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Une belle victoire, selon Joseph Ndong

samedi 26 février 2005

Le principe du fonds de la solidarité numérique de même que son existence ont été acceptés et salués par l’ensemble des 192 Etats - membres des Nations - Unies au terme de la deuxième session du Comité préparatoire du Sommet mondial sur la société de l’information (Genève 15 au 25 février 2005). « L’ensemble des Groupes régions des Nations-Unies a accepté le fonds de solidarité numérique. La Communauté internationale s’est félicitée de la création du Fonds de solidarité numérique et encourage la Société civile et les sociétés privées à joindre le Fonds. Nous avons obtenu aujourd’hui une belle victoire. C’est une victoire de l’idée que le Président de la République du Sénégal a lancée et soutenue par l’ensemble de l’Union africaine. Nous éprouvons une grande satisfaction en quittant Genève » a annoncé M. Joseph NDONG, Ministre des Postes, des Télécommunications et des NTIC.

Le principe de Genève : 1,6 milliard de F.CFA dans la cagnotte

Les dix-sept membres fondateurs du Fonds de solidarité basé à Genève ont adopté ce qui est devenu le « principe de Genève ». De quoi s’agit - il ?

Selon le Conseiller administratif de la Ville de Genève, M. Christian Ferrazino membre fondateur du Fonds : « C’est l’engagement que des municipalités lorsqu’elles ont des appels d’offres à émettre en matière d’achat d’ordinateurs, ou de contrats d’entretien vis à vis des entreprises privées demande à cette dernière une condition supplémentaire par rapport à ce qui se faisait traditionnellement.

C’est-à-dire de verser 1% du montant total du contrat dans le fonds de solidarité numérique. Ainsi vous avez l’exemple où des collectivités publiques incitent des entreprises à agir et finalement à œuvrer pour cette solidarité numérique ».

Actuellement la cagnotte du Fonds de solidarité numérique, s’élève à 4 millions de francs suisses soit (1,6 milliard de F.CFA. 1 FCH : 400 F.CFA). Les premiers contributeurs sont la Ville de Genève, l’Etat du Sénégal, les villes de Lyon, Turin et la Ville de Dakar... A Genève des entreprises ont donné leur accord pour appliquer le principe de Genève. Cela suppose l’adoption de conditions supplémentaires à l’achat par exemple d’un fax, le vendeur présente une fiche que complète le client qui accepte de rajouter 1 Franc qui ira directement sur les comptes du Fonds de solidarité numérique. Pour assurer la pérennité du Fonds, ses membres fondateurs vont organiser une conférence internationale en 2006 pour demander aux Etats de ratifier le principe de Genève qui sera décliné sous forme de Convention internationale. Le Fonds de solidarité numérique, c’est pour reprendre le ministre Ghanéen des télécommunications : « Notre rêve africain qui se veut une réponse africaine à un problème global ».

Le Fonds lancé le 14 mars par Olesegun Obasanjo

La satisfaction du ministre sénégalais est partagée par M. Guy Olivier Segond, président du Fonds de la solidarité numérique, qui s’exprimait hier lors d’une conférence au Club Suisse de la presse. Il a annoncé le lancement officiel du Fonds : « Les consultations ont été menées tout le long de la semaine par le Groupe africain qui s’est mobilisé et aujourd’hui le résultat est là. Le fonds sera officiellement inauguré le lundi 14 mars 2005 par le Président de la République fédérale du Nigeria, Son Excellence M. Olesegun Obasanjo, au nom de ses paires. Le Président du Sénégal, M. Abdoulaye Wade sera également à Genève comme parrain du Fonds. Ils seront accueillis par Mme Micheline Calmy Rey, Ministre suisse des Affaires Etrangères ».

L’ensemble des peuples du monde a donc rejoint l’idée de la solidarité numérique. Les pays du Sud ont obtenu de très bons résultats. En juillet 2004, l’Union africaine avait pour sa part décidé de porter le fonds de solidarité numérique. Aujourd’hui c’est l’ensemble des pays du monde qui sont derrière le fonds de la solidarité numérique. En attendant la phase finale qui se déroulera à Tunis, les pays africains devront déjà mettre en œuvre « le principe de Genève » et favoriser une bonne implantation de l’Internet par des mesures incitatives par exemple en baissant les coûts de connexion, et améliorer leur réseau énergétique. L’Internet ne va pas avec des coupures de courant intempestives, des factures de téléphones excessives et une monopolisation abusive de la fourniture d’accès par des entreprises gourmandes, fussent - elles nationales !

EL HADJI GORGUI WADE NDOYE

(Source : Le Soleil, 26 février 2005)

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