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Téléservices : Le Sénégal n’a pas la cote

mardi 30 septembre 2008

Les effets de la mondialisation et la recherche de profits ont mis en évidence ces dernières années, une nouvelle tendance : la délocalisation de certains services par les grandes sociétés occidentales ou off-shore. Une dynamique dont le Sénégal ne profite finalement que très peu.

Pour maximiser leurs profits, de plus en plus d’entreprises et européennes ont recours à des services dits off-shore, c’est-à-dire, délocalisés, une activité qui recèle un énorme potentiel en matière de création d’emplois. En Asie et en Afrique, ces dernières années, on a vu la création de nombreuses sociétés spécialisées dans les services à distance. Off-Shore Développement, un portail d’information en externalisation et sous-traitance internationale, a récemment publié un baromètre qui s’attache à faire une étude comparée des situations salariales dans les pays aux potentiels les plus importants en la matière. La liste des pays ciblés par l’étude en Asie pacifique, en Europe de l’Est et en Afrique du Nord, laisse apparaître que le Sénégal ne figure pas dans ce peloton de tête. Il est coiffé au poteau par le Maroc, la Tunisie et l’Ile Maurice. Le pays le plus compétitif de la liste est le Vietnam.

Se fondant sur les atouts respectifs de chaque pays par rapport à la France, le Baromètre présente la Tunisie comme un pays « avantagé par sa proximité culturelle et géographique avec la France, qui offre une liberté d’investissement et des salaires très faibles pour les spécialistes des Tics ». Off Shore Développement écrit pour le Maroc, que le pays « offre une affinité culturelle essentielle avec la France, une politique d’encouragement du développement du secteur de l‘informatique et une infrastructure bien développée ».

ImageDe tels atouts valent à ces pays un classement aux 9e et 11e places alors que le dernier pays africain figurant sur cette étude, l’Ile Maurice, se trouve rangé dans la catégorie Asie-Pacifique. Les avantages de ce pays sont « une bonne maîtrise du français et de l’anglais, des infrastructures développées, la disponibilité de zones spéciales dédiées aux Tics et des coûts raisonnables de location de locaux professionnels ». Une donne qui explique certainement que ce pays soit classé dans la fourchette des pays aux coûts salariaux les plus faibles. Avec une moyenne de 60 à 250 Euros par jour (soit de 39 300 à 163 750 Cfa), l’Ile Maurice qui s’adjuge la 8e place sur 14, a su profiter du regain d’intérêt constaté à l’échelle mondiale pour les phénomènes de délocalisation.

En effet, le recours à la délocalisation proche ou éloignée (off-shore ou near-shore, dans le langage spécialisé), permet de réduire très considérablement les coûts de production tout en disposant de ressources humaines très compétitives. Aussi, le mouvement de ces entreprises est exclusivement dirigé vers des pays où l’environnement salarial est suffisamment attractif. Au nombre des élus, le Vietnam arrive en tête avec des salaires moyens journaliers allant de 37 à 158 euros (24 235 à 103 490 francs Cfa), suivant l’expérience du salarié. Comparé aux niveaux de salaire dans les pays occidentaux, cela représente des économies de l’ordre de 70%, souligne le Baromètre.

Les entreprises françaises se tournent également vers les pays de l’ancienne Urss, Russie, Moldavie, Ukraine, mais aussi, de plus en plus vers les pays de l’Europe de l’Est que sont la Roumanie, la Hongrie ou encore la Pologne. L’Inde et la Chine s’adjugeant une part importante de ce marché. En 2004, le premier captait 78% de l’offre off-shore européenne.

La question des salaires

Bien que déterminante, l’attractivité des salaires n’est pas le seul élément en compte. Des ressources humaines qualifiées sont un critère non négligeable. Et justement, là réside la faiblesse des pays africains comme la Tunisie. Le Baromètre écrit à ce sujet que « l’absence d’une main-d’œuvre abondante et très qualifiée limite la gamme de services. De plus, l’afflux annuel de main-d’œuvre dans le secteur est encore limité ». Malgré tout, avec ses niveaux de salaires « très bas comparés à ceux des pays développés », environ 9 euros (près de 6 000 Cfa) de l’heure contre 70 (plus de 45 000 Cfa) en Europe, la Tunisie reste très attractive. Pour le Maroc, le problème se pose avec encore plus d’acuité, puisque « la pénurie de spécialistes » va entraîner dans les prochaines années une hausse des salaires, et donc contribuer à une baisse de compétitivité du pays dans ce secteur.

Le Vietnam, cité comme « une future destination privilégiée de la sous-traitance informatique » souffre également de ce même handicap. En effet, le numéro 1 du classement de Off-Shore Développement est aussi confronté à « une pénurie de personnel qualifié ». Mais pour l’Ile Maurice, le problème est tout autre, puisque souligne le Baromètre, ce sont « les tarifs de communication vers l’étranger (qui) sont très élevés ».

Mame Woury Thioubou

(Source : Le Quotidien, 30 septembre 2008)

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