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Serigne Ben Niang (Vice-président de Global Voice Group) répond à la Sonatel : « Un voleur ne peut pas crier au voleur »

jeudi 29 juillet 2010

Battant en brèche toutes les accusations des travailleurs de Sonatel sur le contrat de gestion du trafic de communications internationales que l’Etat vient de lui confier, Serigne Ben Niang, vice-président de Global Voice Group, assure que l’Etat peut gagner plus de 450 millions de dollars (227 milliards 258 millions de francs) en 5 ans pour financer le développement. Réponse du berger à la bergère, l’homme d’affaires pense qu’un ‘voleur ne peut crier au voleur ou accuser quelqu’un d’autre de voleur’.

Wal Fadjri : Pouvez-vous revenir sur les péripéties de la signature de votre contrat avec l’Etat du Sénégal pour la gestion du trafic de communications internationales ?

Serigne Ben Niang : En fait, il n’y a pas eu trop de péripéties dans la signature de ce contrat. Et le tollé provoqué par cette affaire a été créé pour des raisons absolument claires. Nous sommes une société avec une spécialisation dans ce que nous faisons, c’est-à-dire la gestion du trafic international et la lutte contre la fraude téléphonique. Nous avons travaillé comme opérateur de terminaison dans une trentaine de pays en Afrique. Nous avons été contactés par l’Artp suite au besoin qu’elle a exprimé de s’équiper de matériel de supervision et de contrôle du trafic entrant. Nous sommes donc venus, avec bien d’autres sociétés, proposer nos solutions et, au bout du compte, nous avons été retenu par l’Artp pour être le partenaire technique qui doit l’accompagner dans le cadre de la supervision du trafic international et la lutte anti-fraude.

On vous connaissait dans le secteur comme ‘Carrier’, est-ce qu’aujourd’hui en gérant les communications internationales, vous ne serez pas juge et partie ?

Non. Parce que nous nous sommes complètement séparés de la partie ‘Carrier’ (prestataire de services télécoms qui achète des volumes de communication qu’il transforme en cartes de crédit qu’il revend, Ndlr). Nous ne sommes plus ‘Carrier’. Il n’y a pas une société de télécommunication en Afrique qui peut vous dire qu’elle a un contrat de terminaison de trafic avec Global Voice Group. Dans le cadre normal d’une société qui grandit avec des perspectives d’avenir et des opportunités, la technologie aidant, nous avons identifié cette niche où nous avons pu proposer des solutions que personne n’a, pour l’instant. Parce qu’au-delà du matériel physique que nous achetons, nous avons passé des milliers d’heures dans nos laboratoires à concevoir les logiciels requis pour faire marcher le système en question. Nous avions signé un contrat de terminaison avec la Sonatel depuis décembre 2003 et nous avons arrêté nos activités en informant la Sonatel depuis 2009.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’appel d’offres dans la signature de ce contrat ?

L’Artp a contacté plusieurs sociétés mais ce dont ils avaient besoin, il n’y a que Gvg qui pouvait le leur faire. Donc, elle s’est approchée de l’Agence de régulation des marchés publics (Armp), avec toutes les statistiques et toutes les données, et a demandé l’autorisation d’avoir exception d’appel d’offres. Et elle a eu de l’Armp l’autorisation de passer un contrat de gré à gré avec Global Voice. Mais, je le dis bien : Gvg consentira des investissements qu’aucune société n’a voulu consentir et les logiciels qui vont actuellement faire marcher ce système qui sont notre propriété intellectuelle. Et au bout des cinq années du contrat, ces équipements, les logiciels et tout ce qui participe à cette gestion du trafic international seront la propriété de l’Artp. Nous ne leur prenons rien, nous laissons tout sur place. Car les techniciens de l’Agence de régulation auront la formation nécessaire pour opérer le système eux-mêmes.

Indexant votre expérience dans d’autres pays, les cadres de Sonatel vous accusent de ne rien investir et de pomper l’argent des pays où vous êtes passé. Qu’est-ce que vous prévoyez en termes d’investissements au Sénégal ?

D’abord, il faut rappeler que certains propos tenus par certaines personnes à la Sonatel sont en porte-à-faux avec la démarche que nous adoptons. Nous opérons en Guinée et nous ne sommes pas responsables de la faillite d’une quelconque société. La Sotelgui, la société dont ils font état, est une société nationale gérée par l’Etat guinéen. Et sa situation actuelle est due au partenariat que la Sotelgui avait avec une société malaisienne qui a géré la société pendant 10 ans. Et ce sont les résultats de cette gestion qui se voient aujourd’hui parce qu’aucun investissement n’a été fait dans cette société durant cette période. Orange dit aussi que dans les pays où nous opérons, le trafic chute, que des travailleurs sont licenciés et que nous ne faisons rien contre la fraude. Ce qui n’est pas vrai. Je puis vous assurer - et vous pouvez le vérifier avec le directeur d’Orange Guinée - que depuis que nous avons commencé les opérations dans ce pays, ce n’est pas le cas. Avant, Orange Guinée se tapait un peu moins de 8 millions de minutes par mois et aujourd’hui ils sont à un peu plus de 8 millions stables à 12 centimes d’euros la minute depuis plus de 8 mois. A ce rythme, il se tape les mêmes 8 millions à 16 centimes d’euros. Donc, à chaque minute qui rentre, ils ont une différence de 4 centimes. Ce qui fait 32 000 euros de plus sur le revenu net de Orange Guinée. Dans le cadre de la lutte anti-fraude, nous avons pu détecter plus de 26 mille lignes frauduleuses en Guinée.

Et tenez-vous bien, la moitié de ces lignes étaient des lignes Orange. Nous avons pu détecter des Simbox qui permettaient de terminer les appels de l’extérieur vers les terminaux de ces puces et de ‘re-router’ les appels internationaux comme des appels locaux. De ce fait, si quelqu’un vous appelle de Paris, vous voyez affiché un numéro du Sénégal. Ainsi l’appel qui devait être facturé à 145 francs est facturé comme un appel local à 34 francs Cfa. C’est parce qu’on a coupé ces 26 000 lignes en Guinée, qu’Orange Guinée est stable. Et jusqu’à présent, la société n’a renvoyé aucun travailleur à cause du contrat de Global Voice. Donc, je puis vous assurer que ce qu’ils sont en train de dire, n’est pas vrai.

Je ne suis pas un adversaire de la Sonatel qui fut un partenaire pendant 6 ans. Durant cette période, j’ai payé plus de 50 millions de dollars à la Sonatel et j’ai encore des amis dans cette société. Mais au-delà de tout cela, je suis un Sénégalais patriote et je ne vais pas amener un système qui va créer des problèmes à la Sonatel ou la faire tomber.

Concrètement, qu’est-ce que l’Etat du Sénégal va gagner de plus dans ce contrat ?

Aujourd’hui, personne ne peut vous dire exactement le nombre de minutes qui rentrent au Sénégal par mois. Sonatel peut avancer en chiffres parce que c’est elle qui fait les déclarations. Mais qui peut le vérifier ? Si elle dit à l’Artp qu’il n’y a que 40 millions de minutes, l’Artp sera obligée de s’en tenir à ce chiffre. On était à 70 millions de minutes, il y a quelques mois, là on parle de 80 à 90 millions de minutes et les estimations sont à plus de 100 millions de minutes. Mais, nous savons qu’il y a beaucoup plus que cela au Sénégal, parce que nous sommes sur le marché international, dans les institutions internationales et dans les bourses. Nous avons des outils qui nous permettent, en termes de comptabilité, de quantifier le volume de trafic qui rentre au Sénégal. Et nous savons que nous en sommes à beaucoup plus que ces chiffres avancés. Entre ce qui est déclaré et ce qui peut être obtenu, il y a 20 millions de minutes de différence. Et si l’on sait que la Sonatel changeait à 10 centimes d’euros jusqu’en septembre 2009, c’est par la suite qu’ils ont monté à 14 unilatéralement, pour le multiplier par 10 centimes. Vous pouvez, aujourd’hui, voir qu’il y a 2 millions d’euros qui disparaissent tous les mois. En un an, c’est 24 millions d’euros. Pendant les 10 ans du président Wade, c’est 240 millions que personne ne peut comptabiliser. Donc, je crois que c’est le droit régalien d’un Etat de dire : ‘Je veux avoir une vue pour superviser le trafic international qui rentre dans mon pays pour pouvoir le quantifier au lieu de m’en tenir aux propos de la Sonatel seulement’.

Nous avons commencé nos opérations cette semaine, nous avons découvert 42 lignes qui, quantifiées, auraient coûté aux opérateurs et à l’Etat 120 mille euros. Alors, si l’on arrive à juguler la fraude pour que tout le trafic qui se perd dans la fraude, revienne dans les canaux et qu’on puisse les quantifier tous, je crois que ce sera un avantage autant pour les opérateurs que pour l’Etat. Au-delà de la lutte contre la fraude, le contrat avec l’Etat peut rapporter 7,5 millions d’euros par mois à l’Etat sénégalais. Ce qui fait 90 millions d’euros par an et 450 millions d’euros sur la durée du contrat.

Mais puisque c’est du 50/50, le profit à tirer de cette manne ne sera pas tellement important pour l’Etat au finish ?

Non, nous ne sommes pas à ce taux de partage. Ils sont en train de faire des suppositions. Ce n’est pas mon rôle de discuter du partage, mais je peux vous assurer que nous n’en sommes pas au fifty-fifty, comme ils le prétendent. J’ai signé un contrat et je sais combien je gagne, mais c’est à l’Artp et à l’Etat de vous dire ce qu’il en est.

La surtaxe que vous allez instaurer ne va-t-elle pas tuer la compétitivité des opérateurs sénégalais ?

Non, rassurez-vous. Ce ne sera pas le cas. En septembre 2009, la minute entrante au Sénégal était facturée à 10 centimes d’euro. Puis, de façon unilatérale, sans concertation et sur simple lettre d’information à l’Artp, la Sonatel a fait passer le tarif à 14 centimes d’euro. Et ils sont en train de gagner, depuis, 4 millions d’euros supplémentaires tous les mois. Est-ce qu’on a senti, depuis lors, un problème sur le trafic international ? Alors, pourquoi, il devrait y en avoir aujourd’hui ? Cela n’affectera aucunement la compétitivité des entreprises. Ce qui est dit dans le décret, c’est qu’on fixe un tarif-seuil pour dire que personne ne peut vendre la destination Sénégal pour moins de 0,215 euro. Mais, si au-delà de ce seuil, vous pouvez vendre plus, il n’y a pas de problème. Nous ne touchons pas à l’argent. Il va directement au trésor public, dans un compte contrôlé par le ministre des Finances. Et pour nos prestations, nous envoyons nos factures à l’Artp.

Ils sont en train de dire que nous voulons remettre en cause la survie du secteur sénégalais des télécoms, alors que la Sonatel fait des bénéfices de l’ordre de 180 milliards de francs Cfa. Et sur cette manne, le trafic international ne représente que 25 % de son chiffre d’affaires. Et je suis bien placé pour le dire parce que j’ai travaillé avec la Sonatel pendant 10 ans et je leur ai payé tous les 15 jours ou tous les mois. S’il y a quelque chose qui doit tuer la Sonatel, ce serait plutôt d’autres entreprises comme France Télécoms qui, après avoir passé le trafic, attendent 3 à 4 mois avant de payer. De plus, si le trafic avait un impact aujourd’hui sur les opérations de la Sonatel, on l’aurait déjà senti. Parce que la Sonatel, dès qu’elle a reçu l’injonction de l’Artp, a envoyé une lettre à tous ses partenaires internationaux pour leur dire qu’à partir du 1er août, en conformité avec le décret présidentiel, les appels entrants vers le Sénégal seront fixés à, au minimum, 21,75 centimes d’euro. Et eux, au-delà de ce montant, ils ont augmenté une petite marge pour se faire quelques milliards de francs Cfa. Si le trafic n’a pas été affecté dans la plupart des pays africains où nous opérons, pourquoi va-t-il l’être au Sénégal ?

Dans ce cas, pourquoi le contrat de Gvg a-t-il été suspendu en Côte d’Ivoire ?

Il a été suspendu pour une simple raison politique. Parce que Côte d’ivoire Télécoms (Citel) est détenue à 51 % par France Télécoms. Et ils ont activé leurs réseaux après la signature du contrat pour faire comprendre aux autorités que nous représentons une menace pour le président de la République. Parce que le contrat a été signé avec Ahmed Bagayoko qui est avec Alassane Dramane Ouattara. Ainsi, ils sont allés voir le président Gbagbo pour lui dire que le contrat qu’on a signé avec ce ministre, va générer des milliards que Bagayoko va donner à Ouattara pour préparer sa campagne électorale contre le président. C’est pourquoi Gbagbo a décidé d’arrêter le contrat. C’est aussi simple que cela. Aujourd’hui, le principe de l’externalité de l’Union internationale des télécommunications recommande aux Etats d’imposer une redevance sur le trafic international qui rentre dans leur pays pour avoir des moyens de financer leur développement.

Donc, vous pensez que c’est parce que vous leur arrachez le fromage de la bouche que les ‘sonateliens’ se sont braqués contre vous ?

