2886 Sonatel/Orange
  • 920/2886 Licences de télécommunications
  • 202/2886 Sudatel/Expresso
  • 604/2886 Régulation des médias
  • 841/2886 Applications
  • 613/2886 Mouvements sociaux
  • 987/2886 Données personnelles
  • 124/2886 Big Data/Données ouvertes
  • 347/2886 Mouvement consumériste
  • 251/2886 Médias
  • 362/2886 Appels internationaux entrants
  • 1074/2886 Formation
  • 69/2886 Logiciel libre
  • 1161/2886 Politiques africaines
  • 566/2886 Fiscalité
  • 109/2886 Art et culture
  • 379/2886 Genre
  • 1270/2886 Point de vue
  • 732/2886 Commerce électronique
  • 897/2886 Manifestation
  • 199/2886 Presse en ligne
  • 85/2886 Piratage
  • 197/2886 Téléservices
  • 658/2886 Biométrie/Identité numérique
  • 258/2886 Environnement/Santé
  • 229/2886 Législation/Réglementation
  • 231/2886 Gouvernance
  • 1126/2886 Portrait/Entretien
  • 96/2886 Radio
  • 420/2886 TIC pour la santé
  • 172/2886 Propriété intellectuelle
  • 41/2886 Langues/Localisation
  • 660/2886 Médias/Réseaux sociaux
  • 1235/2886 Téléphonie
  • 122/2886 Désengagement de l’Etat
  • 606/2886 Internet
  • 95/2886 Collectivités locales
  • 293/2886 Dédouanement électronique
  • 739/2886 Usages et comportements
  • 589/2886 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 393/2886 Audiovisuel
  • 2002/2886 Transformation digitale
  • 261/2886 Affaire Global Voice
  • 121/2886 Géomatique/Géolocalisation
  • 236/2886 Service universel
  • 400/2886 Sentel/Tigo
  • 128/2886 Vie politique
  • 987/2886 Distinction/Nomination
  • 25/2886 Handicapés
  • 495/2886 Enseignement à distance
  • 411/2886 Contenus numériques
  • 341/2886 Gestion de l’ARTP
  • 117/2886 Radios communautaires
  • 1223/2886 Qualité de service
  • 293/2886 Privatisation/Libéralisation
  • 166/2886 SMSI
  • 381/2886 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1567/2886 Innovation/Entreprenariat
  • 753/2886 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 30/2886 Internet des objets
  • 105/2886 Free Sénégal
  • 441/2886 Intelligence artificielle
  • 191/2886 Editorial
  • 2/2886 Gaming/Jeux vidéos
  • 15/2886 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous