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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2019 > Septembre 2019 > Afrique Centrale : Des appels aux « transformations numériques dès (…)

Afrique Centrale : Des appels aux « transformations numériques dès maintenant » dans l’air

lundi 30 septembre 2019

Economie numérique

Plus de parlottes de haut niveau, plus d’atermoiements ! Le moment est venu d’investir massivement dans les outils des transformations numériques, en tant que leviers de la diversification économique de l’Afrique Centrale ou alors passer à côté de la 4 ème révolution industrielle et rester la sous-région la moins avancée d’Afrique.

Voici les réflexions de responsables gouvernementaux, de hauts fonctionnaires, d’experts et des stratèges en matière de transition numérique, de représentants du secteur privé et de jeunes start-uppers à la suite d’une conférence de cinq jours riche en contenus organisée par le Bureau Sous-Régional pour l’Afrique Centrale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et le gouvernement de la Guinée Equatoriale à Malabo.

Ils œuvraient à l’élaboration de modèles pratiques d’une économie axée sur innovation et le numérique pour la sous-région, à laquelle on pouvait parvenir en rompant radicalement avec les cycles passés de réunions successives sur les stratégies numériques qui se sont tenues pendant de nombreuses années dans la sous-région sans produire aucun résultat réel.

Hôte de cette 35 ème session du Comité intergouvernemental des hauts fonctionnaires et d’experts pour l’Afrique Centrale placée sous le thème : “Transformations numériques et diversification économique en Afrique centrale : enjeux, défis et opportunités”, le Ministre de l’Economie, de la Planification et de la Planification de la Guinée Equatoriale. Finance, Son Excellence César Augusto Mba Abogo a été direct en ces termes :

« Nous sommes en retard pour la 4 ème révolution industrielle et nous courons le risque de devenir de simples spectateurs et consommateurs de l’économie mondiale tournée vers une économie numérique », a-t-il prévenu.

“Nous sommes confrontés à deux défis majeurs : le premier consiste à réduire la fracture numérique et le deuxième, à passer de l’Internet de consommation à l’Internet de production”.

Pour y arriver, “nous devons créer de la richesse, de la valeur ajoutée, être plus compétitifs dans le monde global, créer de nouvelles industries et encourager l’esprit d’entreprise et l’innovation”, a-t-il affirmé.

En s’inspirant donc de cette déclaration au cours des cinq jours qui ont suivi,
les participants ont commencé par élaborer un ‘cadre pour une économie numérique 4.0’ pour l’Afrique Centrale axée sur les partenariats public-privé (PPP), le commerce électronique et les innovations technologiques, soutenue par l’utilisation optimale de données massives.

Principales recommandations

Au vendredi 27 septembre 2019, les points clés-ci avaient été soulevés pour faire progresser la sous-région sur la voie d’une économie améliorée par le numérique, comme clairement indiqué dans la déclaration finale de la réunion :

Les gouvernements de la sous-région devraient faire de l’économie numérique un pilier fondamental de la diversification économique dans les visions et les stratégies nationales de développement, en veillant à la cohérence avec les autres politiques macroéconomiques et sectorielles.

– Les États membres devraient implémenter de manière urgente la Déclaration de Brazzaville des Ministres des TIC de la CEEAC de novembre 2016 relative à la mise en place effective d’un système d’itinérance sous-régional en étroite collaboration avec la CEEAC, la CEA, l’UIT et l’Association des régulateurs des télécommunications d’Afrique centrale dénommée ARTAC.

– Les gouvernements devraient faciliter et soutenir la mise sur pied d’une base de données multisectorielle régionale pour mesurer les efforts déployés par les pays pour atteindre les objectifs de développement durable en utilisant les technologies de traitement de données volumineuses, l’intelligence artificielle et les systèmes de données alternatifs, entre autres.

– Les pays de la sous-région devraient mettre en commun leurs ressources pour créer un fonds d’investissement communautaire dédié au soutien des start-ups (un programme clairement impulsé par la Banque de développement des États de l’Afrique Centrale - BDEAC, qui est prête à héberger ledit fonds).

– Les États membres, avec l’appui technique de la CEA, devraient créer de toute urgence un centre technologique numérique sous-régional, parallèlement aux recommandations formulées par les ministres des TIC de la CEEAC en mars 2019 à Brazzaville.

– Dans le même ordre d’idées, les États membres devraient solliciter l’appui de la CEA et du Bureau des technologies de l’information et de la communication des Nations Unies (OICT) en association avec des groupes de réflexion et le secteur privé pour mettre sur pied deux laboratoires pilotes d’innovation technologique dans deux pays différents de la sous-région.

– Les pays de la sous-région devraient lancer et soutenir des plateformes locales et nationales de test du commerce électronique en vue de de sensibiliser les producteurs, les acheteurs et les gouvernements sur le potentiel du commerce électronique en matière de stimulation de l’économie numérique, et

– Chaque État membre devrait mettre en place des programmes nationaux d’identité numérique en vue de fournir en temps utile une identité légale à tous les citoyens par le biais de systèmes d’identité numérique efficaces qui sont stratégiquement importants pour optimiser le commerce électronique, la protection sociale, l’inclusion financière, des services publics efficaces et un meilleur accès des citoyens à ces services.

La réunion a également appelé à une accélération de la culture de l’administration électronique, à la facilitation de l’accès des PME aux marchés publics, à une organisation régulière de dialogues nationaux sur l’économie numérique avec de multiples parties prenantes, à la promotion de la technologie financière et à l’adoption du label Made in Central Africa (proposé conjointement par la Commission de la CEMAC, la CEA et le Secrétariat général de la CEEAC, pour identifier avec fierté les produits de qualité provenant de la sous-région) une fois le projet mené à bien.

Rôle central des TIC, se défaire le dogmatisme politique pour avancer

Lors de la cérémonie de clôture du CIE, M. Antonio Pedro, Directeur du Bureau Sous-Régional de la CEA pour l’Afrique Centrale, a souligné le rôle central des outils numériques en tant que facilitateurs de flux de recettes publiques, comme souligné dans le Rapport économique sur l’Afrique de cette année, publié par la CEA.

Il a déclaré qu’une fois que les États utiliseront pleinement les TIC appropriées pour simplifier, réduire les coûts et accélérer la collecte des recettes dans des associations habiles, avec des politiques fiscales optimales et la taxation intelligente des flux de revenus difficiles à atteindre (en établissant des mécanismes d’identification numérique, par exemple), l’économie numérique en Afrique centrale se métamorphosera.

Auparavant, M. Pedro avait plaidé pour une intégration systématique de l’économie numérique par les pays dans les politiques sectorielles, notamment l’éducation, la formation, la R&D, l’industrialisation, l’agriculture et les services.

« Le temps du dogmatisme politique est révolu », a déclaré Mme María del Mar Bonkanka Tabares , Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’Economie, des Finances et de la Planification, en charge de des Relations avec les organisations internationales de Guinée Equatoriale, à l’occasion de la clôture de la session du CIE avec un appel pressant aux pays d’Afrique centrale à mettre de côté leurs egos et à s’intégrer pour développer l’économie numérique et cheminer vers le développement durable.

(Source : Commission économque des Nations unies pour l’Afrique, 30 septembre 2019)

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