Moi, je pensais que le fromage, c’est quelqu’un d’autre qui le bouffait. Il y a une richesse qui appartient légalement au Sénégal et qui est à l’extérieur et que nous voulons rapatrier. C’est de l’argent que l’on va tirer sur les opérateurs étrangers qui font des bénéfices énormes sur le dos des Sénégalais.

Avez-vous fait des estimations pour connaître le volume exact des appels internationaux

Pendant 6 ans, j’ai travaillé au Sénégal et dans plusieurs autres pays africains. Nous savons ce que France Télécoms, Belgacom et les autres font circuler. Donc, nous savons qu’il y a plus de 100 millions de minutes dans ce pays. Parce que c’est notre travail. Là où nous avons accès, l’Artp n’y a pas accès. Par rapport à nous, l’Artp est sourde, aveugle. Et nous allons donner à l’Artp des oreilles pour entendre et des yeux pour voir tout ce qui se passe et de pouvoir contrôler son trafic.

Est-ce que dans ce business-là, Global Voice a des risques à courir ?

Oui, il y a bel et bien des risques. Ce projet peut avoir des difficultés. Tigo avait acheté sa licence Gsm en 1997 à 100 mille dollars et n’a pas le droit de faire de la terminaison de trafic dans ce pays. Le deal était que tous les appels internationaux qui entrent au Sénégal, devraient passer par la passerelle unique qui était à l’époque celle de la Sonatel. Mais ce que Tigo a décidé de faire, c’est de violer la loi et d’installer deux Vsat, un à Dakar et un autre à Mbour, et de chercher des correspondants internationaux pour terminer le trafic à l’intérieur du Sénégal de façon illégale. Ainsi, Tigo prend à peu près 2 milliards au minimum par mois à l’Etat du Sénégal. S’ils disent aujourd’hui qu’on a essayé de les secouer pour 200 millions de dollars, c’est du toc. Sur la base de 2 milliards de francs Cfa par mois, Tigo prend 24 milliards par an et ce sont 240 milliards de francs Cfa que Tigo a pris dans ce pays-là de façon illégale. Voilà donc le voleur qui crie au voleur.

Avec notre arrivée, nous ne pouvons pas ignorer Tigo dans ses pratiques. Il va falloir avoir une décision politique. Si l’Etat du Sénégal décide que Tigo ne peut plus passer du trafic à partir du 1er août, nous pouvons nous retrouver et voir toutes les personnes qui sont sur les réseaux Tigo ne pas avoir des appels internationaux qui leur sont destinés arriver sur leurs téléphones. Pis, si la Sonatel décide demain de bloquer les liaisons entre elle et Tigo pour terminer les appels internationaux qui viennent sur leur passerelle pour aller à Tigo, cela peut être très grave. Tigo et son problème peuvent compromettre l’opération et faire que l’Etat n’y gagne pas. Donc, il va falloir impérativement une décision politique.

On vous accuse de n’opérer que dans des pays où la transparence n’est pas une condition dans l’attribution des marchés. Que répondez-vous à cela ?

D’abord, au-delà de l’incident diplomatique que cela peut créer, je suis surpris et je trouve aberrante une telle déclaration. Nous opérons en Guinée de la même façon qu’Orange. Notre contrat a été signé dans les règles de l’art pendant que le contrat de la licence d’Orange en Guinée a été signé pendant que les citoyens guinéens tombaient sous les balles du régime de Conté. C’est pendant le soulèvement populaire qui a coûté des centaines de vies en Guinée qu’Orange a négocié pour signer sa licence. Donc, qui est voyou dans ce processus ? La Guinée-Bissau est un pays à problèmes certes, mais nous y opérons au même titre qu’Orange.

Aujourd’hui, quand vous voyez que Lucent technologie et Alcatel vont envoyer des auditeurs au Sénégal et au Mali pour auditer les contrats opaques passés entre Lucent technologies-Alcatel et Sonatel, je ne crois pas que la Sonatel soit en position pour dire à qui que ce soit qui choisir comme partenaire. Tous ou la plupart de leurs équipements installés au Mali et au Sénégal sont des équipements Alcatel. Donc, si Alcatel se retourne pour venir voir comment ces contrats ont été passés, c’est parce qu’ils ont un problème et l’Etat français essaie d’y voir plus clair. Ils n’ont qu’à gérer ce problème. Un voleur ne peut pas crier au voleur ou accuser quelqu’un d’autre de voleur.

Propos recueillis par Seyni Diop

(Source : Wal Fadjri, 29 juillet 2010)

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