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Utilisation des TIC dans l’agriculture, problématique des maladies infectieuses : Les recommandations des académiciens du Sénégal

samedi 28 février 2015

La tournure « problématique et endémique » que prend certaines maladies qui sévissent en permanence dans la vallée du fleuve Sénégal et les profits que le Sénégal peut tirer des Tic, notamment favoriser la création d’emplois dans le secteur agricole en exploitant de manière « plus optimisée » les opportunités qu’ils offrent, ont été au menu d’une conférence organisée hier à Dakar par l’Académie national des sciences et techniques du Sénégal (Ansts), dans le cadre des rencontres qu’organise chaque dernier vendredi du mois.

Gilles Riveau, directeur du Centre biomédical de la santé de Saint-Louis, a qualifié de « problématique et endémique » certaines maladies qui sévissent en permanence dans la vallée du fleuve Sénégal. De l’avis de Gilles Riveau, des populations dans ces zones sont toujours en proie à des maladies telles que la tuberculose, la bilharziose ou d’autres pathologies. En vue de remédier à cette situation, il trouve que des efforts doivent être faits.

Et là, estime-t-il, la technologie doit être prise en compte dans le traitement de ces maladies. Gilles Riveau souhaite également le développement de la recherche qui, souligne-t-il, est trop concentré à Dakar. Il animait hier, vendredi 27 février, une conférence axée sur « La recherche biomédicale : instrument complexe et empirique du développement durable ». La présentation de Gilles Riveau est faite dans le cadre des rencontres qu’organise chaque dernier vendredi du mois, l’Académie national des sciences et techniques du Sénégal (Ansts).

Le conclave d’hier a été aussi l’occasion, pour les scientifiques, de revenir sur l’importance des Technologies de l’information et de la communication (Tic) dans le développement des Etats. Ainsi, le chercheur agro-physiologiste et directeur d’une société de recherche sur l’utilisation des technologies dans les marchés (Manobi), Daniel Annerose, révèle qu’au Sénégal, la téléphonie mobile représente une opportunité de développement notamment dans le domaine agricole. Selon le chercheur agro-physiologiste, le Sénégal peut favoriser la création d’emplois dans le secteur agricole en exploitant de manière « plus optimisée » les opportunités offertes par les technologies de la communication et d’imagerie satellitaire, a-t-il soutenu.

Commencer à organiser les chaînes de valeurs

Pour Daniel Annerose « on est aujourd’hui dans une situation où beaucoup de chaînes de valeur, beaucoup de filières sont désorganisées et l’opportunité qui s’offre à nous, c’est de commencer à organiser ces chaînes de valeurs d’une façon un peu plus optimisée », a déclaré le président directeur général de Manobi, une société sénégalaise de services mobiles et Internet pour les professionnels. Il introduisait une conférence publique sur le thème « Les technologies de l’information pour le développement de chaînes de valeurs inclusives et la création de valeur économique et sociale. Applications au secteur de l’agriculture, de l’accès à l’eau et de l’assainissement ».

A l’en croire, elle permettra d’avoir une idée sur les marchés. L’usage du téléphone permet aussi de disposer de données fiables pouvant générer des emplois surtout aux couches juvéniles. Malgré le fait que la population agricole soit en majorité analphabète, Daniel Annerose trouve qu’avec une bonne explication des nouvelles technologies, les blocages vont être levés en ce sens les Tic ouvrent « un canal de dissémination d’informations vers les populations vulnérable » permettant de « véhiculer des services et des solutions qui vont accompagner le développement économique ».

Des perspectives extrêmement intéressantes à explorer

Mieux, le conférencier a plaidé pour l’exploitation en priorité des potentialités offertes par les Tic. « Cela fait un peu plus d’une quinzaine d’années que le téléphone mobile se développe en Afrique, au Sénégal et dans le monde et aujourd’hui, la quasi-totalité de la population est couverte ». Cette perspective ne restera pas sans incidence, en particulier, sur les populations les plus pauvres dont il devrait faciliter les interactions « avec le sommet de la pyramide où se trouve les acteurs les plus établis, les entreprises, les banques, les sociétés d’assurance », a-t-il expliqué tout en conseillant également l’utilisation des « technologies d’imagerie satellitaire haute technologie ».

Car, a-t-il renchéri, « on est à la croisée des chemins, cela peut aussi être une opportunité et avec ce système (technologie du satellite), on a des outils d’observation de la terre qui sont extrêmement fins et des possibilités de collecte d’informations fines avec les téléphones ». Une trouvaille qui « ouvre des perspectives extrêmement intéressantes qui sont en train d’être explorées » dans les secteurs de l’agriculture et de l’eau dans les zones rurales et urbains mais également dans le secteur de la distribution des denrées alimentaires. « Il y a beaucoup de secteurs dans lesquels ont peut transformer, organiser et optimiser les chaînes et servir mieux des populations marginalisées. C’est une énorme opportunité, un potentiel incroyable et générateur d’emplois », a relevé Daniel Annerose.

Fatou Ndiaye

(Source : Sud Quotidien, 28 février 2015)

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